Où a-t-on vu le chien changer sa déhontée façon de s’asseoir? L’opposition béninoise incarnée par le parti « Les démocrates » a démontré une fois de plus son agitation fébrile et puérile dans le conflit Bénin-Niger. Alors qu’elle est espérée pour faire des propositions concrètes à même d’aider les deux nations à juguler la crise, elle a préféré faire une déclaration qui n’a rien apporté de nouveau en termes de solution à la crise. Boni Yayi et les siens sont restés superficiels dans leur approche. Nombre d’observateurs leur reprochent de faire une confusion notoire entre désaccord politique et manque de patriotisme.
« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire », conseille Wittgenstein. Par cette assertion, le philosophe enseigne de ne pas forcer le langage à dire ce qu’il ne peut pas dire, puisqu’il n’y arrivera pas de toute façon. L’opposition béninoise incarnée par le parti « Les démocrates » a pris position dans la crise Bénin-Niger laissant visiblement de côté l’attitude méprisante du Niger vis-à-vis du Bénin. La décision des autorités béninoises doit s’analyser comme une manière pour le Bénin de s’afficher et de faire prévaloir sa souveraineté et son honneur que la junte au pouvoir au Niger semble bafouer sous le fallacieux prétexte d’une présence de base militante française sur le territoire béninois.
Un coup d’épée dans l’eau
L’opposition béninoise est en train de passer visiblement à côté de sa mission qui est celle de faire des critiques objectives et constructives des actions et options du gouvernement. Au cœur des récents soubresauts diplomatiques entre le Bénin et le Niger, l’opposition politique béninoise s’est positionnée avec fermeté. Dans un communiqué diffusé par le biais de son porte-parole, Guy Mitokpè, le parti a vivement critiqué la stratégie jugée « conflictuelle » du gouvernement du président Patrice Talon, plaidant pour une approche plus consensuelle et pacifique. La crise actuelle a ainsi offert une tribune à l’opposition pour exprimer son désaccord avec la ligne diplomatique adoptée par l’Exécutif. Les démocrates ont insisté sur la nécessité d’un dialogue respectueux et inclusif pour résoudre les différends, tout en soulignant l’importance cruciale du maintien de la paix régionale. Cependant, cette prise de position semble susciter des interrogations quant à sa pertinence dans un contexte où le gouvernement béninois ne refuse plus de dialoguer avec le Niger, mais aussi remet en question »la fibre patriotique » des membres du parti d’opposition « Les démocrates ». Il est important de reconnaître que le rôle d’un parti d’opposition comme « Les démocrates » est de veiller à ce que les intérêts et les droits des citoyens soient préservés et que les actions du gouvernement soient examinées de manière plus ou moins critique. Quant à l’accusation de perdre la fibre patriotique, il est important de ne pas confondre le désaccord politique avec un manque de patriotisme. Dans tous les cas, même s’ils ont lancé un appel pour une consultation responsable entre les gouvernements des deux pays et ont insisté sur le fait qu’aucune volonté d’affrontement ne doit entâcher les relations entre le Bénin et le Niger, cette position de l’opposition sur les questions diplomatiques soulève des réflexions profondes sur le rôle de celle-ci dans la politique nationale. Alors que les débats, les commentaires et les insinuations perdurent, une chose réalité persiste : dans une démocratie dynamique, la voix de l’opposition reste un élément essentiel dans le débat public et de la gouvernance équilibrée. L’opposition est donc invitée à bien réfléchir avant d’aborder des enjeux sensibles ou diplomatiques.
Abdourhamane Touré




















