L’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) et le Bloc républicain (Br) sont toujours à couteaux tirés après l’annonce tonitruante, cette semaine, du parti de la présidente de l’Institut national de la femme (Inf), de rompre unilatéralement l’accord de fusion des deux partis politiques signé en octobre 2021. Du coup, quand le Br par un communiqué, indique avoir fait l’absorption de l’Udbn, le parti de Claudine Prudencio réplique par un recours près le ministère de l’Intérieur.
L’imbroglio continue entre l’Udbn et le Br : guerre de mots, bataille par communiqué interposé, arguments contres arguments sur la place publique. Le mal semble désormais profond, et prend d’autres proportions entre les deux partis politiques depuis le retrait de l’Udbn de son alliance ou fusion avec le parti du cheval blanc cabré. On assiste à une véritable volée de bois vert de part et d’autre. Les questions se posent à la vue de ce qui est étalé depuis quelques jours dans les médias et sur les réseaux sociaux, de savoir si en réalité, il n’y avait pas un marché de dupes entre ces deux entités, qui paradoxalement se réclament de la mouvance présidentielle. Car, étonnamment, l’Udbn n’a pas été dissoute dans le processus de mise ensemble avec le Br. L’Udbn existe toujours dans les registres du ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique (Misp). C’est ce qui ressort d’ailleurs du constat d’huissier relatif à la liste transmise par les services du ministère de l’intérieur et de la sécurité publique (Misp). Les services du ministère confirment l’existence du parti. « L’Udbn existe toujours sur la liste des partis régulièrement enregistrés au ministère de l’intérieur et de la sécurité publique », a répondu le secrétariat administratif du ministère. Le parti est inscrit à la 6ème place avec le récépissé n°026/Misp/Dc/Sgm/Daic/Saap/Sa du 07 août 2019. Selon ces services, aucune modification n’a été intégrée à ce jour dans les statuts de l’Udbn. Pour parer à une telle éventualité, le parti s’était « formellement opposé à l’enregistrement de toute modification venant de n’importe quel parti politique, si ce n’est pas les responsables de l’Udbn ». Le procès-verbal de constat avec sommation interpellative comportant opposition, donne quelques détails sur son accord politique avec le Bloc républicain. Pour les responsables de l’Udbn, il n’a jamais été question de fusion avec le Br. Le processus de mise ensemble n’a donc pas abouti. Au lieu d’une fusion, les deux partis s’étaient entendus pour enclencher un processus de mise ensemble. Malheureusement, selon les responsables de l’Udbn, ce processus n’a pas abouti, « de sorte que l’Udbn reste un parti entier avec toutes ses attributions ». Il est indiqué dans le document que le Br s’était opposé à la proposition de fusion « au motif que ses statuts n’autorisent pas une fusion avec une autre force politique ».
Une absorption
Apparemment, les deux partis n’étaient pas sur la même longueur d’onde au moment de la signature de l’accord de mise ensemble en octobre dernier. Car, pour sa part, le Br indique dans son communiqué du vendredi dernier, que l’accord de mise ensemble a consisté en l’absorption pure et simple de l’Udbn. Ainsi, l’accord, pour les responsables du Bloc républicain a conduit à la prise en compte des militants régulièrement désignés par les responsables de l’ex-Udbn aussi bien dans les cellules (par cooptation), dans les sous sections, dans les comités de supervision communale et dans le bureau politique du Br. « L’accord de mise ensemble du Bloc républicain (Br) et de l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) consacre l’absorption de l’Udbn par le Br à tous les niveaux décentralisés du Br », peut-on lire dans le communiqué.
La solution n’est pas dans le divorce
Le Bloc républicain s’étonne donc de la décision de « l’ex-Udbn » de suspendre l’accord de fusion signé en octobre dernier. Dans son communiqué en date du vendredi 19 août 2022, le parti au cheval blanc cabré dit ne pas être insensible aux éventuelles difficultés des militants et responsables de « l’ex-Udbn à s’adapter à une nouvelle donne politique. « Nous comprenons que la perte de certains privilèges des anciens responsables de l’ex-Udbn à la suite de leur fusion dans un grand parti comme le Br pourrait susciter en eux des comportements antagonistes au nouvel esprit militant institué par la réforme du système partisan », déclare le communiqué. Face à cette situation, le Br estime que la solution n’est pas dans le divorce. « Au lieu de croire qu’il est possible de défaire cette absorption de l’ex-Udbn par le Br, nous les encourageons plutôt à persévérer dans le processus d’adaptation à la rigueur de la gouvernance politique que nous impose la réforme du système partisan pour de plus belles victoires politiques communes », ajoute le communiqué.
Wilfrid Noubadan


















