En vue de la réalisation de la Liste électorale informatisée (Léi), l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) a une nouvelle fois invité les citoyens qui figurent dans le Registre national des personnes physiques (Rnpp) et issus du Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip) à compléter leurs informations personnelles. Il en est de même des personnes qui ne s’étaient pas fait enrôler pour la première phase. Cette opération qui a été lancée le 17 mars 2022 connait un engouement dans certains arrondissements, mais par contre dans d’autres, la population perne à sortir. C’est le constat que la rédaction du quotidien « Le Matinal » a fait sur le terrain.
Cotonou n’est pas à la traîne
Dans le 2ème arrondissement de Cotonou à Yénanawa, la population sort massivement pour se fait enrôler. C’est le cas de Bertin Hounkpè, un citoyen qui est allé se faire enregistrer. Selon lui, le processus d’enrôlement se passe bien et beaucoup de gens sortent pour se faire recenser. « Je suis venu à l’arrondissement à 7h du matin parce que j’ai remarqué que les gens sortent massivement pour se faire enrôler. Heureusement, j’ai pu me faire enregistrer. Je suis très content, car avec la Léi, les Béninois peuvent aller aux prochaines élections législatives sans crainte », a-t-il confié. Dans cet arrondissement, l’agent de l’Anip, Riccardo Azandocessi, a expliqué comment se déroule l’enrôlement. « Je suis agent chargé du remplissage de la fiche pour l’enrôlement au Ravip pour ceux qui ne l’ont jamais fait. Nous sommes chargés du transfert de centre de vote pour ceux qui aimeraient changer de centre de vote. Et cela concerne surtout ceux qui ont au moins 18 ans », a-t-il fait savoir. De même, il a insisté sur l’implication du Chef d’arrondissent et des Chefs de quartier qui sont invités à informer la population sur l’opération d’enrôlement. « Toute la population est informée. Les chefs de quartier ont déployé des crieurs publics pour sensibiliser la population à venir se faire enrôler. Les gens viennent massivement. Les chefs de quartier contribuent à la réussite de l’opération et délivrent les attestations de résidence», a précisé l’agent recenseur de l’Anip. Dans le 1er arrondissement de Cotonou par contre, les agents recenseurs ont refusé de présenter l’état des lieux de l’opération. Ils nous ont purement et simplement éconduits en exigeant de nous, une autorisation de l’Agence nationale d’identification des personnes avant de répondre à nos questions.
La population sort à compte-goutte à Agblangandan
A l’arrondissement d’Agblangandan, Commune de Sèmè-Podji, Franck Houssou, agent recenseur, a indiqué que la population ne sort pas pour se faire enregistrer. « L’enrôlement au Ravip se passe très bien depuis qu’on a commencé. Par contre, la population sort timidement. Les gens viennent à compte goutte puisque la sensibilisation n’est pas encore à la hauteur. Il faut impliquer réellement les conseillers locaux et les chefs de quartier», a-t-il conseillé. « Le processus se déroule normalement. Ils viennent avec les pièces demandées et l’enrôlement est plus facile. Mais, lorsque l’intéressé n’a aucune des pièces demandées, il vient avec deux témoins qui ont 10 ans de plus que lui et avec les pièces, on l’enrôle. Mais la difficulté est qu’il y a des gens qui sont vraiment très âgés, mais n’ont aucune pièce. Il est très difficile pour eux de trouver des témoins qui sont plus âgés qu’eux. Des fois, c’est carrément impossible », ajoute-t-il. Pour Brice Ahoungbatin, l’opération d’enregistrement ne se passe pas bien. A l’en croire, le personnel déployé sur le terrain n’est pas suffisant. Ils ne sont que trois à faire le travail et cela retarde l’enregistrement des personnes. Il a poursuivi en indiquant que les gens ne sortent pas pour se faire enrôler parce qu’ils ne sont pas informés. « L’information ne circule pas comme il le faut. Il faut que les chefs de quartier informent plus les populations», a-t-il souligné. Il faut préciser que cette opération d’enrôlement a commencé sur toute l’étendue du territoire national depuis le 17 mars et va prendre fin le 16 avril 2022. Toutes les populations sont donc invitées à se rendre dans les arrondissements pour se faire enrôler.
