Cadre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cédéao), Constant Gnacadja a soutenu, mercredi 16 septembre 2026 à Dakar, une thèse de doctorat consacrée à l’alerte précoce et à la diplomatie préventive de l’organisation régionale au Burkina Faso. Il a obtenu la mention Très honorable, assortie des félicitations du jury.
Nouvelle consécration académique pour Constant Gnacadja. Cadre de la Cédéao depuis plusieurs années, il est désormais docteur en gouvernance, paix et développement. Il a défendu son travail de recherche à la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, devant un jury composé d’universitaires. La thèse a été dirigée par le Professeur Ibou Sane, Professeur titulaire à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Intitulée « Évaluation des interventions de la Cédéao en matière d’alerte précoce et de diplomatie préventive au Burkina Faso », la recherche s’intéresse à une problématique majeure de la stabilité régionale, la capacité de la Cédéao à transformer les signaux annonciateurs de crise en décisions et en actions de prévention.
De l’alerte à l’action, le défi de la réactivité
Depuis sa création en 1975, la Cédéao a progressivement élargi ses missions aux questions de paix, de sécurité, de démocratie et de gouvernance. Elle s’est ainsi dotée de plusieurs instruments de prévention et de règlement des conflits, dont le mécanisme de prévention, de gestion et de règlement des conflits, le Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance et le système régional d’alerte précoce Ecowarn.
C’est précisément le fonctionnement de cette architecture que Constant Gnacadja a choisi d’interroger, à travers le cas du Burkina Faso. Sa recherche prend notamment en compte les crises sociopolitiques de 2014-2015, liées à la tentative de modification de l’article 37 de la Constitution sous la présidence de Blaise Compaoré, ainsi que la mise en place des Mécanismes nationaux d’alerte précoce et de réponse (Mnapr). Pour mener ses travaux, le chercheur a combiné recherche documentaire, analyse de discours, entretiens semi-directifs, observation directe et approche quantitative. L’étude met en évidence l’existence d’instruments régionaux de prévention, tout en soulignant les défis liés à leur mise en œuvre. La rapidité de la décision, la coordination entre institutions, les capacités de réaction et la proximité avec les populations apparaissent comme des facteurs déterminants pour l’efficacité de la prévention. Cette réflexion prend une dimension particulière au regard du parcours du nouveau docteur. Son expérience professionnelle au sein de la Cédéao se trouve désormais renforcée par une expertise scientifique dans les domaines de la gouvernance, de la paix, de l’analyse des risques, de l’alerte précoce et de la diplomatie préventive.
À travers cette double expérience de praticien et de chercheur, Constant Gnacadja pourrait ainsi contribuer davantage aux réflexions sur l’amélioration des mécanismes régionaux d’anticipation et de prévention des crises en Afrique de l’Ouest.


















