Invitée à s’exprimer devant des parlementaires de la Cédéao à Cotonou, Geneviève Adje, présidente du Cercle de réflexion des opérateurs économiques du Bénin a dénoncé l’instabilité des politiques d’importation et le zèle des douaniers de certains pays de la zone. Son cri d’alarme met en lumière le fossé entre les textes de libre-échange et la réalité étouffante subie par les promoteurs et promotrices de produits locaux.
Le ton est monté d’un cran au Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Prenant la parole au nom des commerçants du corridor Abidjan-Lagos, Geneviève Adje a jeté un pavé dans la mare. Avec une franchise désarmante, elle a directement interpellé les législateurs sur le statut du Ghana au sein de l’organisation, pointant du doigt le fossé immense entre les traités signés dans les salons feutrés et le calvaire quotidien des routes ouest-africaines. Pour cette leader économique, la libre circulation des biens et des personnes n’est aujourd’hui qu’une illusion bureaucratique.
Des heures de blocage
Récit à l’appui, Geneviève Adje a partagé son propre traumatisme à la frontière ivoiro-ghanéenne. Pour un simple oubli de tampon de sortie sur son passeport lors d’un voyage retour dans l’urgence, l’opératrice économique s’est retrouvée traitée en suspecte par les autorités de son propre pays d’accueil. « On m’a fait voir de toutes les couleurs. J’ai dû passer des heures à leur répéter que je n’étais pas une fugitive », a-t-elle martelé. Au-delà des tracasseries administratives, elle dénonce un manque cruel d’empathie et une barrière linguistique utilisée comme une arme de harcèlement contre les commerçants francophones traversant le Ghana.
Le constat est tout aussi alarmant pour les marchandises. Promotrice de jus de fruits transformés et de produits biologiques, notamment ceux issus du célèbre centre Songhaï, Geneviève Adje déplore l’instabilité chronique des politiques d’importation et le zèle douanier aux frontières ghanéennes et togolaises. Alors que ces produits locaux devraient circuler librement pour nourrir la région, ils se heurtent à des barrières tarifaires et des contrôles sanitaires imprévisibles.
Un appel vibrant à la fraternité africaine
« Les problèmes de papiers, c’est en Europe ou aux États-Unis qu’on nous traite ainsi. Mais nous sommes entre nous, Africains », s’est-elle exclamée dans un vibrant plaidoyer. En rappelant que la fraternité humaine et le panafricanisme doivent impérativement primer sur les exigences administratives, Geneviève Adje a mis les parlementaires face à leurs responsabilités. Si la Cédéao veut véritablement devenir une « Cédéao des peuples », elle doit de toute urgence discipliner ses agents frontaliers et fluidifier ses corridors commerciaux.
















