Pour la toute première fois de son histoire, le Bénin participe aux Jeux olympiques d’hiver. À Milano Cortina 2026, le jeune skieur Nathan Tchibozo porte haut les couleurs nationales au cœur des Alpes italiennes.
Le drapeau vert, jaune et rouge flotte actuellement sur le village olympique de Milano Cortina. En ce mois de février 2026, l’événement dépasse le simple cadre de la compétition sportive pour devenir un symbole historique : le Bénin fait ses grands débuts aux Jeux d’hiver. Cette présence inédite repose sur les épaules de Nathan Tchibozo, un athlète de 21 ans qui s’apprête à défier les sommets dans l’épreuve reine de la technique. Spécialiste du ski alpin, Nathan Tchibozo incarne cette génération d’athlètes biculturels qui repoussent les frontières géographiques du sport. Né en France, le jeune skieur a choisi de représenter la terre de ses ancêtres, offrant ainsi au Bénin une visibilité internationale sur un terrain où on ne l’attendait pas. Son entrée en lice est fixée au 14 février 2026, date à laquelle il s’élancera pour les épreuves de slalom masculin. Pour le Comité national olympique et sportif béninois (Cnos-Ben), cette participation est l’aboutissement d’un rêve audacieux. Au-delà du chronomètre, l’objectif est avant tout de prouver que l’ambition olympique ne connaît pas de limites climatiques. Nathan Tchibozo ne skie pas seulement pour une médaille, mais pour ouvrir une voie nouvelle aux futurs sportifs béninois.
Une délégation africaine en pleine mutation
Le Bénin n’est pas le seul pays du continent à vouloir bousculer la hiérarchie traditionnelle des sports d’hiver. À Milano Cortina, l’Afrique affiche une diversité croissante malgré des effectifs qui restent modestes face aux puissances du Nord. Si le Bénin vit son baptême du feu, d’autres nations consolident leur présence. L’Afrique du Sud se distingue particulièrement cette année en alignant la délégation la plus importante du continent avec cinq représentants engagés. La dynamique est également portée par des pays comme Madagascar et le Maroc, qui comptent chacun deux sportifs dans leurs rangs. Parallèlement, le Kenya, l’Érythrée, le Nigeria et la Guinée-Bissau complètent ce tableau africain avec un athlète chacun. Cette répartition témoigne d’une spécialisation variée, puisque les spectateurs pourront suivre ces talents non seulement en ski alpin et de fond, mais aussi dans des disciplines plus spectaculaires comme le skeleton ou le ski freestyle.Bien que la présence africaine reste infime à l’échelle des 2 900 participants mondiaux, chaque départ sur la piste est une victoire contre le déterminisme. Depuis la première participation d’un skieur africain en 1960, le chemin parcouru reste long, mais l’édition italienne de 2026 prouve que les lignes bougent. En intégrant le cercle restreint des nations de sports d’hiver, le Bénin participe activement à la construction d’un olympisme plus inclusif et véritablement universel. Les yeux seront donc rivés sur le slalom du 14 février, un rendez-vous déjà gravé dans les annales du sport béninois.
Karol B. Sékou (Coll)




