Patrice Zoundé & Gaël Djoh (Stags)
Engouement général dans la ville capitale
La nouvelle opération d’enrôlement au Ravip lancée depuis quelques jours passionne plus d’un dans la ville capitale. C’est du moins le constat fait par la rédaction de votre journal dans les différents arrondissements de Porto-Novo ce 31 mars 2022. « Pour être sûr d’être enroulé, il faut venir à 5 h du matin», dixit Alice, une bonne dame dont la boutique se trouve à proximité du 4ème arrondissement. En effet, dès 7 h, les postes d’enrôlement sont déjà bondés de monde, et il n’est pas évident de pouvoir s’inscrire sur la liste de ouverte à cet effet. D’un autre côté, des intermédiaires se proposent de prendre le dossier des citoyens pour mener les démarches préliminaires à leur place contre un montant forfaitaire. « Cela nous soulage », a déclaré André, un des citoyens rencontrés dans le premier arrondissement de Porto-Novo. « J’ai mes occupations journalières et je ne peux pas attendre dans un long file», fait-il observer. Instituteur dans une école publique, Robert jure qu’il ne parvient pas à se faire enrôler un samedi. « Il y a trop de monde alors que je ne peux pas laisser les enfants pour aller faire cette opération », explique-t-il. Aussi, souhaite-t-il que le délai de la fin des opérations soit rallongé pour permettre à tous d’être dans la base de données du Ravip.
Martial Agoli-Agbo (Br Ouémé-Plateau)
Grande affluence dans le Zou et les Collines
Dans le cadre de la confection de la Liste électorale informatisée (Lei), l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) a lancé, le 16 mars 2022 dans tous les arrondissements du Bénin, une opération de collecte d’informations complémentaires. Les citoyens béninois ayant déjà l’âge de voter ou pouvant avoir l’âge de voter au 8 janvier 2023 et qui ont fait le Ravip alors que par le passé, ils n’ont pas participé au processus électoral, ils n’ont pas fait la Lépi, ils n’ont pas eu de cartes Lépi, ils n’ont jamais voté mais ont quand même fait le Ravip sont concernés par ladite opération. Deux semaines après le lancement, les populations de Bohicon et d’Abomey continuent d’affluer vers leurs arrondissements pour se faire enrôler. Dans le deuxième arrondissement de Bohicon par exemple, le nombre de personnes enregistrées chaque jour dépasse la prévision journalière. « Ici, nous sommes débordés », a laissé entendre Gérard Adongnibo, le responsable de ce poste. Déjà au petit matin vers 5 heures du matin, les concernés se pointent dans leurs postes dans le but de vite se faire recenser déjà à l’ouverture du bureau. Cette option qu’elles ont faite n’arrive pas à combler leurs attentes. Parmi bon nombre ne parviennent pas à se faire recenser avant la fermeture à 17heures. «Moi, je suis là depuis 6heures, mais je n’ai pas pu être enregistrée parce qu’il y a trop d’affluence », a confié Marguerite Hêkpazo. Comme elle, une vingtaine de personnes ont été renvoyées parce que le bureau a clôturé la journée. Donc, elles sont bien obligées de revenir demain pour reprendre les rangs. Sara Aïgba, l’un des agents justifie cette situation par non seulement l’affluence, mais également les faibles bactéries qui se déchargent aussi vite. Ce qui fait perdre aussi du temps. Au regard de cet engouement qui est noté, elle a indiqué que l’Anip a raison de lancer cette phase complémentaire étant donné que le nombre de ceux qui sont concernés était très important. A Vidolé, Hounli, Djègbé et à Agbokpa dans la Commune d’Abomey, c’est le même constat. Par contre, dans les arrondissements de Gnidjazoun, de Saclo, Lissèzoun l’affluence du départ a quelque peu baissée. Dans les autres Communes des départements du Zou et des Collines, la situation n’a pas varié. Face à cette affluence, Sara Aïgba estime que le délai des 30 jours ne va pas suffire pour pouvoir prendre en compte tout ce monde. Alors, elle suggère aux responsables de l’Anip une prorogation du délai ou au pire des cas, d’envisager d’autres formules ou de dédoubler l’équipe pour permettre d’enregistrer la majorité.
Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)

















