Entre réjouissances religieuses, musiques assourdissantes et prières amplifiées, les week-ends, de nombreuses localités du département du Zou, sont rythmés par des bruits qui perturbent la quiétude des habitants. Pourtant, depuis mai 2022, un décret encadre strictement la gestion du bruit au Bénin. Les populations interpellent l’État pour faire respecter la loi.
Vendredis, samedis et dimanches, dans plusieurs Communes du département du Zou, les églises et lieux de réjouissance deviennent de véritables caisses de résonance. Musiques à plein volume, cris de prière et haut-parleurs saturés s’imposent aux riverains, souvent au détriment de leur repos. « Jouer de la musique à n’importe quelle heure, c’est un manque de considération », déplore Raphaël Adankpéssodé l’un des habitants du quartier Zakpo, à Bohicon. Comme lui, d’autres citoyens incriminent ces nuisances sonores qui sont devenues une habitude, tolérées au nom de la liberté de culte. Mais elles constituent bel et bien une infraction. Géraud Akouègnon Sèdolo, officier de justice et greffier en chef du tribunal de Lokossa résident à Bohicon, rappelle que « les nuisances sonores sont l’une des plus grandes infractions environnementales recensées au Bénin ». Le décret n°2022-301 du 25 mai 2022 fixe les règles. Il stipule que toute activité génératrice de bruit doit obtenir une autorisation préalable, accompagnée d’un avis technique de la direction départementale de l’environnement et d’un certificat de conformité. Les sources de bruit sont clairement définies par ce texte règlementaire. Il s’agit des lieux de culte, des bars, des discothèques, des moulins, des scieries, des chantiers, des garages, mais aussi les regroupements d’individus ou d’animaux domestiques. En pratique, les promoteurs doivent déposer une demande, obtenir un avis technique sous 15 jours et respecter les conditions fixées par la Mairie, notamment les horaires et la durée des manifestations. Les frais d’autorisation ne peuvent excéder 50 000 francs CFA. Pour les populations, l’application de ces textes est urgente. « L’État doit nous sauver », plaide Raphaël Adankpéssodé excédé par les prières amplifiées en pleine journée. Car, au-delà du confort sonore, c’est la santé qui est en jeu. La fatigue, le stress et les troubles auditifs s’accumulent. « La réglementation existe, mais son respect reste le véritable défi. Entre liberté de culte et droit au repos, l’équilibre doit être trouvé. Une justice sonore est aussi une justice sociale » suggère Raphaël Adankpéssodé.
Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)
















