Le Bénin a officiellement franchi, ce jeudi 30 juillet 2026, une étape majeure de son évolution institutionnelle avec l’installation du Sénat au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo. Présidant la cérémonie en qualité de doyenne d’âge, Élisabeth Pognon a présenté les fondements constitutionnels, la vocation et les missions de cette nouvelle chambre du Parlement. Au-delà de son rôle consultatif en matière législative, le Sénat est appelé à combler un vide dans le dispositif institutionnel béninois en assurant la régulation de la vie politique et la préservation de la stabilité de l’État.
L’histoire institutionnelle du Bénin s’est enrichie, ce jeudi 30 juillet 2026, d’un nouveau chapitre avec l’installation officielle du Sénat, seconde chambre du Parlement béninois. La cérémonie, organisée au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, a été conduite par la doyenne d’âge en présence, Élisabeth Pognon, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, en l’absence du doyen d’âge, le sénateur Dieudonné Soglo, empêché.
Dans son adresse inaugurale, elle a rappelé que cette institution est le fruit de la révision constitutionnelle du 17 décembre 2025, laquelle a consacré la création d’une seconde chambre parlementaire pour renforcer l’architecture institutionnelle du pays. « Cette dernière révision a consacré, comme vous le savez, la création d’une seconde chambre au sein du Parlement béninois, le Sénat, dont la cérémonie d’installation nous réunit ce jour. »
Combler un vide dans la régulation de la vie politique
Pour Élisabeth Pognon, la création du Sénat répond à une nécessité institutionnelle. Si la Cour constitutionnelle joue depuis plusieurs décennies son rôle de gardienne de la Constitution, elle ne peut intervenir que sur les litiges de nature juridique. « Dans l’exercice de régulation, la Cour constitutionnelle n’est compétente que pour trancher les litiges à caractère juridique. Elle ne peut, sans méconnaître la Constitution, trancher les litiges à caractère politique. » a fait observer la doyenne d’âge du Sénat. Elle a également souligné que les juridictions ordinaires ne peuvent sanctionner des comportements politiques lorsqu’ils ne constituent pas des infractions pénales. Pour Elisabeth Pognon « C’est ce vide observé dans notre vie institutionnelle et politique que le Sénat vient combler. » Selon elle, cette innovation constitutionnelle constitue une réponse aux insuffisances relevées dans le fonctionnement des institutions depuis l’avènement de la Constitution du 11 décembre 1990.
Le gardien de la stabilité politique
S’appuyant sur les dispositions de l’article 113.1 de la Constitution, la doyenne d’âge a rappelé la mission centrale confiée au Sénat. « Le Sénat régule la vie politique pour la sauvegarde et le renforcement des acquis de l’unité nationale, du développement de la nation, de la défense du territoire, de la sécurité publique, de la démocratie et de la paix. Il veille aux mœurs politiques, au renforcement et à la continuité de l’État ainsi qu’à la stabilité politique. Il veille au respect de la trêve politique. » a-t-elle rappelé. Elle a également indiqué que la Constitution confère au Sénat un pouvoir de sanction à l’égard des acteurs politiques lorsque leurs actes ou leurs propos portent atteinte aux valeurs fondamentales de la République. En matière législative, elle a insisté sur l’obligation constitutionnelle de soumettre au Sénat, pour avis de non-objection, les lois constitutionnelles, les lois électorales ainsi que celles régissant les partis politiques avant leur promulgation.
Une responsabilité historique pour les premiers sénateurs
Élisabeth Pognon a ensuite présenté la composition de cette première mandature, constituée de membres de droit et de membres désignés conformément aux dispositions constitutionnelles, avant de rappeler l’importance de la mission confiée aux 25 premiers sénateurs. «Vous et moi avons l’honneur redoutable d’être les premiers au sein de cette nouvelle institution. La responsabilité nous incombe de lui donner ses premières marques et le prestige de son statut. » a laissé entendre la doyenne d’âge du Sénat. Consciente des interrogations suscitées par cette nouvelle institution au sein de l’opinion publique, elle a appelé les sénateurs à faire preuve d’impartialité et de responsabilité afin de gagner la confiance des citoyens. « Il nous revient, dans l’exercice quotidien de la mission du Sénat, de faire qu’il inspire confiance à nos concitoyens par l’objectivité dans ses démarches et dans ses décisions. » a-t-elle déclaré.
Faire du Sénat un pilier de la République
En conclusion, la doyenne d’âge a invité les membres de la nouvelle institution à demeurer fidèles à l’esprit de la Constitution. « Nous devons, ainsi qu’il résulte de la lettre et de l’esprit de la Constitution, faire du Sénat une véritable institution de sauvegarde et de renforcement des acquis de l’unité nationale, du développement de la nation, de la défense du territoire, de la sécurité publique, de la démocratie et de la paix. » Au terme de son allocution, Élisabeth Pognon a officiellement proclamé l’installation du Sénat. « Je déclare officiellement installé, ce jour 30 juillet 2026, au siège de l’Assemblée nationale, le Sénat, la seconde chambre du Parlement béninois. » Par cette cérémonie solennelle, le Bénin inaugure une institution appelée à compléter le dispositif institutionnel de la République. Au-delà de son rôle dans le processus législatif, le Sénat se voit confier la délicate mission de prévenir les crises politiques, de préserver la stabilité des institutions et de consolider les acquis démocratiques, faisant de lui un nouvel acteur clé de la gouvernance nationale.




















