Quand la recherche sort des bureaux pour aller à la rencontre des pionniers de l’innovation rurale : c’est tout le sens de la visite ; jeudi 10 juillet 2025 d’une délégation de la Direction générale de la recherche scientifique et de l’innovation (Dgrsi) conduite par Joslyn Kouton à la Ferme K-D.K. Séduit par l’approche pratique et la diversité des projets, ce dernier qui est le responsable suivi-évaluation de la Dgrsi, a accepté de partager ses impressions dans une interview exclusive et souligne l’importance de renforcer ces synergies locales.
Le Matinal : Vous avez effectué une descente à l’université K-D.K et puis à la ferme K-D.K. Quelles sont les raisons de cette visite?
Joslyn Kouton : Cette visite s’inscrit dans une dynamique de prospection, de tout ceux qui font de la recherche et de l’innovation au Bénin. Vous savez, quand le chef de l’Etat est arrivé en 2016, il a fait le constat que la recherche et l’innovation ne contribuent pas au développement du pays. Dans ce cas, il a instruit le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique de tout faire pour repositionner et restructurer le secteur de la recherche afin qu’il soit plus productif. C’est-à-dire qu’on a reçu l’instruction d’élaborer une Politique nationale de la recherche et de l’innovation qui a été adoptée par le gouvernement en 2022. Et dans la mise en œuvre de cette politique, il y a des actions très fortes. Parmi ces actions, il faudrait qu’on fasse une synergie d’actions entre les acteurs de l’écosystème de la recherche et de l’innovation. Dans ce cadre, on a reçu l’instruction de l’autorité d’aller sur le terrain, surtout dans les localités. Il ne faut pas qu’on reste seulement à Cotonou, on va dans les localités, dans les Communes pour voir ceux qui innovent, ceux qui réfléchissent, ceux qui sont ingénieux et qui mettent en place tout un tas de dispositifs pour pouvoir promouvoir le développement du pays. C’est pourquoi quand on a entendu parler de la ferme, du Lycée et de l’Université Agricole K-D.K, on a dit qu’il faut qu’on vienne pour voir ce qui se fait concrètement ici.
Après cette visite, quelles sont vos impressions par rapport à ce que vous avez vu ?
Je crois qu’on est vraiment impressionné. On ne s’attendait pas à tout ce qu’on a vu. C’est vrai que c’est 25 hectares qu’on nous a présentés, qu’il y a encore 175 hectares après, mais tout le parcours qu’on a fait jusqu’à la fin, on est vraiment impressionné. Ce qui m’a beaucoup plu, c’est le côté asticoterie (entomoculture), qui est une nouveauté. J’avais vu cela dans une ferme il y a à peine un mois, mais ce qui est développé ici à la Ferme K-D.K, c’est incomparable. Et en plus de cela, il y a le côté éducatif, c’est-à-dire que vous avez une ferme d’expérimentation en même temps pour les enfants qui viennent, ils apprennent. Ce n’est pas seulement de la théorie pure, ils appliquent sur le terrain. On a vu tout le parcours qu’ils font et franchement, on est content.
Un conseil au promoteur pour améliorer la performance de la ferme?
Bon, sur le coup, comme cela, je ne sais pas ce qu’il faut dire, ce qu’il faut corriger. En tout cas, moi, ce que je peux dire, c’est d’encourager le promoteur à faire mieux qu’on a vu.
Propos recueillis par Romuald Affedjou (Coll)
















