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Accueil Société

Nomination d’un journaliste à la présidence de la Haac : Les acteurs des médias entre jubilation et espoir

La Rédaction par La Rédaction
5 juillet 2024
dans Société
Durée de lecture : 21 mins de lecture
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Régulation des médias : Un ancien journaliste pour diriger la 7ème mandature de la Haac
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(Promoteurs et journalistes expriment leurs attentes)

Le processus de désignation des membres devant siéger au sein de la septième mandature de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) vient d’être bouclé avec la révélation, mercredi 3 juillet 2024 des personnalités désignées par le président de la République. Au nombre de celles-ci Edouard Loko à qui sont confiées les rênes de l’institution pour les cinq prochaines années. Un choix salué par l’ensemble des acteurs des médias qui nourrissent de légitimes espoirs et lèvent un coin de voile sur les défis et attentes de la 7ème mandature de la Haac.

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Les acteurs des médias ne pouvaient espérer mieux. Un professionnel des médias et pas des moindres, et donc un fin connaisseur des réalités du métier pour y avoir exercé et milité au sein des instances, est le choix opéré par le président de la République, Patrice Talon pour présider aux destinées de la 7ème mandature de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). Edouard Loko est celui à qui échoit cet honneur. Un come-back en force pour l’homme qui connait bien la maison pour y avoir été déjà envoyé par ses pairs en 2009. Une mandature au cours de laquelle, il a été vice-président de l’institution. Qu’on perçoive cette nomination comme un sort du destin, un simple mérite ou encore une récompense politique, l’unanimité est faite dans le rang des acteurs des médias sur la capacité de l’homme à faire bouger les lignes et œuvrer au rayonnement d’une corporation en totale déliquescence et qui, depuis l’avènement du pouvoir vit les heures les plus sombres de son histoire. Si l’avènement d’un journaliste à la tête de la Haac, n’est pas une première dans l’histoire de l’institution régulatrice des médias au Bénin, la promotion de Edouard Loko suscite moult espoirs dans le rang des professionnels des médias. Pour certains, elle sonne comme une réponse du chef de l’Etat à l’appel des acteurs des médias qui ont longtemps plaidé pour que la Haac soit confiée à un journaliste. Mieux, cette nomination intervient dans un contexte où l’institution est à la croisée des chemins et affiche un bilan mitigé après trente années d’existence. A cela, s’ajoute la myriade de problèmes auxquels font face les entreprises de presse depuis quelques années. Le régime de la rupture est principalement mis en index dans ce tableau et beaucoup estiment, à tort ou à raison, que la presse est restée depuis l’avènement du président Patrice Talon, l’enfant pauvre de sa gouvernance. A la normo-communication dont le futur président de la Haac est suspecté d’être l’instigateur, s’est ajoutée la suppression de l’aide de l’Etat à la presse, une réalité qui, depuis 2015, éprouve durement l’univers des entreprises de presse au Bénin, au point de rendre le métier précaire et d’exposer les médias à un niveau de vulnérabilité jamais égalée depuis l’avènement du renouveau démocratique.

Les réformes annoncées : principal socle d’espérance

La promotion de Edouard Loko à la présidence de la Haac intervient à un moment où les acteurs des médias attendent impatiemment la mise en œuvre des réformes promises par le chef de l’Etat pour créer de meilleures conditions aux entreprises de presse ainsi qu’aux acteurs. Une annonce qui est tombée comme mars en carême pour les professionnels des médias dont la plupart végétaient déjà dans une plate déception au regard de la relative indifférence du pouvoir face aux nombreux maux qui minent le secteur. Depuis lors, le rapport de la Haac, subséquemment à cette annonce séjournerait au palais selon des indiscrétions. Arrivé à la Haac, Edouard Loko est vivement attendu pour faire sortir des tiroirs ce rapport dont la mise en œuvre des recommandations devra permettre à ce qui est considéré comme le quatrième pouvoir, l’occasion de retrouver ses lettres de noblesse.

