À quelques mois des élections générales de janvier 2026, certains discours ressassés sur la place publique tendent à agiter l’opinion autour d’un prétendu imbroglio institutionnel. Cette rhétorique alarmiste, qui ne repose sur aucune réalité tangible, apparaît plutôt comme l’expression d’une peur sourde : celle de voir certains acteurs politiques lourdement sanctionnés dans les urnes, incapables d’atteindre le seuil de 20 % requis pour prétendre à l’attribution des sièges.
Rien ne saurait justifier que l’on entretienne délibérément une telle psychose. Le peuple béninois, riche d’une expérience démocratique éprouvée et de la solidité de ses institutions, n’a nul besoin qu’on lui annonce un scénario de « wahala » imaginaire. Alimenter l’inquiétude, c’est fragiliser la confiance dans le processus électoral et détourner les citoyens des véritables enjeux. L’histoire politique du pays enseigne au contraire que la démocratie se consolide par la compétition loyale, la confrontation d’idées et le travail acharné sur le terrain. Les formations politiques gagneraient donc à occuper l’espace politique, à bâtir des projets crédibles et à convaincre les électeurs par la pertinence de leurs propositions, plutôt que de s’enfermer dans des prédictions apocalyptiques. Il est temps que ceux qui se livrent à ce vilain jeu se ressaisissent et choisissent la voie de la responsabilité.
La Cour constitutionnelle : une garantie contre l’impasse
Face aux appréhensions persistantes relatives au seuil de 20% imposé par le code électoral révisé, le président Patrice Talon, lors de sa rencontre avec la jeunesse le 28 juillet dernier, a tenu à dissiper les doutes. À ceux qui redoutent un blocage, il a opposé une assurance ferme : « l’impasse est impossible». Dans l’hypothèse où aucun parti ni coalition déclarée à la Céna ne parviendrait à franchir ce seuil, la Cour constitutionnelle, garante du contentieux électoral, sera saisie afin de lever les verrous juridiques et permettre la répartition des sièges. Au-delà de cette garantie, le chef de l’État a rappelé la philosophie de la réforme : inciter les formations politiques à se regrouper, à dialoguer et à bâtir des structures solides de dimension nationale. Cette exigence vise à éviter l’émiettement du paysage politique et à renforcer des pôles crédibles capables d’assurer la pérennité et la vitalité de la démocratie béninoise. Ainsi, loin de justifier les discours alarmistes, la clarification présidentielle apporte une réponse institutionnelle claire et rassurante. Elle invite surtout les acteurs politiques à troquer la rhétorique de la peur contre la stratégie, le travail de terrain et la recherche d’alliances solides. C’est à ce prix seulement que la compétition électorale de 2026 pourra être apaisée et porteuse d’une véritable consolidation démocratique.
Gabin Goubiyi




















