La ville de Parakou, carrefour économique du Nord-Bénin, a vibré ce jeudi 02 octobre 2025 au rythme du lancement officiel de la phase 3 du programme microcrédit alafia. La cérémonie, tenue sur la place O’tabera de Parakou, a réuni une pléiade d’autorités et de personnalités de marque : Véronique Tognifodé, ministre des affaires sociales et de la microfinance, des ministres conseillers, le président du conseil économique et social, Conrad Gbaguidi, le Préfet du Borgou, le Maire de Parakou, des députés, des têtes couronnées, des dignitaires religieux ainsi que plusieurs invités de prestige.
Cette troisième phase, décidée en Conseil des ministres le 24 septembre 2025, marque une étape cruciale dans l’histoire de l’inclusion financière au Bénin. Après le succès retentissant des deux premières phases ayant permis le décaissement de plus de 47 milliards de FCfa, le gouvernement a choisi d’élargir les possibilités offertes aux bénéficiaires. Désormais, les crédits atteignent 200.000 FCfa, avec un taux d’intérêt réduit à 8 % l’an et une prime d’assurance abaissée de 1,2 % à 0,35 %, rendant l’accès encore plus attractif et équitable.
Depuis son lancement en 2020, le microcrédit alafia a transformé la vie de centaines de milliers de Béninois, en particulier des femmes et des jeunes. Au 31 août 2025, plus de 481.000 femmes et 70.000 hommes ont bénéficié de ce dispositif, pour un montant cumulé dépassant 49 milliards FCfa injectés dans l’économie locale. Ces financements ont permis de soutenir des activités génératrices de revenus, de créer des emplois et de renforcer l’autonomie financière des populations les plus vulnérables. Pour les bénéficiaires présents à Parakou, cette phase 3 représente « une bouffée d’oxygène ». Beaucoup ont exprimé leur gratitude envers le gouvernement et les partenaires techniques, soulignant que l’augmentation du plafond de prêt permettra de mieux financer leurs projets et d’améliorer leurs conditions de vie.
Au-delà de l’augmentation des montants, plusieurs innovations accompagnent cette nouvelle étape. Le nombre de systèmes financiers décentralisés (Sfd) partenaires passe désormais à 20, renforçant ainsi la proximité du service. Les crédits sont directement accessibles via mobile money (Mtn, Moov, Celtis), avec des frais de retrait et de remboursement pris en charge par l’État. Autre réforme majeure : la simplification des conditions d’accès. Pour bénéficier du crédit, il suffit de présenter une pièce CIP valide et de se constituer en groupe de caution solidaire ou de présenter deux garants. Ce dispositif, entièrement dépolitisé, place la dignité des bénéficiaires au cœur du programme, comme l’a rappelé Véronique Tognifodé :
« Le microcrédit alafia n’est plus un instrument de clientélisme, mais un véritable levier de développement au service exclusif des populations vulnérables. »
Le Président du Conseil économique et social, Conrad Gbaguidi, a insisté dans son intervention sur la nécessité du remboursement régulier des crédits. Selon lui, « Chaque remboursement effectué ouvre la voie à d’autres bénéficiaires. C’est un geste de solidarité qui permet au programme de se renouveler et de toucher davantage de familles vulnérables. » Un message relayé et repris par de nombreux acteurs présents, qui ont rappelé que la viabilité du microcrédit alafia repose sur l’engagement et la responsabilité de tous les bénéficiaires.
La cérémonie de lancement a été ponctuée de moments forts. Une minute de silence a été observée en mémoire du chef du troisième arrondissement de Parakou, Ibrahim Chabi Mama, décédé la veille. Des animations culturelles, notamment avec l’artiste Kalamoulaye, ont donné une dimension festive à l’événement. Enfin, les participants ont visité des stands dédiés à la sensibilisation et à l’information sur le programme. Le Maire de Parakou, Chabi Inoussa Zimé, a salué un « instrument puissant d’inclusion économique et un levier de transformation sociale », tandis que le Directeur Général du Fnm, Joël Adeyèmi Affoyon, a rappelé que « plus de deux millions de Béninois ont déjà pu sortir de la précarité grâce au microcrédit alafia ».
Avec cette phase 3, le gouvernement béninois confirme son engagement en faveur de l’inclusion financière et de la lutte contre la pauvreté. L’objectif est clair : donner aux femmes, aux jeunes et aux entrepreneurs vulnérables les moyens de développer leurs activités et de participer activement au dynamisme économique du pays. Le slogan scandé tout au long de la cérémonie résume l’esprit du programme :
« Microcrédit Alafia, la dette se rembourse. »
Un appel à la responsabilité collective, afin que ce dispositif continue d’impacter positivement des milliers de vies au Bénin.
Romuald AFFEDJOU (Coll.)
