Gabin Goubiyi

Ils ont dit…

Agapit Napoléon Maforikan, journaliste, Directeur de E-Télé : « Il faut à l’institution des moyens humains, financiers et logistiques »       

« Aujourd’hui, les conditions sont remplies. Maintenant, il va falloir la stratégie. Je parle des moyens. Il y a déjà les moyens humains. Je pense que maintenant, il faut le bras technique, l’administration. Aujourd’hui, on peut dire que l’administration de la Haac a besoin d’être étoffée sérieusement parce qu’il manque de technicité. Il manque de beaucoup de technicités. Le personnel est là. Il y en a qui ont du talent, mais ce n’est pas suffisant. Il faut du personnel plus outillé à l’Intelligence artificielle (Ia), plus outillé au numérique, plus outillé à l’accompagnement des médias, plus outillé à la lecture des rapports des radios, plus outillé à l’accompagnement des médias sociaux et plus outillé à beaucoup d’autres choses. Aujourd’hui, numériquement et techniquement, l’administration de la Haac a besoin d’être étoffée. Donc, il  y a  ce défi qu’il  doit  relever avoir une administration au point qui accompagne le travail des régulateurs. Aussi, il faut une réforme totale à mon humble de la Haac même au niveau de l’administration pour pouvoir donner du travail vraiment au secrétariat administratif qui pourrait même devenir un secrétariat permanent. Donc, il y a ce travail-là, un chantier sur lequel il doit pouvoir se concentrer. Ensuite, les moyens financiers. Si vous n’avez pas les moyens financiers, vous ne pouvez pas aboutir à ce dont nous parlons-là. On voit les ministères avec des milliards pour telle mission. Ici, la mission de régulation est une grosse mission. Donc, pendant longtemps, le budget de la Haac, c’est le budget de fonctionnement et une administration qui ne fait que fonctionner ne peut pas travailler. Il faut des moyens à l’institution pour qu’elle puisse tourner. Donc, il va falloir vraiment une politique volontariste une fois que les réformes seront adoptées. Il va falloir trouver des moyens pour que l’institution assume. Le chef l’Etat veut que la Haac soit la pierre angulaire de la gestion des médias en laissant au gouvernement le soin de faire sa propagande, la communication sur ses actions et que la Haac organise les médias. Oui, vu sous cet angle, il faut à l’institution des moyens humains, on en a parlé des moyens financiers, mais aussi des moyens logistiques. La logistique encadre beaucoup les bâtiments donc au niveau des infrastructures, mais également de l’intelligence. La connaissance n’est pas qu’au niveau des moyens humains, mais va au-delà parce qu’il va falloir acquérir cette connaissance par l’expertise locale comme internationale dans le cadre donc d’une profession qui se transforme très rapidement et aujourd’hui a besoin d’une communication adaptée aux urgences de développement, aux défis de développement, appelle des stratégies qui ne pouvaient pas être celles que nous avons connues jusque-là. »

Alphonse Moïse Soudé, journaliste indépendant, analyste politique : « Nous avons la certitude qu’il va réhabiliter la presse »   

