En janvier 2023, le Bénin va organiser les élections législatives pour procéder à l’installation de neuvième législature de l’ère du renouveau démocratique. Ce rendez-vous électoral est un véritable challenge pour l’opposition qui n’a pas droit à l’erreur. Son avenir et sa survie sur l’échiquier pourraient dépendre de l’issue de ce scrutin.
C’est une question de vie ou de mort pour l’opposition en 2023. Les Législatives qui s’annoncent et pour lesquelles l’opposition a déjà pris date, risquent pourtant de ne pas être une tâche aisée pour cette classe qui n’embouche pas la même trompette que le pouvoir en place. L’opposition n’entend pour rien au monde rater ce rendez-vous. Elle ne rate d’ailleurs aucune occasion pour afficher son intention de figurer dans les starting-blocks de cette compétition électorale majeure. Des bonnes intentions certes qui appellent toutefois le règlement d’un certain nombre de questions préalables. Le premier, c’est la remobilisation de la troupe. Il n’est plus un secret que l’opposition béninoise est en proie, depuis quelques années, à une kyrielle de situations liées au contexte politique. Lesquelles situations ont sérieusement ébranlé sa solidité et sa cohésion. Les réformes entreprises au niveau du système partisan et du Code électoral ont occasionné de sérieuses dissensions entre le pouvoir et certains partis de l’opposition. Les débats alimentés autour de certaines dispositions dites « conflictogènes ou crisogènes » contenues dans ces lois, n’ont pas été sans conséquences sur l’organisation des partis de l’opposition. L’une de ces conséquences dont l’opposition se souviendra longtemps encore, a été l’absence aux trois élections organisées sous la rupture, à l’exception du parti Fcbe qui a vite compris l’enjeu et s’est ravisé à quelques encablures des élections municipales et communales de mai 2020. Pendant ce temps, leurs pairs des partis Union progressiste et Bloc républicain ont sérieusement pris de la graine et gagné du terrain. La résolution de l’équation d’un repositionnement de l’opposition dans l’arène politique passe inéluctablement d’abord et avant tout par la reconquête de l’électorat. Cela ne sera pas une sinécure pour Paul Hounkpè, Eric Houndété et Cie.
Figurer dans les starting-blocks
Participer à une élection est dans l’ordre normal des choses pour toute formation politique car le but d’un parti politique est d’animer la vie politique avec le souci constant de conquérir le pouvoir et l’exercer. Donc a priori, participer aux Législatives de 2023 est déjà un acquis pour tout parti politique en règle vis-à-vis de la loi et des textes électoraux en vigueur. Les partis de l’opposition qui ont déjà donné le ton et annoncé leur intention de participer aux prochaines joutes électorales, ont déjà franchi l’étape de la reconnaissance légale au niveau des instances publiques. Le seul souci qui leur reste à régler est celui du respect des dispositions contenues dans la loi et qui régissent spécifiquement l’élection de référence. En clair, il s’agira donc pour les partis Fcbe, « Les démocrates » ainsi que les autres formations politiques se réclamant de l’opposition, de régler en temps opportun, le souci du paiement de la caution et de la confection de listes de candidats exempts de reproches. L’opposition doit se concentrer sur ce défi et éviter de se laisser distraire par toute autre considération. Les élections étant par excellence des moments de tension où l’adrénaline monte au niveau des acteurs politiques, il serait suicidaire pour l’opposition de se lancer dans des débats ou formuler des exigences qui sont totalement étrangères au contexte électoral. Autrement dit, l’opposition doit tirer leçon des erreurs du passé pour éviter une éventuelle éviction ou une débâcle à l’issue du processus.
Rafler un nombre confortable de sièges
Les partis de l’opposition restent pleinement conscients de ce que les élections législatives de 2023, constituent un enjeu capital. Cela va de soit puisque l’ambition d’une formation politique n’est pas de faire de la figuration à une élection. Déjà, les signaux pour parvenir à conquérir le maximum de sièges et inverser la tendance, sont déjà annoncés. Dans ce cadre, le président du parti « Les démocrates » a indiqué que cette ambition « appelle de la part de nous tous (ndlr militants du parti), plus de disponibilité, d’engagement, d’action pour l’occupation du terrain ». La cohésion et l’engagement des uns et des autres restent les principaux déterminants pour atteindre cet objectif. Raison pour laquelle, il a appelé sa troupe à un sens aigu d’organisation. Dans tous les cas, si l’opposition rate le virage de 2023, c’en aurait fini pour elle. Ses ambitions pour provoquer l’alternance au sommet de l’Etat en 2026, seraient définitivement mises au placard. Les Législatives sont donc un test capital, à l’aune duquel, l’opposition va jauger son ancrage national et sa popularité. Si elle rate ce tournant, l’opposition aurait signé sa mort. Dans ce cas, son projet de repositionnement sur l’échiquier politique, n’aurait donc été qu’un trompe-œil, un échec cuisant. 2023 pour l’opposition, c’est une question de vie ou de mort.
Gabin Goubiyi



















