Dans une perception géopolitique, le Bénin, bien que membre de la Cédéao, est perçu comme étant sous pression ou menacé par les tensions régionales et les actions de l’Alliance des États du Sahel (Aes), qui comprend les Etats comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger, cherchent à consolider leur propre bloc. Après le putsch manqué qui semble calqué sur les dynamiques observées dans ces pays, et au regard des différentes réactions, on pourrait dire que des complices sont bel et bien venus des pays de l’Aes.
Pour peu que nous fassions attention, il y a une réalité qui émerge. Dès l’annonce de l’action des mutins, leurs plus grands défenseurs sur les réseaux sociaux sont reconnus pour être des profils liés à l’Aes. C’est des pays membres de cette alliance que provenaient les fake news pour manipuler l’opinion publique nationale et internationale. Tant et si bien que, même après que l’Armée républicaine a mis de l’ordre et repris le contrôle de la situation, ils ont continué, même des jours après. Leur objectif, comme ils s’y emploient depuis au moins deux ans maintenant, est de déstabiliser le Bénin dont les bons résultats les gênent énormément. Dans les pays où la situation est inconfortable et où les populations ne peuvent même pas souvent s’en plaindre publiquement, les progrès du Bénin sont vus comme la démonstration de l’incapacité des dirigeants à apporter des solutions efficaces aux problèmes. En clair, les succès du Bénin en ce qui concerne la bonne gouvernance au sommet de l’État trahissent l’incompétence des autres. Il faut alors mettre un coup d’arrêt à la dynamique de développement du Bénin. Certains ne cachent pas leur adversité, d’autres se font subtils, mais aucun d’eux ne rate aucune occasion d’essayer de tirer le Bénin vers le bas, et de mettre un frein à son progrès.
Le Bénin dérange l’influence de l’Aes
Pour qui roulent ceux qui veulent coûte que coûte remettre en cause l’ordre constitutionnel au Bénin ? Avec ce coup d’État déjoué, on en sait un peu plus sur les ennemis du Bénin. Il s’agit des apatrides qui ont pris fait et cause pour une alliance qui souhaite étendre ses tentacules dans la sous-région. Ces membres connus pour leurs instabilités politiques, ce qui fait le terreau à un terrorisme sahélien qui déborde vers le sud, et les rivalités d’influence, notamment avec les puissances extérieures, créant un environnement où le Bénin se retrouve au cœur des enjeux stratégiques de la région ouest-africaine, avec ses voisins de l’Aes. Le Bénin partage des frontières avec le Niger et le Burkina Faso, membres de l’Aes, le plaçant directement dans la zone d’influence de l’Aes et de ses défis.
Le Bénin n’est ni inondé par le djihadisme, ni confronté à une crise sociale qui nécessite un changement de l’ordre constitutionnel. L’échec rapide et net du coup de force a donné tort aux complices venus de l’Aes. Et c’est tant mieux. Car il était temps que cette sombre spirale se heurte enfin à un mur.
Sergino Lokossou
















