La bibliothèque nationale sise à Porto-Novo a servi de cadre à un atelier de présentation de l’association Ecole Hogbonou fondée en France par Fabiola Badoï dont l’objectif est de créer un creuset d’échanges entre artistes en vue de la promotion de l’art africain et béninois dans le concert des nations. C’était le vendredi 25 septembre 2026 en présence de Carine Guimbard, envoyée de la fondatrice, des artistes plasticiens et d’enseignants-chercheurs.
Sortir l’art africain de l’ornière. C’est la vision principale de l’association Ecole Hogbonou fondée par Fabiola Badoï et plusieurs intellectuels béninois. A travers une vidéo conférence, la promotrice a indiqué que l’école de Hogbonu considère que des formes différentes, en sourdine, d’un art non séparé de la vie puissent être expérimentées. A l’en croire, orientée vers un renouveau du paysage artistique du Bénin, ladite école propose une ligne poétique qui défend un art en retrait, une création artistique qui tend à réduire la production matérielle d’œuvres. « Elle propose de créer avec un minimum de moyens, de redorer les blasons de la rêverie, de la paresse, du repos, de la contemplation, de la convivialité, comme éléments défensifs et protecteurs naturels, comme décélération et temps nécessaires pour la liberté de penser. Un temps de découverte et d’errance. Un lieu carrefour pour la transmission, le partage de savoirs, des incertitudes, des récits… Elle propose de réfléchir à un art dans la vie, affranchi du marché de l’art, qui n’a pas peur de l’errance, du doute, de la paresse, et sait en faire un temps riche, nécessaire. En même temps, comme elle n’est pas doctrinaire, et qu’elle prend en compte les spécificités d’un territoire, elle s’abstient d’imposer des règles, son objectif est de montrer ce qui s’est fait, ce qui est en train de se faire….. », a-t-elle fait savoir.
Face à la presse, Carine Guimbard a soutenu que l’objectif de cette école est d’interagir les uns et les autres d’une manière différente d’une école classique et travailler ensemble avec des personnes venues de diverses disciplines. C’est à destination des artistes béninois, mais ce seront des invités qui viendront de plusieurs disciplines de la géologie à la danse contemporaine, à l’architecture. L’idée est de créer des échanges pour pouvoir avoir une idée un peu différente du travail et en être en réaction par rapport à la société d’aujourd’hui sur quelque chose de moins itinérante, plus mouvant….. », a-t-elle déclaré. Elle a été soutenue par le professeur Didier Houénoudé, co-fondateur de l’école Hogbonou. « L’idée est partie du constat selon lequel il y a un regard extraverti sur les artistes africains et tout ce qui est lié à l’art africain. Notre ambition est de montrer que ce qu’on appelle la périphérie soit beaucoup plus visible aujourd’hui et qu’elle ait son mot à dire, lorsqu’on parle d’art. L’art africain n’est pas juste un appendice de l’Europe occidentale. L’école Hogbonou s’inscrit dans cette dynamique d’échanger avec eux venus de partout dans le monde, afin que les artistes béninois puissent se faire entendre. L’idée est surtout de partager nos connaissances sur le terrain auprès des artistes dans les ateliers…. », a-t-il expliqué. Prenant la parole, l’artiste plasticien, Donatien Aliogbonou s’est félicité de l’initiative de Fabiola Badoï. « Elle est la première personne qui a sorti un catalogue sur les artistes béninois. Après plusieurs années, elle revient sur l’idée d’une école Hogbonou pour rehausser le nom de la ville de Porto-Novo à l’extérieur. Nous n’avons pas une école d’art, les artistes sont formés pêle-mêle. Elle nous permettra d’avoir plus de connaissances….. », s’est-il réjoui.
Pour le moment, ce sont des ateliers d’échanges qui se font en vue de trouver des partenariats dans le cadre de la mise en place de l’école Hogbonou au Bénin. Elle sera effective dans deux ans.
J. Y. M (Br Ouémé-Plateau)

