« Je crois que les 9 membres qui composent aujourd’hui la Haac montrent qu’il y a du travail qui sera fait puisque c’est des gens qui ont la volonté de relever le défi, de donner un nouveau visage à notre presse. Quant à la désignation de Edouard Loko comme président de la Haac, cela réjouit tout le monde parce que c’est enfin une deuxième fois qu’un professionnel des médias est à la tête de l’institution chargée de réguler les médias dans notre pays. Nous avons la certitude qu’il aidera la presse à retrouver ses lettres de noblesse. Nous avons la certitude qu’il va réhabiliter la presse après le passage de Adam Boni Tessi et de Rémi Prosper Moretti, qui ont à travers leurs décisions, suspendu et fermé des organes de presse et je crois qu’avec la Haac dirigée par un journaliste, il n’y aura plus cette pratique dans notre pays et que la presse sera une presse responsable et respectée. Mais au-delà de tout cet optimisme Béa que nous affichons, il faut noter que le président nommé était un chargé de mission du chef de l’État, forcément il a reçu du chef de l’État, un cahier de charges. Il a une mission à accomplir. Il doit aider le chef de l’État à mettre en chantier les réformes et nous croyons qu’il ne se laissera pas aller jusqu’à cautionner davantage la suppression des organes de presse. Aujourd’hui, nous avons besoin de notre presse parce que la presse dans un pays démocratique est un baromètre qui permet d’informer et de dénoncer les tares de toute gestion. Je crois qu’il est temps que la presse elle-même, soit nettoyée. Je voudrais bien que cette Haac nous aide à nettoyer la presse pour qu’on sache réellement qui est journaliste et communicant. Parce qu’aujourd’hui, quand vous voyez des titres à la une des parutions, ce sont des titres siamois. On se dit que quelque part, quelqu’un met la main à la poche pour que les organes qu’ils soient de la presse en ligne, ou version papier, on a tendance à voir les mêmes titres au niveau des journaux. Je voudrais que cette Haac-là, nous aide au niveau de la presse à être vraiment fiers, à vraiment dire que nous sommes journalistes. Je voudrais qu’avec cette Haac, qu’on ne nous dise plus qu’un organe de presse a été fermé, qu’un organe de presse a été suspendu, que des journalistes ont été punis. Il faut revoir les choses et rendre la presse béninoise responsable et je crois que Edouard Loko, avec ses nombreuses années d’expériences à l’Odem, au patronat, au niveau des organes de presse, à la présidence, il a le bagage intellectuel qu’il faut pour relever le défi. Au-delà de tout, nous sommes sur un terrain politique et je voudrais lui apporter déjà tout mon soutien, qu’il ne se laisse pas manipuler par ceux qui ne sont pas de la maison. Il ne faudrait pas qu’à la fin de son mandat, que l’on puisse dire que les cordonniers sont les plus mal chaussés. »

Noël Allagbada, ancien vice-président de la Haac (2ème mandature) :  « Nous devons nous garder de tirer des plans sur la comète » 

« Je vais d’abord donner quelques éléments d’appréciation aussi bien sur la situation générale de la presse aujourd’hui que sur le parcours du nouveau président. Il y a une précision qu’il faut donner. En juillet 1994, il est revenu à un journaliste désigné par le président de la République d’alors de porter sur les fonts baptismaux la Haac. Il s’agit de René Dossa qui a été l’un des pionniers de la presse écrite du Dahomey après l’indépendance. Cela montre que ce n’est pas la première fois qu’un journaliste est nommé à la tête de l’instance de régulation des médias dans notre pays. Ce qu’il faut dire par rapport à la nomination d’Édouard Loko, c’est qu’il fait partie de la génération des journalistes qui ont vu et contribué à l’installation du paysage médiatique que nous avons aujourd’hui. Édouard Loko est en quelque sorte un pionnier pour sa génération en ce sens qu’il fait partie de l’équipe de jeunes qui en 1992, ont contribué à la naissance du premier quotidien privé d’informations. Je pense même qu’il avait occupé un poste de responsabilité, celui de Rédacteur en chef. Il s’agit du quotidien Le Matin qui est une initiative portée par un expatrié, en l’occurrence un Algérien et qui avait besoin d’une équipe de jeunes. Édouard Loko fait partie de cette équipe de jeunes. Je peux dire aussi que Édouard Loko fait partie des membres fondateurs de l’Odem en octobre 1998. Il a participé aux réunions de création de l’Observatoire. On était au nombre d’une trentaine. Entre temps, il avait déjà créé son quotidien d’informations, « Le Progrès ». Il a d’ailleurs été le président de la deuxième mandature de l’Odem. Je dois rappeler aussi qu’il a été choisi par ses pairs pour siéger à la 4ème mandature de la Haac. Il y a aujourd’hui beaucoup d’observations, de critiques plus ou moins justifiées sur la manière dont la Haac s’occupe de sa mission constitutionnelle. De 1994 à 2024, cela fait 30 ans qu’un journaliste revient à la Haac. Ce n’est pas un journaliste quelconque. C’est quelqu’un qui a un parcours dans le métier et je constate que ce parcours recoupe l’année d’existence de la Haac. C’est peut être un signe du destin et aujourd’hui, on parle de réforme, la réforme qui est même déjà engagée parce ce qu’il y a déjà tout un travail qui a été fait et que malheureusement la Haac qui s’en va n’a pas eu le temps de mettre en application. Je crois savoir aussi que Édouard Loko a participé à tous les travaux qui ont préparé cette réforme.

