(La question au cœur d’un atelier à Cotonou)
Le Directeur général de l’Agence nationale de surveillance des systèmes financiers décentralisés (Anssfd), Philippe Dahoui, a procédé au lancement de la deuxième session d’échanges avec l’Agence professionnelle des Sfd et les Institutions de microfinance sur le projet de cadre des normes de la Gestion de la performance sociale et environnementale (Gpse) adaptées au secteur de la microfinance au Bénin. C’était hier, mardi 2 septembre 2025 au siège de l’Apsfd à Cotonou.
Depuis quelques mois, le Bénin s’est doté de la loi n°2025-14 portant règlementation de la microfinance en république du Bénin. Cette loi fait expressément mention de la nécessité de disposer d’un cadre des normes de Gestion de la performance sociale et environnementale (Gpse). D’où l’initiative de cet atelier. Pour le directeur général de l’Apsfd, Ignace Dovi, « la microfinance, quel que soit son développement, a toujours deux volets : le volet social et celui financier ». En d’autres termes, la microfinance doit financer l’homme. Pour lui, le Bénin, à travers l’Anssfd, a fait la bonne option en décidant de s’approprier ces outils pour permettre à nos institutions de financer l’homme tout en sauvegardant l’environnement. A sa suite, Gilles da Costa, conseiller technique principal de l’Agence luxembourgeoise pour la coopération au développement (Lux Dév), partenaire de l’atelier, a remercié le Directeur général de l’Anssfd pour sa vision d’intégrer une activité qui va dans le sens de mettre en place normes de gestion de performance sociale et environnementale. Il a également salué la dynamique de création d’un cadre favorable au financement du climat ainsi que des entreprises engagées dans les activités qui favorisent la préservation de l’environnement. « Chaque secteur a ses réalités, et la microfinance béninoise, avec sa diversité et ses enjeux, mérite un référentiel clair, cohérent, aligné sur les standards internationaux. » dira Philippe Dahoui, le directeur général de l’Anssfd. A l’en croire, cet atelier fait suite à celui de co-construction tenu le 19 mai 2025 et vise à présenter aux participants, la version finalisée du travail accompli à la suite des commentaires et observations recueillis, et à ouvrir un espace d’échanges sur la portée de ce cadre commun ainsi que sur les modalités pratiques de sa mise en œuvre, afin que chacun se l’approprie pleinement. Il a en outre assuré les partenaires présents de l’accompagnement technique de l’Anssfd, à travers le développement d’un outil d’autoévaluation et l’organisation des sessions de formations spécifiques et pratiques. « Cela permettra un déploiement progressif et efficace de ces normes au sein de nos institutions.» s’est-il convaincu.
Quid de la portée et des modalités de mise en œuvre du cadre Gpse ?
Le texte présente le cadre commun Gpse spécifique au Bénin, destiné à toutes les institutions de microfinance (Imf) du pays. Il vise à renforcer la crédibilité et la durabilité du secteur à travers un outil de référence national qui harmonise les pratiques selon des standards internationaux adaptés aux réalités locales. Ce cadre apparaît également comme un levier de performance globale en conciliant viabilité financière et responsabilité sociale et environnementale, renforçant ainsi la confiance des clients et des partenaires. Il constitue enfin un outil de pilotage grâce à des indicateurs permettant d’évaluer et d’améliorer en continu la performance sociale et environnementale des Imf. Sa mise en œuvre se fera par une décision de l’autorité de supervision, en l’occurrence le ministre des Finances. Les prochaines étapes consisteront à développer un outil d’autoévaluation pour les IMF, à diffuser et vulgariser le cadre, à renforcer les capacités par des formations destinées aux formateurs et aux représentants des Imf, puis à assurer un suivi, une évaluation et une amélioration continue du dispositif.
Gabin Goubiyi

















