Le ministère des Sports a honoré les athlètes béninoises à travers la célébration en différé de l’édition 2026 de la Journée internationale des droits des femmes. À l’occasion, il a réuni, le lundi 30 mars 2026 à Cotonou, les figures emblématiques et les acteurs institutionnels du sport national. L’objectif est de transformer les promesses en actions concrètes pour la protection et la promotion des femmes dans l’arène sportive.
Cette célébration axée sur le thème « Droits, justice et actions pour les femmes et les filles » a servi de tribune pour dresser un état des lieux sans complaisance du sport féminin béninois. Entre témoignages poignants et projections inspirantes, l’événement a mis en lumière les défis persistants qui entravent encore l’épanouissement des athlètes. Crépin Okouolou, Directeur de cabinet du ministère des Sports, a fermement affiché la position de l’autorité centrale. « Aucune femme ne doit subir des atteintes à sa dignité, à sa sécurité et à son avenir », a-t-il martelé, avant d’insister sur une politique de « tolérance zéro face au harcèlement et aux abus ». Pour le représentant ministériel, le passage des discours aux actes est une urgence absolue afin d’assainir l’environnement de pratique sportive. Cette volonté de rupture est partagée par Colombe Ague, point focal Genre du ministère, qui a rappelé la « nécessité de passer des discours aux actions ». Elle a notamment évoqué l’intégration systématique de l’approche genre dans les politiques publiques pour valoriser durablement les talents locaux.
De la sensibilisation pour un lendemain meilleur
L’éclat de cette rencontre a été rehaussé par la présence de Odile Ahouanwanou. La Triple championne d’Afrique d’heptathlon a partagé son parcours de combattante pour illustrer le potentiel féminin. Tout en saluant les progrès, la championne a toutefois dénoncé les inégalités de traitement qui subsistent. « Ensemble, on sera plus forts », a-t-elle lancé, invitant les femmes à s’imposer par la performance et les hommes à devenir des alliés de cette mutation. Un appel soutenu par l’ex-internationale de basketball Isabelle Yacoubou, qui exhorte ses paires à croire en leur propre potentiel d’autonomisation. Le volet sécuritaire a occupé une place centrale grâce à l’expertise de l’Institut national de la femme (Inf). Le juriste Noël Guéguézo a ainsi rassuré les acteurs sur la robustesse de l’arsenal juridique béninois. Il a d’ailleurs exhorté les fédérations à « renforcer les mécanismes de signalement et de prévention ». En complément, sa collègue Grâce Kouton a détaillé les dispositifs d’accompagnement disponibles, rappelant que l’institution peut « engager des poursuites même sans plainte formelle en cas de violences avérées ». Le clou de la journée fut la projection du documentaire « Le sport féminin qui se transforme et qui performe ». Ce film retrace l’évolution d’une génération qui brise les stéréotypes malgré des moyens souvent limités. En clôturant les échanges, le ministère a réaffirmé sa détermination à faire de cette promotion un chantier permanent, bien au-delà de la seule célébration du mois de mars.
K. B. S. (Coll)




















