L’actuel questeur de l’Assemblée nationale Nazaire Sado et la conseillère communale de Bohicon Elisabeth Agbossaga ne sont pas candidats aux élections législatives du 8 janvier 2023. Leur parti politique, le Bloc républicain (Br) ne les a pas engagés dans la course à l’hémicycle pour défaut de quitus fiscaux. De sources concordantes, ces deux membres du Br n’ont pas pu obtenir le précieux sésame car débiteurs des impôts. Dans la prévoyance et l’anticipation, les responsables du parti au cheval blanc cabré ont procédé au remplacement de ces derniers par d’autres militants à jour vis-à-vis du fisc.
Ces deux exemples, ajoutés à ceux des autres partis de la mouvance, prouvent à suffisance que l’opposition béninoise n’est pas marginalisée dans la délivrance des quitus fiscaux en vue de ces joutes électorales à venir.
Anticiper au lieu de claironner
La non-obtention des quitus fiscaux n’est pas qu’au niveau des partis d’opposition. Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a dans l’une de ses dernières sorties médiatiques, précisé que le problème de quitus fiscal se pose également au niveau des partis de la mouvance. Les deux cas sus-évoqués ajoutés à ceux des autres partis politiques qui soutiennent les actions du président Patrice Talon, prouvent que le secrétaire général adjoint du gouvernement ne s’était pas trompé.
L’autre élément qui donne de l’eau au moulin de Wilfried Léandre Houngbédji, ce sont les chiffres avancés par le directeur général des impôts sur la télévision nationale le 30 octobre 2022. En effet, sur les 4200 dossiers étudiés par la Direction générale des impôts (Dgi) à la date du samedi 29 octobre 2022, 3500 quitus fiscaux avaient été délivrés, selon le patron de l’administration fiscale. Les 700 dossiers restants n’étaient pas à jour. Quelques heures après l’intervention de Nicolas Yénoussi, le président du parti « Les démocrates », Éric Houndété a, lors d’une rencontre avec les médias, dévoilé le nombre de quitus fiscaux non encore délivrés à ses militants. A en croire l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale, 150 demandes de son parti étaient en souffrance.
A l’analyse de ses propos, on se rend compte que les 550 quitus fiscaux restants appartiennent aux autres formations politiques aussi bien de la mouvance que de l’opposition. On peut donc sans se tromper, affirmer qu’il n’y a pas matière à penser que les partis de la mouvance ont bénéficié des largesses de la Dgi surtout qu’aux dernières nouvelles, seulement quatre voir cinq candidats du parti « Les démocrates » ne sont toujours pas encore entrés en possession du document car débiteurs de la Dgi.
Le croisement de ces différentes informations montre clairement que si les ténors des Démocrates avaient été prévoyants, ils auraient pu doubler les candidatures comme l’ont fait les responsables du Br et d’autres partis politiques pour disposer des cartes de rechange. Comme quoi en politique, il faut savoir anticiper au lieu de passer tout son temps à claironner.



