Au regard de tout cela qu’est-ce qu’on peut dire? Est-ce qu’il va faire bouger les lignes? Je pense que nous devons nous garder de tirer des plans sur la comète c’est-à-dire ne pas nous laisser emporter par l’enthousiasme et ne pas tenir compte des réalités. Tirer des plans sur la comète, c’est avoir des projets irréalisables mais ce que je dis, c’est que j’ai foi que nous avons à la tête de la Haac maintenant quelqu’un qui a tous les éléments en main pour apprécier avec sérénité la situation et avec lui, il y a d’autres dont le parcours dans la profession est aussi notable. Parmi les membres de la 7ème mandature, il y a un ancien membre qui a fait la mandature qui vient de finir. Je pense qu’ils sont au nombre de 4 comme journalistes. Par rapport à la mission de la Haac et par rapport au mandat, je pense que le parcours de l’intéressé, les collègues qui sont avec lui et qui ont également vécu l’histoire de la presse de ces 30 dernières années, je pense que c’est par rapport à cela qu’il faut les juger. Il ne s’agit pas d’aller vite en besogne. Nous avons des éléments qui doivent permettre d’apprécier comment ils vont travailler en rapport avec les textes, en rapport avec la loi et puisque nous savons que ce sont des gens qui ont un parcours notable dans la profession, on pourrait les juger sur pièces mais comme je le dis, il ne s’agit pas pour nous de tirer des plans sur la comète mais dans la mesure du possible, de tout faire pour les accompagner. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas avoir un regard critique sur ce qu’ils vont faire mais faudrait pas se lancer dans des critiques. Comme on le dit souvent « C’est au pied du mur qu’on connait l’artisan » parce qu’ils sont des artisans qualifiés, spécialisés. Le président de la Haac est d’abord un conseiller comme les autres, le premier parmi ses pairs. C’est lui qui guide. »

Alassane Sanni Bio, journaliste et Directeur de Sota Fm Malanville: « Il a intérêt à travailler pour le développement de la presse béninoise »

« C’est l’idéal à priori, parce que la Haac depuis sa création n’a jamais connu un professionnel à sa tête. Ce qui fait que la corporation n’est pas toujours satisfaite de sa prestation. Un professionnel de la trempe de Edouard Loko, doit être applaudi. Il connaît très bien le secteur, ses difficultés et ce qu’il lui faut pour être au pas. Donc s’il travaille honnêtement tout en respectant les cahiers des charges de l’institution de régulation, personne ne sera déçu parce que la Haac est là pour réguler et contribuer au bien-être de la presse béninoise. Il y a la question de la formation que devrait assurer l’institution et qui est devenue rare. Il y a aussi l’aide de l’État à la presse privée qu’elle pilote mais qu’on ne voit plus. Donc, en tant que professionnel du domaine et connaisseur des difficultés que les médias vivent, il doit s’attaquer prioritairement à ces volets. Nous espérons beaucoup plus que ça. Surtout qu’il arrive dans un contexte de réformes de ce secteur, je pense qu’il a intérêt à travailler pour le développement de la presse béninoise. Nous sommes dans un monde où la concurrence est devenue continentale voire internationale. Vu que le monde est ouvert et que d’autres médias au regard de la qualité de leur prestation, sont entrain de détourner les consommateurs de nos produits. Donc pour que les choses changent, il doit éviter de travailler à museler la presse nationale, mais plutôt de lui donner la possibilité de s’exercer librement dans les limites de la déontologie.  Et je ne doute pas de la capacité de Edouard Loko à jouer ce rôle pour le bonheur de notre corporation. Le chef de l’État même est conscient de nos maux. C’est certainement pourquoi il l’a placé à la tête de l’institution. »

Josué Mèhouénou, journaliste au quotidien « La Nation » : « Nous sommes habités par l’espoir d’un changement »

