(L’enterrement repris après l’exhumation du corps)
Rebondissement dans le dossier « inhumation d’un corps en violation des règles homologuées » dans le Clan des Azohouènou, dans le village de Zounta, arrondissement de Ouèdèmè-Pédah, Commune de Comé. Suite à la présentation du redoutable féticheur connu du pseudo nom « Affê » dans tout Bopa, au cœur de l’affaire, au procureur de la République près le Tribunal de première instance de deuxième classe de Comé le jeudi 30 mai 2024, ce dernier a été déposé à la prison civile de Lokossa.
Sale temps pour le redoutable féticheur H. G. G. au cœur d’une affaire d’inhumation en violation des règles homologuées dans le département du Mono et dans le Clan des Azohouènou. Après sa garde à vue au Commissariat de Bopa, le féticheur nommé « Affê » a été présenté au procureur de la République près le Tribunal de première instance de deuxième classe de Comé le jeudi 30 mai 2024. Au regard des faits mis à sa charge, un mandat de dépôt a été décerné contre lui. Il séjourne désormais à la prison de Lokossa depuis le jeudi 30 mai en attendant la prochaine audience prévue pour le 26 juin prochain. De quoi s’agit-il réellement ? Le féticheur H. G. G. a été déplacé de Bopa par le frère cadet d’une famille pour le village Zounta, arrondissement de Ouèdèmè-Pédah, Commune de Comé, pour l’inhumation d’un oncle qui s’est déroulée en violation des règles recommandées en la matière au Bénin. Irrité par les conditions de l’enterrement de l’oncle (utilisation de matériels de charlatanisme), un frère douanier dans le viseur de la famille a porté plainte. Après plusieurs tentatives de son arrestation qui se sont révélées infructueuses en raison de l’influence de ce dernier, la Police républicaine a fini par lui mettre la main dessus la semaine écoulée. En garde à vue, il a été présenté au procureur qui l’a mis sous mandat de dépôt. Bien avant la comparution du féticheur devant le Tpi de deuxième classe de Comé, il a été ordonné de reprendre les cérémonies funéraires de l’oncle qui était revenu de l’extérieur peu avant sa mort. Les obsèques ont été ainsi réorganisées le mercredi 29 mai 2024 en présence des éléments des Commissariats d’Akodéha et de Bopa, du chef d’arrondissement de Ouèdèmè-Pédah et des Chefs de villages. Selon nos informations, le féticheur a été contraint d’enlever ses matériels de charlatanisme placés dans la tombe et dans le cercueil lors de la première inhumation intervenue six mois plus tôt (le 16 décembre 2023). Le sang, la potion et le sel sont naturellement irrécupérables.
Quid du corps exhumé ?
De sources dignes de foi, le corps exhumé était presque intact. Il n’a pas connu de décomposition et est sans odeur. En présence des policiers et des membres de la famille, le féticheur a extrait le gros bois introduit dans le cercueil au moment de la première inhumation et montré le cercueil non fermé. Il a extrait une perle, deux filets de pagne ayant servi à attacher le cercueil jusqu’à l’intérieur de la tombe et les débris du canari brisé. Il a par ailleurs enlevé la quantité de sable rentré dans le cercueil laissé ouvert par le gros bois sauf le sel de cuisine déposé sur le cercueil dans la tombe. Les sages invités à reprendre les rituels ont utilisé du coton et de l’alcool pour nettoyer les traces de sang sur le corps avant de le rhabiller pour la nouvelle inhumation. Par la suite, ils ont purifié la tombe avant la reprise de l’inhumation avec un nouveau cercueil. Les chansons sacrées refusées au premier enterrement ont été entonnées à la satisfaction de la famille et des habitants de Zounta. L’ancien cercueil qui a été pollué et rempli de sang d’animaux, les habits souillés du défunt ont été remplacés et réduits en cendres au bord du lac Ahémé puis jetées dans l’eau. A l’audience du 26 juin, le féticheur sera devant le juge d’instruction. Il dira sans doute pourquoi il a agi de la sorte et qui sont ses commanditaires.
Abdourhamane Touré

















