Du 13 au 17 juillet 2026, les mairies de Kouandé, Péhunco, Toukountouna et Bassila ont abrité des sessions intensives de renforcement de capacités au profit des membres des mécanismes d’alerte précoce et des comités communaux de paix.
Portée par le Programme des nations unies pour le développement et le Royaume de Norvège à travers le Projet régional de prévention et de réponse à l’extrémisme violent dans le corridor atlantique, cette initiative concrète vise à consolider le maillage sécuritaire communautaire et à soutenir la mise en œuvre de plans d’action locaux de résilience face à la dégradation du contexte sécuritaire septentrional. En effet, la détérioration progressive du climat sécuritaire dans le Golfe de Guinée impose une réorganisation stratégique de la riposte. Longtemps préservée des turbulences régionales, la bande septentrionale du Bénin subit depuis quelques années les contrecoups de la criminalité transnationale et du terrorisme en provenance des pays limitrophes. L’isolement géographique de certaines localités, conjugué aux effets du changement climatique et aux tensions intercommunautaires, crée des brèches exploitées par les groupes armés non étatiques. Face à des épisodes violents enregistrés dans les zones frontalières, la réponse exclusivement militaire montre ses limites et appelle un ancrage communautaire plus profond pour maintenir la stabilité. C’est fort de ce constat que l’action conjointe du Pnud et de la Norvège privilégie le rôle central des acteurs endogènes. Les ateliers de deux jours organisés dans chaque commune cible ont réuni un éventail représentatif de la société civile : représentants des agriculteurs, des éleveurs, des mouvements de jeunes, des associations de femmes, responsables religieux, autorités locales et membres des Forces de défense et de sécurité. Sous la conduite de cadres du ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique, appuyés par le Secrétariat permanent de la Commission nationale de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme, les travaux ont permis d’outiller ces acteurs de proximité aux techniques de médiation, d’analyse des risques et de suivi des alertes. Au-delà des aspects théoriques centrés sur la cohésion sociale et la gestion pacifique des différends, la rencontre a débouché sur l’élaboration de feuilles de route opérationnelles adaptées aux réalités de chaque territoire. En apportant un soutien financier et technique direct aux plans d’action élaborés par les Systèmes locaux d’alerte précoce, les partenaires internationaux entendent faire des communautés de Kouandé, Péhunco, Toukountouna et Bassila les premières gardiennes de leur propre sécurité, capables d’anticiper les crises et d’endiguer la radicalisation à la racine.
Abdourhamane Touré

















