Le jeudi 26 mars 2026, la cité historique d’Abomey a abrité une cérémonie empreinte de symboles et d’engagement. Quatorze filles et femmes, bénéficiaires du projet Filles capables-Femmes capables (Fica-Feca) porté par l’Ong Levons-nous et bâtissons, ont reçu leur parchemin après huit mois de formation intensive.
Placée sous le parrainage du Dr Azizou Chabi Imorou et de la marraine Salimata Kéïta, fondatrice de Le Bénin se Rév’elles, cette quatrième cohorte marque une étape décisive dans la restauration de l’identité féminine et de l’autonomisation des femmes. La coordonnatrice du projet, Marie-Anne Gbènongbé, a rappelé que malgré les difficultés de financement, la vision initiée en 2022 se poursuit grâce à la détermination et au soutien de partenaires engagés comme Dr Azizou Chabi Imorou, promoteur de l’Institut pour la gouvernance démocratique (Igd). Dans un discours vibrant, Dieu-donné Agounkpé, président de l’Ong Levons-nous et bâtissons, a exhorté les récipiendaires à refuser la médiocrité et à incarner l’excellence. « Une femme debout ne transforme pas seulement sa vie, elle transforme une famille, une communauté, une Nation. », a-t-il souligné. Il a insisté sur la durabilité du projet à travers la mise en place d’un réseau Alumni, garant de la continuité et de l’impact à long terme. La coordonnatrice Marie-Anne Gbènongbé a rendu hommage à ses mentors et partenaires, soulignant que le projet repose sur des valeurs de paix, d’harmonie et de respect mutuel. Elle a rappelé que les femmes, représentant plus de la moitié de la population, doivent être reconnues comme forces de solutions. Au nom de ses pairs, Carole Fifamè Zounkon a décrit cette sortie comme une « mutation » : « Hier, nous étions en quête de direction, aujourd’hui nous prenons notre envol comme des papillons prêts à colorer le développement de notre Nation. » Elle a détaillé les trois piliers sur lesquels repose le projet. Ils sont entre autres la restauration de l’identité féminine, socle de dignité et de responsabilité, le renforcement du leadership, pour incarner des modèles et diriger avec compétence puis l’autonomisation intégrale, conséquence logique des deux premiers, transformant l’indépendance économique et sociale en réalité tangible. Les quatorze récipiendaires ont intégré officiellement le réseau des Alumni Fica-Feca, s’engageant à devenir des « femmes solutions ». Pour elles, ce parchemin n’est pas un simple diplôme, mais un pacte avec l’avenir, une mission de transformation sociale et nationale.
Un plaidoyer pour un leadership féminin inclusif
Dans son intervention, la marraine a insisté sur la place incontournable des femmes dans la société béninoise : « Vous êtes la solution de demain. L’avenir ne se fera pas sans les femmes. » Elle a exhorté les bénéficiaires à garder l’espoir et à croire en elles malgré les doutes et les obstacles. Elle a également mis en garde contre les dérives liées aux réseaux sociaux, invitant les jeunes filles à rester concentrées et conscientes de leur valeur : « À chaque fois que vous souhaitez abandonner, rappelez-vous de tout ce que vous avez traversé pour arriver là. » Le parrain de l’événement a, quant à lui, salué l’aboutissement d’un parcours d’excellence et souligné la portée citoyenne du projet : « Le projet Fica-Feca partage une cause commune avec l’ambition de l’Institut pour la gouvernance démocratique : renforcer le leadership féminin, condition sine qua non d’une démocratie vivante et inclusive. » Il a décrit la sortie de cette cohorte comme le passage à la maturité de quatorze « consciences souveraines », prêtes à devenir des ambassadrices de valeurs et des actrices de solution. Pour lui, le triptyque identité – leadership – autonomisation constitue une véritable ingénierie sociale de haute précision. Au-delà de la remise de parchemins, les interventions ont rappelé que cette étape n’est pas une fin, mais un mandat. Les bénéficiaires sont désormais appelées à agir en femmes responsables, conscientes de leur place dans la société et prêtes à briller dans leurs domaines respectifs.
Zéphirin Toasségnitché
(Br : Zou-Collines)

