« Comme moi, vous avez sans doute remarqué que la désignation des conseillers de la Haac et surtout la nomination du président de l’institution, est accueillie par les acteurs des médias avec un certain soulagement. Avoir un intrus qui vient de la maison et qui connaît la maison comme premier responsable à la Haac, est d’abord une opportunité pour les médias. Edouard Loko tient une fois de plus une aubaine pour marquer sa famille professionnelle. Je parle ainsi du leadership, du courage et de la capacité d’initiative du nouveau président. Il peut, s’il le veut bien, et si celui qui l’a nommé lui en donne mandat, offrir un meilleur environnement à la presse et aux journalistes. Nous sommes donc habités par l’espoir d’un changement, aussi minime soit-il, pour le monde des médias au cours des cinq années à venir. Espoir qui n’émanerait pas de son seul fait, mais du collège des conseillers. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, aucun conseiller ne peut rien à lui tout seul. L’amélioration du piteux et hideux sort qui est le nôtre au sein de la corporation, aussi bien en ce qui concerne les conditions de vie que les conditions de travail, ne tient sa solution que dans la volonté politique. Si le politique ou pour faire simple nos gouvernants décident de changer le sort des médias, la septième mandature fera des merveilles. Mais s’ils décident de nous enliser ou de nous maintenir dans notre misère (à tout point de vue) ambiante, nous allons y demeurer, peu importe les qualités individuelles et collectives des Conseillers élus et nommés. »

Léon Brathier, Dp du journal « L’autre quotidien » : « Se rapprocher le plus souvent de la base »  

« Nous avons appris avec plaisir la nouvelle de la nomination d’un journaliste à la tête de la Haac. C’est une très bonne chose. C’est un retour à ce qui a été au début de la création de l’institution à laquelle beaucoup de journalistes ont participé. Au même moment, on avait le sentiment que c’était devenu un lieu de placement pour les hommes politiques surtout ceux qui sont proches des régimes qui viennent. Mais aujourd’hui, en nommant un journaliste, c’est une bonne chose et je vois que le nombre de représentants du métier est passé à un niveau plus élevé et on espère que cela pourra agir sur les décisions qui seront prises par rapport aux réformes que la presse attend. Je suggère au nouveau président de se rapprocher le plus souvent de la base et de prendre conseil pour pouvoir bien orienter ses actions par rapport aux desiderata des journalistes mais aussi des patrons de presse parce que le plus grand problème aujourd’hui, c’est le fait que les patrons éprouvent des difficultés à produire et à respecter leurs engagements par rapport à leur personnel. C’est tout cela qui fait que la presse commence à faiblir dangereusement. Donc, qu’il ait en tête que c’est d’abord l’entreprise de presse et ensuite la protection de la liberté de la presse parce que si l’entreprise vit bien, il pourra travailler pour garantir et préserver la liberté de la presse. Nous comptons beaucoup sur eux pour que les réformes aillent dans le sens de la viabilité des journaux et la qualité de l’offre. La configuration actuelle de la Haac avec la présence de Basile Tchibozo qui vient de la presse écrite est favorable à nous autres. Aujourd’hui, le vrai problème, c’est celui de la presse écrite qui est confrontée à des situations de coût élevé de production, de coût élevé des intrants de production sans oublier le coût élevé de l’impression qui fait que la presse écrite n’arrive pas à satisfaire tous ses engagements. Nous espérons qu’avec l’arrivée d’un patron de presse à la tête de la Haac ainsi que la présence de Basile Tchibozo, vont nous permettre de voir la réforme sous un autre angle afin qu’elle profite aux entreprises de presse écrite car si l’entreprise de presse ne vit pas bien, elle ne pourra pas garantir la liberté par son travail. Elle ne pourra pas satisfaire son personnel pour un travail de qualité. »

Michel Ahonon, promoteur du quotidien « Palmarès » : « Nous l’attendons sur le chantier de la carte de presse »   

