Organisé sur l’ensemble du territoire national, le scrutin présidentiel du 12 avril 2026 s’est déroulé dans un climat de sérénité et de forte mobilisation citoyenne. Alors que les premières tendances annoncent une victoire nette du candidat de la majorité présidentielle, Romuald Wadagni, plusieurs enseignements majeurs se dégagent de cette journée électorale, tant sur le plan organisationnel que politique.
Le vote s’est tenu dans le calme sur toute l’étendue du territoire national, des grandes agglomérations aux localités les plus reculées. Aucun incident majeur n’a été signalé, attestant de la maîtrise du dispositif sécuritaire et de la maturité démocratique des électeurs. Sur le plan organisationnel, la Commission électorale nationale autonome (Cena) a manifestement tiré les enseignements des consultations antérieures, notamment des municipales et législatives du 11 janvier. Dans leur grande majorité, les bureaux de vote ont ouvert à l’heure réglementaire, permettant un déroulement fluide des opérations et un dépouillement public, réalisé en présence des populations. Cette transparence a renforcé la crédibilité du processus électoral. Les premières tendances font état d’un taux de participation particulièrement élevé, susceptible d’atteindre, voire de dépasser, les 60 %, sous réserve de confirmation officielle par la Cena. Une telle mobilisation traduit l’adhésion d’une large frange de la population aux réformes politiques engagées ces dernières années, notamment la rationalisation du calendrier électoral et l’exigence de structuration nationale des partis politiques. Ce niveau de participation peut également être interprété comme un signe d’appréciation du bilan du président Patrice Talon. La dynamique observée semble ainsi profiter à son successeur désigné, dont la candidature apparaît, pour ses soutiens, comme l’inscription dans la continuité des réformes entreprises. Il convient, à cet égard, de saluer l’engagement des partis politiques et des mouvements citoyens qui ont multiplié les initiatives pour encourager la participation électorale et rappeler aux citoyens l’importance de l’accomplissement de leur devoir civique.
L’absence remarquée de l’ancien président Boni Yayi
Un fait notable a toutefois marqué cette journée électorale. Il s’agit l’absence de l’ancien président Boni Yayi à son bureau de vote. Les informations recueillies au niveau de son centre d’inscription indiquent qu’il n’a ni voté ni donné procuration à un mandataire. Une telle situation suscite des interrogations, eu égard au statut d’ancien Chef de l’État de l’homme. Dans une démocratie, les figures ayant exercé les plus hautes responsabilités sont attendues comme des modèles d’engagement républicain. Sans qu’il soit question d’orienter leur choix électoral, le vote étant un droit personnel et libre, leur présence dans les bureaux de vote constitue, en soi, un acte symbolique fort, porteur d’un message civique à l’endroit des jeunes générations. L’absence de Boni Yayi intervient dans un contexte où de nombreuses personnalités nationales ont pris part au scrutin. Elle contraste également avec l’engagement affiché par certains membres ou anciens membres de sa formation politique, dont son fils Chabi, en faveur du candidat Wadagni. En ne participant pas au vote, l’ancien président manque, selon certains observateurs, une occasion de réaffirmer son attachement aux principes républicains et de contribuer, par un geste symbolique, à la consolidation du climat de paix et de cohésion nationale. Au-delà des résultats attendus, le scrutin du 12 avril 2026 restera ainsi comme un moment fort de la vie démocratique béninoise, révélateur des dynamiques politiques en cours et des responsabilités qui incombent aux acteurs majeurs de la nation.
Gabin Goubiyi
Le Matinal du 19 septembre 2022




















