Dans les départements du Mono, Couffo, Zou et Collines, le consortium Edidé constitué de Wildaf-Bénin et Repsfeco-Bénin, avec l’appui de la Coopération Suisse et de l’Unité de gestion du projet (l’Ugp), mène une campagne communautaire sur la masculinité positive. L’objectif est de déconstruire les stéréotypes du « vrai homme » et promouvoir un modèle basé sur le respect, le partage des responsabilités et l’harmonie familiale.
Sous la houlette de Blandine Sintondji Yaya, chargée de projet du consortium Edidé, le Programme d’appui à l’égalité de genre (Paeg) s’attaque à une question sensible : la perception de l’homme dans la société à travers une vaste campagne de sensibilisation dans les zones d’intervention du Paeg. « Le vrai homme n’est pas celui qui domine ou qui exerce des violences, mais celui qui exprime ses émotions, partage les responsabilités et contribue aux charges du ménage », explique-t-elle. À Nikki, indique-t-elle, des groupes d’hommes se sont déjà organisés pour la corvée d’eau, preuve que la masculinité positive peut se traduire par des gestes concrets. Dans plusieurs Communes, des hommes engagés œuvrent pour la protection et la promotion des droits des femmes. À Lalo, la maire Pélagie Gowoui a ouvert officiellement la campagne, invitant les communautés à « promouvoir des comportements qui renforcent l’harmonie familiale et le développement communal ». A Zagnanado, l’autorité communale a pour sa part rappelé que l’objectif est de « promouvoir les comportements positifs chez les hommes et les jeunes hommes afin de renforcer l’égalité du genre, prévenir les violences basées sur le genre et favoriser la cohésion sociale ». Damase Akpoyètè a salué le travail du consortium Edidé et l’appui de la Coopération suisse, soulignant que l’égalité de genre « n’est plus seulement un principe inscrit dans les textes, mais une réalité vécue dans nos villages et communes ». Pour Alphonse Atchikpa, chargé de mission du maire de Glazoué, le projet « va permettre à nos parents de mieux garder leur foyer » en éradiquant les comportements qui chosifient les femmes. Il souligne que cette sensibilisation incitera les hommes à contribuer davantage dans le ménage et à rejeter les violences. Après quatre ans d’accompagnement de 500 femmes leaders, le Paeg franchit une nouvelle étape en impliquant les hommes. A Za-kpota tout comme dans les autres localités sillonnées par les équipes du Paeg, la mobilisation fut large. Les leaders traditionnels et religieux, les associations de femmes, les bénéficiaires et les hommes sont engagés. Ahouéfa Françoise Sossou, cheffe de file du consortium Edidé, a pour sa part, indiqué que « les femmes ne peuvent rien faire sans les hommes ». L’Ugp a produit deux films sur la masculinité positive et les violences basées sur le genre utilisés comme supports de sensibilisation. Convaincu, les gardiens de la tradition et les participants ont pris l’engagement d’accompagner la dynamique.
Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)

