« Les acteurs des médias ont coutume de se plaindre de ce que les conseillers de la Haac atterrissent au sein de l’institution par le biais des acteurs politiques et pour des remerciements politiques et que, pour la plupart du temps, nous avons déploré le fait que la collaboration ait posé quelques problèmes par rapport aux chantiers structurants de la corporation. Ceci étant, c’est avec beaucoup de joie que nous accueillons la nomination d’un des nôtres, un ancien journaliste. Une fois président de l’instance de régulation, je pense qu’il pourra savoir par où il faut tenir les problèmes. Et étant donné qu’il vient prendre l’institution à un moment où le président de la République parle de réformes structurelles dans le secteur, et qu’il vient aussi de la présidence de la République, parce qu’il fut précédemment chargé de mission du chef de l’État, nous pensons bien que la désignation de Édouard Loko doit avoir un objectif clair, c’est à dire faciliter la mise en œuvre des réformes. Donc, nous accueillons avec beaucoup de joie sa nomination et nous le félicitons. Nous remercions également le président de la République qui a compris qu’il faut un acteur des médias pour diriger l’institution. Avec Édouard Loko, j’estime particulièrement que nous n’aurons plus besoin de trop parler et de beaucoup bavarder, mais qu’on pourra vraiment aller aux actes concrets pour pouvoir impacter la corporation notamment sur le chantier des réformes sur lesquelles nous attendons le gouvernement depuis plus de huit ans. Je pense personnellement que Édouard Loko, au regard de son parcours, de l’engagement qu’on lui connaît et au regard de son sens de dialogue et de négociation, que son choix est mieux pour nous.

Ceci étant, ce que nous attendons de Édouard Loko, c’est principalement la valorisation de la carte de presse parce que c’est quand il était vice-président de l’institution sous Feu Théophile Nata, que la Haac a pris la décision du 25 avril 2013 portant réglementation de la carte de presse et que c’est cette décision qui a fixé par exemple les avantages liés à la détention de la carte de presse. Malheureusement, cette mandature est partie en 2014, pratiquement un an après et toutes les mandatures qui ont suivi n’ont rien fait par exemple pour que les dispositions du chapitre 7 de cette décision soient mises en œuvre et cela fait partie des désidératas. Je pense qu’avec son retour où il prend les rênes de l’institution, notre attente principale sera que Édouard Loko dans le cadre des réformes structurelles, il puisse attaquer ce chantier de la carte de presse et au besoin, relire rapidement cette décision pour l’actualiser et la rendre conforme aux nouveau contexte et rendre applicables désormais les mesures sur les avantages liés à la carte de presse.

Au regard de tout ce que nous observons aujourd’hui, nous attendons aussi de Édouard Loko une certaine collaboration de l’institution avec les associations professionnelles de la presse afin que cette collaboration et cette implication, dans un dialogue inclusif, on puisse trouver effectivement par où régler les problèmes.  Étant donné que Édouard Loko aussi est un produit des associations, pour avoir été président de l’Odem, pour avoir été président du Cnpa et pour avoir été aussi parmi ceux qui ont piloté les choses pour que nous allions aux états généraux de 2002, et a favorisé la mise en place des faîtières en 2004, Édouard Loko connait les acteurs et connaît d’où nous venons et où nous voulons aller.

Donc, nous l’attendons sur ce chantier de la carte de presse qui porte sur les avantages et nous l’attendons aussi sur les autres chantiers structurants de la corporation. Pour avoir été président du patronat, il doit savoir que les entreprises de presse sont en difficulté aujourd’hui et ce que nous avons arrêté aux états généraux, et ce que le Code de l’information et de la communication a prévu, en ce qui concerne par exemple les allègements fiscaux aux entreprises de presse, la prise en charge des médias du service public par l’État et l’appui aux médias du secteur privé. Tout ça, c’est des problèmes que Edouard Loko connait et nous attendons de lui maintenant qu’il est à la présidence de l’institution, que sous son leadership, l’institution s’aligne maintenant dans cette collaboration avec les associations professionnelles et les acteurs pour que nous puissions vraiment remettre les choses en place et rendre aux journalistes ce qui leur revient de droit en favorisant leur épanouissement dans des entreprises de presse viables, crédibles qui prospèrent dans un environnement assaini. »

Zakiatou Latoundji, présidente de l’Upmb : « …On attend des actes concrets »   

