Alors même que rien n’a encore commencé, les députés de l’opposition (Les démocrates) siégeant au Parlement depuis quelques jours pour le compte de la 9ème Législature s’illustrent déjà par des actes peu rassurants. Ils donnent l’impression de gens qui marqueront leur mandat parlementaire par la distraction, en lieu et place de véritables débats d’idées. Pour les deux sessions tenues au cours de la semaine dernière, ils ont manqué l’occasion de rassurer leurs électeurs et de convaincre l’opinion publique de la nécessité de leur mandat respectif. Et pour cause…
Deux faits justifient le mauvais pas des députés de l’opposition (Les démocrates) élus sous la coupole du parti Les démocrates et représentés au sein de la 9ème législature. Le premier a rapport au contenu du discours de constitution du groupe parlementaire Les démocrates lu par l’élu parlementaire Nourénou Atchadé le dimanche 12 février 2023, jour d’installation de la 9ème Législature. Ce discours, au lieu de mettre un accent sur les chantiers politiques sur lesquels le parti compte orienter ses actions au cours de cette Législature, a plutôt fait le réquisitoire maladroit du régime de Patrice Talon. En effet, Les démocrates sont allés sur un terrain qui n’est pas de leur niveau et ont dit des choses que même le dernier des Béninois vivant dans le plus profond village est en mesure de démentir.
L’opposition (Les démocrates), pour sa première sortie politique à l’Assemblée nationale a attaqué son adversaire au mauvais endroit. On peut tout reprocher à Patrice Talon et son régime, mais, pas du tout la gouvernance politique, économique et sociale. Car, il s’agit de domaines dans lesquels il a battu le record en matière de performances depuis qu’il est au pouvoir. Si au début de son mandat, c’était des discours, des incantations et même encore des annonces, les Béninois ont eu le temps de se rendre à l’évidence et de commencer par jouir pleinement des fruits du travail qui se fait. Point n’est besoin d’évoquer des chiffres ; de diffuser des images ou encore de chercher à convaincre quelqu’un du travail fait pour créer des conditions de travail et de stabilité pour les femmes, les jeunes, les agriculteurs et même les fonctionnaires de l’Etat. Il suffit juste de poser la question aux Béninois; pour s’en convaincre. En tout cas, si l’on refuse même de croire aux autres, on devrait tout de même se faire confiance, soi-même. Le député Atchadé, porteur du message creux peut même témoigner, en toute honnêteté, que son niveau de vie, de cinq ans à ce jour, a changé. Il devrait en être de même pour chacun des 28 députés du parti Les démocrates et leurs familles respectives.
En vérité…
Patrice Talon n’est pas parfait. Il l’a toujours reconnu. Et nul n’est d’ailleurs parfait, si ce n’est le Créateur de l’Univers, lui-seul. S’il devait exister des acteurs politiques de ce pays pour critiquer la gestion du régime de Patrice Talon, serait-il les leaders du parti Les démocrates? S’il devait exister des gens pour corriger les éventuelles imperfections du régime actuel, serait-il Atchadé et ses camarades ? A moins qu’ils se démarquent de leur leader, le président Boni Yayi, président d’honneur du parti et prédécesseur immédiat de Patrice Talon. Sinon, ils ne sont pas qualifiés pour ce job. S’ils ont déjà oublié les hauts faits et scandales ayant marqué la gouvernance de leur leader et la grande corruption de l’administration ainsi que la gestion hasardeuse de l’Etat, l’improvisation, l’émotion incontrôlée, la générosité nocive et le manque de vision ayant caractérisé le régime précédent, le peuple béninois, quant à lui, n’a pas oublié d’où il vient.
Nourénou Atchadé et ses camarades ont oublié de bien analyser leur discours, comparer leurs reproches à la gouvernance de leur leader avant de venir le lire le dimanche 12 février 2023. Et en fait, c’est là, la vraie agitation. Ils étaient pressés, alors que rien ne les pressait. Ils pensaient impressionner l’opinion publique, alors que ce fut l’effet contraire. Et comme on le dit souvent, on garde de vous, la première impression qu’on a de vous.
Le deuxième fait
L’acte 2 qui qui confirme le mauvais départ des députés du parti Les démocrates à l’Assemblée nationale concerne leur attitude adoptée le jeudi 16 février 2023, soit quatre jours après leur installation marquée par la gaffe évoquée ci-haut. En effet, les députés du parti Les démocrates, représentant l’opposition et donc, la minorité parlementaire, ont tous quitté l’hémicycle alors que se déroulaient les travaux de mise en place des commissions permanentes. Point n’est besoin d’aller dans les détails pour dire qui a raison ou pas, entre eux et leurs adversaires de l’Union progressiste Le renouveau (Up Le renouveau) et le Bloc républicain (Br). Mais des témoins ont rapporté que tout est parti de l’élection des instances dirigeantes des commissions techniques du Parlement. Comme l’exigent les textes, chaque député s’est inscrit dans l’une des commissions. Chaque commission est dirigée par un bureau de cinq membres à savoir : un président, un vice-président, un 1er rapporteur, un deuxième rapporteur et un secrétaire. Chacun des responsables est élu par ses pairs. Ce qui signifie que la majorité parlementaire pourrait s’arroger tous les postes, sans problème. Mais, l’Up Le renouveau et le Br, pour montrer leur esprit d’ouverture, se sont accordés pour laisser au niveau de chaque bureau des commissions, une place sur cinq à leurs adversaires de la minorité.
Les sources de Le Matinal ont rapporté que Les démocrates ont boudé la suite des travaux au Parlement parce qu’ils auraient voulu, non seulement siéger au sein des bureaux des commissions mais aussi pour en obtenir la présidence. Nos sources proches du Parlement indiquent que les membres des bureaux des commissions perçoivent des émoluments. En tout cas, les quatre autres sont mieux rémunérés que le Secrétaire. Mais il est important de préciser que le fait de ne pas être dans le bureau d’une commission ne fait perdre aucun droit au député. Il aura droit à toutes les informations et à tous les débats. Autrement dit, même si la majorité parlementaire ne laissait aucun poste à la minorité, cela n’entacherait en rien leur mission de député.
Alors, pour un simple poste dans une commission, donnant droit à des privilèges, doit-on vider le Parlement, et donc, s’absenter au nom des milliers de mandants ? Nous sommes seulement au début où aucun vrai débat n’a commencé encore. Pourquoi cette attitude frisant l’attachement aux intérêts personnels ? Les Démocrates sont-ils allés au Parlement pour des questions d’intérêts personnels, de postes ou bien ils y sont allés pour un combat à eux assignés par leurs mandants ?
En tout cas, pour ceux qui ont suivi ces deux actualités, il y a lieu de se poser des questions sur l’avenir de ces 28 ambassadeurs de l’opposition (Les démocrates) au Parlement (9ème législature). Deux séances en un intervalle de quatre jours et déjà, l’opposition a sorti toutes ses cartes. Si au premier jour, ils ont tenu un discours sévère envers le régime en place et qu’au quatrième jour, ils vident le Parlement à cause des questions d’intérêt, que restera-t-il encore à démontrer au peuple au cours des trois années ? Ils vont peut-être taper sur leur table ou jouer de la musique au sein de l’hémicycle ou encore, organiser un pugilat. Sinon, on a déjà tout vu d’eux en moins d’une semaine, pour rien du tout.
Abdourhamane Touré



















