Bonjour président, vous venez d’assister à la célébration du 65ème anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. Vous avez suivi la parade militaire, le défilé avec la participation de la troupe ivoirienne et les deux tableaux qui ont été présentés. Quelles sont vos impressions ?
Ce sont des impressions de satisfaction et de fierté nationale de réécouter le Président de la République, la fois dernière, parlant aux jeunes, qui a parlé de souveraineté, qui dit la souveraineté, c’est savoir s’affirmer dans la dignité, c’est ça la souveraineté, être indépendant, c’est ça. Dans un monde interdépendant, il faut savoir s’affirmer et on ne peut pas s’affirmer sans vigueur, sans méthode. Nous avons commencé le défilé à 10h00, ça s’est terminé à 12h00. Nous avons tous été impressionnés quand le Président Bush est venu à Cotonou. On s’est dit, mais comment il peut annoncer une heure et respecter le temps à la seconde près ? Nous savons le faire désormais. Avec le leadership du président Patrice Talon, nous savons désormais le faire. L’essentiel, c’est que cet héritage-là ne soit pas galvaudé après. Nous sommes satisfaits. À la fin, vous avez senti cette atmosphère de revoir qui a pesé sur les invités, les Béninois, ainsi va la vie. On peut travailler pour son pays en s’oubliant».
Une célébration qui est la dernière de l’ère Patrice Talon en tant que président de la République, vous l’avez dit, qui sonne comme un au revoir. Comment entrevoyez vous en tant qu’acteur politique les derniers mois de la mandature ?
Les derniers mois se passeront tel que les dix ans se sont passés. Vous avez l’impression que l’équipe gouvernementale est disloquée, pas du tout. Les gens sont à la tâche, le président Patrice Talon est sur le terrain. Les chantiers amorcés ne sont pas tous terminés, donc il faut suivre le Pag 2 qui n’est pas à son terme. C’est eux qui ne sont pas encore à sa fin. Les choses iront normalement et à chaque moment, à chaque événement, son temps, son moment. Bientôt viendra le moment de la candidature pour les législatives et pour les communales, puis la candidature pour l’élection du duo président de la République-Vice-Président de la République. Pendant ce temps, le gouvernement travaillera jusqu’au dernier moment, le temps que la nouvelle équipe prenne le relais. C’est comme ça que la démocratie devrait être conçue. La démocratie ne doit pas rimer avec pagaille, anarchie tout le temps.
Vous êtes un acteur majeur de la gouvernance de Patrice Talon, vous avez essuyé tous les revers ensemble. Aujourd’hui, au bout du rouleau, est-ce que vous avez un sentiment de fierté d’avoir contribué à quelque chose qui est en train de porter ses fruits ?
Vous avez dit ce que j’allais dire, nous l’avons fait. S’il y a un sentiment à avoir, c’est de dire que nous avons contribué à cela. C’est cela la satisfaction que l’on peut avoir. Et si le président Talon est porté en triomphe, on aimerait se voir dans son sillage. Parce que vous avez dit, nous avons subi les insultes. Quand on a pris les décisions qui n’étaient même pas comprises, on nous a insultés. Après, on comprend. Tout n’est même pas encore compris. C’est dans le temps. Quand le Béninois comprendra que le président Patrice Talon n’a pas fait les choses pour lui-même, ni pour sa famille, ni pour ses proches, tout le monde comprendra davantage l’effort qu’il nous a demandé de faire. C’est parce que certains ont pu glisser dans les têtes que tout ce qu’il demande comme sacrifice était pour lui-même et pour son confort personnel. Aujourd’hui, le Béninois commence avec la distance pour comprendre que rien n’en est et que c’est pour un engagement pour le pays. Vous voyez un peu ce qui se passe aux Etats-Unis. Nous ne pouvons pas nous affirmer si nous ne sommes pas riches. C’est de cet enseignement donné qui va impacter notre pays pendant longtemps. C’est ce que nous souhaitons. Ce n’est pas une question d’hommes. Quand on dit qu’il faut maintenir les acquis, ce n’est pas nous. Mais il faut continuer à maintenir cet élan de transformation structurelle du pays, cet élan de réformes économiques, de réformes du secteur de la culture et du tourisme. Tout ce qu’on voit là, les gens se demandent où est-ce que nous avons trouvé l’argent. Mais c’est l’argent du contribuable béninois qu’on a su bien gérer».
Propos recueillis par Gabin Goubiyi


