« Je fais globalement une lecture d’appréciation pour dire qu’à la tête de l’institution aujourd’hui, nous avons un acteur des médias et ça, c’est un point positif parce qu’on a déploré ce fait-là pendant longtemps. Et un acteur des médias, un professionnel reconnu dans la corporation, un professionnel qui a le mérite d’avoir déjà été membre d’une ancienne mandature de la Haac, d’avoir été même membre du bureau au poste de vice-président, ça, c’est un point très positif aussi. L’autre chose, c’est un acteur des médias qui connait le milieu associatif parce qu’il est un pur produit de ce milieu associatif et il a été président du patronat et de l’Odem. C’est également un autre point positif. Et donc, au regard de tous ces points-là, de ces quelques points et de ce que c’est un homme qui connaît l’environnement politique, en général, l’environnement de fonctionnement du secteur des médias. Je pense que c’est véritablement l’homme qui connaît bien la maison et pour nous, c’est un grand motif de satisfaction.

Mais en même temps, il ne faut pas perdre de vue que la Haac reste une institution politique. Donc, il faudra faire vraiment très attention pour que l’intérêt des acteurs des médias passe avant. Il a été désigné par le chef de l’Etat, c’est un homme qui est assez proche du chef de l’Etat, qui a travaillé ou qui travaille avec lui depuis qu’il est au pouvoir et c’est un homme qui est assez proche du chef de l’Etat. Donc, du coup, à la tête d’une institution comme ça, bien qu’étant professionnel des médias, on peut se demander comment est-ce qu’il va pouvoir gérer et ne pas prioriser l’intérêt du politique au détriment de l’intérêt des professionnels. Donc, ça, c’est le gros challenge. C’est vraiment le gros challenge pour l’actuel président, le tout nouveau président de l’institution et qui devra vraiment trouver la stratégie nécessaire pour non seulement satisfaire les attentes du politique qui l’a nommé, qui fait de lui aujourd’hui président de l’institution et de la même manière, arriver à combler les attentes des acteurs des médias qui placent à travers sa personne aujourd’hui à la tête de cette institution, beaucoup d’espoir. Vous n’êtes pas sans savoir que notre corporation traverse des moments vraiment très difficiles, je dirai écrire des moments assez sombres de son histoire et donc il est important qu’on travaille à faire redorer davantage à la corporation ses lettres de noblesse. Je pense que la Haac peut vraiment aider dans ce sens-là et c’est à ce niveau, à ce gros carrefour qu’on attend aujourd’hui toute l’équipe de la nouvelle mandature. Ensuite, l’autre lecture, c’est de constater qu’aujourd’hui au sein de l’institution, on a un grand nombre d’acteurs des médias. Si on prend les professionnels de médias, toutes catégories confondues et également ceux qui ont été désignés, on se rend compte qu’en gros, on a cinq professionnels de médias sur neuf au total comme conseillers. Ça, c’est également un bon point qui peut aider à faire avancer plus facilement les décisions en faveur des acteurs des médias. Donc, on espère vivement qu’avec ses différents éléments que les lignes puissent bouger parce qu’aujourd’hui, on attend des actes concrets, on attend des actions concrètes. Et l’actualité, ce sont les réformes dans le secteur des médias. Le chef de l’Etat a, depuis plus d’un an,  émis le vœu qu’on puisse travailler à la mise en place de médias assez forts et permettre aux acteurs des médias de vivre de l’exercice de leur métier. Mais depuis ce temps, il y a eu beaucoup de travaux et je pense que c’est l’heure maintenant de passer à l’action et de prendre des décisions assez courageuses, des décisions très ambitieuses pour permettre aux acteurs des médias de vivre véritablement de leur métier. Quand vous regardez un peu l’environnement général aujourd’hui, vous constatez que les médias, les acteurs des médias végètent dans la précarité et les organes de presse aussi traversent des moments assez difficiles ; les organisations faîtières, on n’en parle pas. Il faudra donc agir, agir vraiment pour permettre à la presse de rester la presse et de continuer à satisfaire les besoins en matière d’information des populations. Et donc, au nouveau président, on lui souhaite, à lui et à toute son équipe, bon mandat, mais nous restons vraiment optimistes et espérons vivement que grâce à lui, grâce à son leadership les lignes puissent vraiment bouger. On en a vraiment besoin ».

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