La justice béninoise s’est enrichie de nouveaux visages le vendredi 18 juillet 2025. Les quatre-vingts (80) auditeurs de justice issus de la troisième promotion de l’École de formation des professions judiciaires (Efpj) ont officiellement été admis au sein du corps de la magistrature, lors d’une cérémonie solennelle présidée par le Garde des sceaux, ministre de la justice et de la législation, Yvon Détchénou.
Composée de cinquante-six (56) hommes et de vingt-quatre (24) femmes, cette promotion a reçu ses attributs de magistrats : toges, attestations, équipements de travail, dont des ordinateurs portables, ainsi que le Code d’éthique et de déontologie. Selon le Secrétaire général du ministère, cette cérémonie marque « à la fois la fin de la formation des récipiendaires et consacre leur entrée solennelle dans le corps de la magistrature ». D’ores et déjà intégrés depuis le 2 juillet 2025, ces nouveaux magistrats ont été affectés, à compter du 15 juillet, dans diverses juridictions civiles, pénales, administratives et spécialisées à travers le territoire national. Bernadette Houndékandji Codjovi, directrice de l’Efpj, n’a pas manqué de saluer la ténacité des récipiendaires. Elle a rappelé que « cette cérémonie vient consacrer l’aboutissement du travail acharné des auditeurs de justice de la 3ᵉ promotion de l’Efpj ». Dans une allocution empreinte de fierté, elle a retracé les efforts fournis : rigueur académique, stages pratiques, soutenance de mémoire… Autant d’étapes franchies avec persévérance. « Ce parcours, dira-t-elle, n’aura pas été un long fleuve tranquille. »
Intégrité morale et respect du service.
Dans un discours empreint de gravité et d’exigence, le Garde des sceaux Yvon Détchénou a mis en exergue la portée symbolique de la toge judiciaire. « Ce n’est pas qu’un simple vêtement d’apparat que vous allez recevoir ni juste des équipements. C’est d’abord un symbole fort, une responsabilité lourde et un service qui commence. » a-t-il martelé, invitant les jeunes magistrats à une conscience aiguë de leur mission. Il leur a ensuite rappelé la vocation profonde de la fonction : « La robe que vous allez vêtir n’est pas celle d’un statut ni celle d’un pouvoir mais celle d’un engagement : celui de rendre la justice au nom du peuple dans le respect de la loi, dans l’impartialité, dans la rigueur et surtout dans l’humanité. » Avec lucidité, le ministre a souligné les exigences morales qui incombent à tout juge : humilité, probité, fidélité aux valeurs républicaines. « Soyez des juges attentifs, justes, exemplaires. Le droit n’est pas une mécanique aveugle. Il est fait pour servir l’humain. » a-t-il insisté. Puis, il leur a lancé un appel éthique, fort et sans équivoque : « Faites votre job honnêtement et laissez-vous grandir prudemment. » Avant cela, il avait exhorté les récipiendaires à cultiver deux valeurs cardinales : l’intégrité morale qui suppose une indépendance absolue vis-à-vis des parties au litige et le respect du service, qui exige ponctualité, délicatesse et dévouement.
Engagés à honorer la dignité de la profession
La voix des récipiendaires a été portée par Marie-Claire Hounzali, qui a exprimé, au nom de ses collègues, leur reconnaissance et leur engagement. « Nous sommes confiants des défis et de la responsabilité qui sont les nôtres », a-t-elle affirmé, en reconnaissant néanmoins que le parcours à venir ne serait pas sans obstacles. Mais forte de la formation reçue, elle a assuré que « les mots manquent aux émotions » pour traduire leur détermination à être à la hauteur des exigences de leur nouvelle fonction. Elle a pris, au nom de tous, l’engagement solennel d’honorer avec dignité la toge qu’ils s’apprêtent à porter. Cette cérémonie, pleine de solennité et de symboles, s’inscrit dans une dynamique de renforcement de l’appareil judiciaire béninois, à l’heure où le pays affirme sa volonté de garantir une justice plus accessible, plus intègre et plus humaine.
Gabin Goubiyi


















