Le Gouvernement béninois a interdit la commercialisation et l’utilisation de l’insecticide Sniper sur l’ensemble du territoire national. Invité sur Fraternité FM, le Directeur départemental de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (Ddaep) du Borgou, Damien Hounkpèvi, a détaillé les raisons de cette décision, les dangers de ce produit pour la santé, les mesures de contrôle prévues et les solutions offertes aux producteurs.
L’insecticide Sniper ne figure pas sur la liste des produits phytosanitaires homologués au Bénin. À ce titre, sa commercialisation et son utilisation sont interdites. Pourtant, ce produit continue de circuler sur le marché national. Selon le Directeur départemental de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (Ddaep) du Borgou, Damien Hounkpèvi, cette situation a conduit le Gouvernement à renforcer son dispositif de lutte contre ce insecticide. Il a expliqué que les autorités ont reçu pour instruction de mener d’abord une vaste campagne de sensibilisation à l’endroit des producteurs agricoles et des ménages qui utilisent encore ce produit. Cette phase sera suivie d’opérations de saisie des stocks et de sanctions contre les contrevenants.
Des frontières poreuses favorisent l’entrée du produit
Interrogé sur la présence du Sniper sur le territoire national malgré son interdiction, Damien Hounkpèvi évoque la porosité des frontières béninoises. Selon lui, le produit entre principalement par les frontières avec le Nigeria ainsi que par certaines zones frontalières du nord du pays, notamment en provenance du Togo. Cette situation facilite l’introduction de plusieurs insecticides non homologués qui se retrouvent ensuite sur les marchés et dans les exploitations agricoles. Le responsable de la Ddaep du Borgou met en garde contre les conséquences sanitaires liées à l’utilisation du Sniper. D’après lui, les personnes qui manipulent ce produit s’exposent à de nombreux dangers. L’exposition directe peut provoquer diverses maladies, tandis que l’inhalation du produit est susceptible d’entraîner des affections respiratoires. Il estime également que ce insecticide peut provoquer des atteintes neurologiques et augmenter les risques de cancer. « C’est pourquoi nous devons tout faire pour interdire ce produit, aussi bien dans les ménages que dans les exploitations agricoles », insiste-t-il.
Un produit utilisé aussi bien dans les maisons que dans les champs
Damien Hounkpèvi a également confié que le Sniper est utilisé aussi bien dans les ménages que dans les exploitations agricoles. Dans les champs, certains producteurs s’en servent pour lutter contre les insectes ravageurs, alors qu’il existe, selon lui, des produits homologués plus sûrs et adaptés à chaque culture. Le Directeur départemental rassure les producteurs sur l’existence de nombreuses solutions de remplacement. Il explique que la Direction de la production végétale (Dpv) actualise chaque année la liste des produits phytosanitaires autorisés au Bénin. Ces produits sont disponibles dans les boutiques agréées de distribution implantées dans les communes, les arrondissements et parfois même dans les villages. Le choix du produit dépend toutefois de la culture concernée et du ravageur à combattre. « Les producteurs n’ont qu’à se rendre dans les boutiques agréées où la liste des produits homologués est affichée. Ils y trouveront les produits adaptés à leurs besoins », précise-t-il.
Sensibilisation, saisies et destruction des produits
Pour mettre fin à la circulation du Sniper, la Ddaep du Borgou privilégie dans un premier temps la sensibilisation. Mais cette phase laissera rapidement place à des opérations de contrôle sur le terrain. Damien Hounkpèvi révèle que des saisies ont déjà été effectuées en collaboration avec les services départementaux du Commerce. Ces opérations seront étendues aux communes et aux villages afin de retirer de la circulation tous les pesticides non homologués. Les produits saisis seront ensuite confiés à la Direction de la production végétale, seule structure habilitée à procéder à leur destruction conformément aux protocoles de sécurité applicables aux substances toxiques.
Des sanctions pour les commerçants récalcitrants
Les vendeurs qui continueront à commercialiser le Sniper malgré les avertissements s’exposeront à des sanctions administratives. Le Directeur départemental annonce que les contrevenants seront verbalisés et devront s’acquitter d’amendes au Trésor public. Cette mesure vise à décourager le commerce illégal des pesticides interdits. Damien Hounkpèvi invite également les populations à jouer un rôle actif dans cette campagne. Il recommande aux consommateurs de vérifier que les produits phytosanitaires qu’ils achètent sont homologués au Bénin afin de préserver leur santé et celle de leurs familles. Il appelle aussi les citoyens à signaler aux services de l’Agriculture ou du Commerce toute personne qui vendrait clandestinement le Sniper ou d’autres pesticides interdits.
Un appel aux producteurs du Borgou
Pour finir, le Directeur départemental de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche du Borgou a exhorté les producteurs à s’approvisionner exclusivement auprès des circuits officiels de distribution. Il cite notamment les réseaux agréés, comme ceux de la Sodeco, présents sur l’ensemble du territoire national. Il prévient enfin que les produits interdits découverts lors des missions de contrôle seront systématiquement saisis, y compris lorsqu’ils appartiennent aux producteurs. « Nous ne voulons pas que les producteurs perdent leurs investissements. C’est justement pour cela que nous leur demandons d’utiliser uniquement les produits homologués », a-t-il conclu.
Léonce Adjévi



















