A la retraite depuis 2008, le professeur certifié de français, François Gayet, à 73 ans, est toujours actif. Il s’investit dans les activités agricoles, spécifiquement dans la pisciculture qui, selon ses démonstrations, nourrit son homme. Dans un entretien exclusif accordé à « Le Matinal » dans sa ferme située à Hounwanou Tokpa/arrondissement de Djomon dans la commune d’Avrankou, il soutient que ce secteur est prometteur et conseille aux retraités et jeunes de retourner à la terre, surtout que l’Etat y accorde aujourd’hui une attention particulière à travers des subventions.
François Gayet, enseignant à la retraite, vit à Avrankou, sa ville natale. Avant de laisser la craie, il dit avoir très tôt compris qu’il faut s’investir dans la production agricole non seulement pour maintenir sa santé, mais surtout pour subvenir à ses besoins sans dépendre de ses enfants. Dans sa ferme de Hounwanou Tokpa/ arrondissement de Djomon/Commune d’Avrankou, il fait le maraîchage, l’élevage de porcs, de lapins, de la volaille et beaucoup plus la pisciculture. « Avant d’aller à la retraite en octobre 2008, j’ai très tôt compris que l’agriculture est une activité qui nourrit son homme. Donc, depuis 1996, j’ai commencé à m’intéresser à la production avec pour spécificité, la pisciculture…», a-t-il déclaré. Selon ses propos, la production du poisson est sa passion. « Je me suis spécialisé dans la pisciculture parce que cela m’amuse de voir les poissons circuler dans les étangs et bassins. Je ressens une joie indicible. J’ai commencé par ma ferme située à Djomon avec deux étangs. Après, je suis passé de deux à vingt-quatre étangs.. », a-t-il raconté.
Toutefois, François Gayet ne manque pas de souligner que le secteur piscicole a des difficultés qu’on peut remonter si l’on y met les moyens. « Chemin faisant, j’ai rencontré des difficultés notamment l’inondation sur mon site. Je me suis replié chez moi à Avrankou au quartier Lachè où j’ai réalisé dix-huit bassins en ciment pour l’élevage du poisson. Et, j’ai repris mes activités de plus belle. Si de l’autre côté, c’est de l’inondation, ici, c’est le coût élevé de l’énergie électrique. J’ai fait un forage alimenté par l’électricité, parce qu’il faut renouveler l’eau au moins une fois par semaine dans les dix-huit bassins. Deuxième inconvénient, c’est que, dans les bassins dans les années 2013 et 2014, il n’était pas possible de faire plusieurs variétés de poissons. Il y en a qui sont très fragiles comme les tilapias, les paracana. Leur taux de mortalité était très élevé. J’avais rempli mes bassins de tilapia et de clariaces. Seules les clariaces ont survécu à cause de l’insuffisance d’oxygène. Mais, avec le temps, les spécialistes ont innové. Donc, on peut élever toutes sortes de poissons dans les bassins aujourd’hui grâce à un système d’oxygénation de l’eau… », a fait savoir l’enseignant à la retraite.
Accompagnement
de l’État
Selon François Gayet, l’État accompagne aujourd’hui très bien la production agricole à travers des subventions. « Je dois tirer un coup de chapeau à l’État. J’ai connu des régimes depuis Kérékou 1. Les gouvernements ont toujours aidé les producteurs. La preuve est que, entre 2014 et 2015, j’ai bénéficié d’une subvention de l’État qui m’a permis d’agrandir mes infrastructures à la maison. Sous le président Patrice Talon, j’ai aussi bénéficié de subventions à travers une Ong suisse pour la production d’asticots à partir des mouches soldats noirs…. », a-t-il reconnu.
Investir dans la
pisciculture
Vu l’accompagnement de l’Etat pour la production agricole au Bénin, en général, et la pisciculture, en particulier, François Gayet estime que ce secteur est prometteur La pisciculture nourrit son homme pourvu qu’on y mette les moyens à travers la réalisation d »étands d’au moins 500 mètres carrés. Alors, je me demande ce que les jeunes vont faire, s’ils ne s’investissent pas dans la pisciculture. Moi, aujourd’hui, je n’achète plus du poisson, de la viande. Je produis ce que je mange. Aux populations, je leur demande de s’investir dans l’agriculture. Quant aux jeunes, ils doivent retourner à la terre, puisque l’État nous aide aujourd’hui. Pour conclure, la pisciculture est un secteur prometteur. Ceux qui s’y adonnent vraiment, ne vous diront pas le contraire. A mes frères retraités, ils n’ont qu’à se préparer en conséquence. La pension ne suffit plus pour gérer les problèmes auxquels on est confronté à la retraite. Donc, les activités de production permettent de sortir la tête hors de l’eau…. », a conclu François Gayet.
J. Y. M.
(Br Ouémé-Plateau)

















