Le Bénin a évité de justesse une crise majeure dimanche 7 décembre 2025. Une tentative de coup d’État militaire, menée par un groupe dissident de soldats se faisant appeler le Comité militaire pour la refondation (Cmr), a été rapidement neutralisée par les forces armées loyales aux institutions. De sources crédibles, 13 personnes sont déjà arrêtées dont 12 parmi ceux qui ont pris d’assaut la Société de radio et télévision du Bénin (Srtb), et 1 ancien militaire, radié des effectifs. Dans une déclaration laconique télévisée en début de matinée, les putschistes avaient annoncé la dissolution du gouvernement, la suspension de la Constitution et le renversement du président Patrice Talon, invoquant une «dérive autoritaire» du régime de Cotonou.
Cependant, quelques heures plus tard, le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Alassane Seidou, est apparu à son tour à l’écran, pour apaiser affirmant que la situation était sous contrôle et que l’ordre constitutionnel n’avait jamais cessé de prévaloir.
Une réponse ferme des autorités légitimes
«Au petit matin du dimanche 7 décembre 2025, un groupuscule de soldats a engagé une mutinerie dans le but de déstabiliser l’Etat et ses Institutions. Face à cette situation, les Forces armées béninoises et leur hiérarchie, fidèles à leur serment, sont restées républicaines. Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre », a déclaré l’autorité ministérielle, assurant la population du retour au calme et de la sécurité publique. « Le gouvernement invite-t-il les populations à vaquer normalement à leurs occupations », a déclaré Alassane Seidou.
Dans la journée, des mouvements de troupes avaient été observés autour des points stratégiques de Cotonou et environs dans la matinée, mais la loyauté majoritaire de l’Armée envers le pouvoir civil a permis une résolution rapide de la crise, évitant un bain de sang potentiel.
Condamnation unanime
Cet événement tragique survient alors que l’Afrique de l’Ouest est déjà secouée par une instabilité chronique et une série de prises de pouvoir militaires réussies ces dernières années. Dans la même journée et quelques heures après le putsch manqué, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a immédiatement publié un communiqué ferme, condamnant « avec la plus grande vigueur cette tentative de prise de pouvoir anticonstitutionnelle » et réaffirmant son soutien au gouvernement légitime du Bénin. La déclaration du président Patrice Talon est attendue pour rassurer la nation et ses partenaires internationaux. La tentative de putsch du 7 décembre restera comme un rappel brutal de la fragilité de la démocratie en Afrique de l’Ouest, mais aussi comme un exemple de la résilience des institutions béninoises face à la force brute.
Serge Adanlao




















