En huit années de gestion du pouvoir, le président Patrice Talon a fait du social un pilier important de sa gouvernance. Les actions sociales proprement dites représentent 32% du montant global du Pag 2021-2026, soit 3.779 milliards de fcfa. Un engagement du régime de la rupture à sortir la population béninoise de la pauvreté et à assurer le mieux-être. A l’heure du bilan, les communautés béninoises sont satisfaites et apprécient fortement les changements opérés au niveau de la politique sociale’’.
Après huit années de gouvernance du président Talon au sommet de l’Etat, des embellies ont été notées au plan social. Cette politique sociale, à en croire le Professeur Gilles Gohy est marquée par deux situations majeures : la Covid-19 et l’opération spéciale de normalisation entre la Russie et l’Ukraine. Malgré ces chocs exogènes, le gouvernement a poursuivi l’amélioration du bien-être social des populations. Ainsi, le hautement social prôné par le chef de l’Etat depuis sa réélection est toujours d’actualité. L’Etat a créé toutes les conditions nécessaires pour la promotion de l’entrepreneuriat, seul gage du développement. Ainsi, à travers l’enveloppe consistante de 3.779 milliards de Fcfa dédiée au social dans le Pag deuxième génération, l’Etat central s’est engagé à jouer sa partition à travers l’amélioration du climat des affaires, la sécurisation des investissements, la construction des infrastructures marchandes et sociocommunautaires, la mise en place des structures de mutuelle ou d’assurance santé… Bref, tout ce qu’il faut pour assurer le mieux-être des populations n’a pas fait défaut. Des recrutements sont organisés dans les différents secteurs de l’administration à l’intention des jeunes. Ceux qui ont la chance de servir leur pays dans l’administration publique ont été sélectionnés. Il est clair que les dépenses sociales ont été au cœur de l’action du président Talon et continuent de l’être pour la période 2021-2026. Il l’a martelé dans son discours de prise de fonction en mai 2021 à Porto-Novo, ou il a promis un “mandat hautement social”. Le programme d’actions du gouvernement (Pag) était d’un montant de 9.000 milliards. Cinq ans plus tard, le Pag-2 est plus ambitieux avec un budget de 12.011 milliards de francs Cfa dont 48% sont des ressources publiques contre 52% attendus du secteur privé. Les actions sociales proprement dites représentent 32% du montant global du Pag, soit 3.779 milliards de fcfa.
Projet Arch, microcrédit, revalorisation des salaires…
Lorsqu’il a été question d’aborder le volet social dans son message sur l’état de la Nation en décembre 2023, le président Patrice Talon a fait remarquer : « Les conséquences de la dégradation de la situation dans le monde, nous les ressentons encore de plein fouet. Ainsi, sur nos marchés, il n’est point besoin d’être expert pour observer que la cherté de la vie est toujours d’actualité ». Derrière ce tableau quelque peu inquiétant, on retrouve surtout le Bénin avec des embellies sociales et le Président Talon en a rappelées dans son adresse à la Nation : « Et pourtant, cette année encore, le Bénin s’est illustré comme le pays qui a connu le taux d’inflation le plus bas dans notre sous-région, lequel s’établit autour de 3 %. Tout cela résulte bien de notre politique sociale soutenue, grâce à laquelle nous avons maintenu les subventions sur certains produits de première nécessité ou de grande consommation. En sus, la revalorisation des salaires dans des proportions historiques, intervenue en décembre 2022, a aidé à atténuer la baisse du pouvoir d’achat des travailleurs, à défaut de l’améliorer. De même, nous avons déployé des filets sociaux qui ont permis notamment à près d’un million de pauvres extrêmes de nos 77 communes de recevoir leurs cartes d’identité biométriques pour bénéficier de l’assurance-maladie. Sous ce même registre, nous avons intensifié le Projet d’inclusion des jeunes, Arch formation, les transferts monétaires, impactant ainsi plusieurs milliers d’artisans qui ont bénéficié de renforcement de capacités et, pour certains d’entre eux, de financements pour s’installer. En ce qui concerne spécifiquement les micro-crédits dont le nombre de bénéficiaires s’accroît considérablement, notre pays est classé premier de l’Uemoa en matière d’inclusion financière. Mieux, une dotation de 12 milliards de Fcfa est prévue pour 2024, pour l’octroi des crédits de 50.000 à 100.000 fcfa en vue d’optimiser les effets de ce programme », a laissé entendre le président Patrice Talon. Il va ajouter plus loin l’effectivité en 2023 de l’initiative du gouvernement qui a pour objectif, le maintien à l’école des filles issues des familles en situation. Il s’agit ici de l’attribution de 450 fcfa à chaque fille du Primaire et 600 fcfa pour les filles du secondaire, par transfert monétaire chaque jour et cela va durer trois ans.
Sceaux indélébiles
La politique sociale du Bénin, après 9 ans de gestion du président Patrice Talon, a atteint sa vitesse de croisière et se porte bien. Dans la mise en œuvre conséquente des réformes structurelles mal comprises au début du fait des politiciens véreux et intoxicateurs, les communautés béninoises en sont davantage satisfaites. Donc, elles apprécient désormais fortement cette politique sociale.
Après la mise en place des infrastructures sociocommunautaires pour faciliter la vie aux communautés (routes modernes asphaltées et durables, marchés modernes, stades omnisports, modernisation des réseaux d’eau et d’électricité,…), il y a eu la revalorisation salariale de 3 points caractérisée par les sursalaires significativement relevés pour les petits salaires. La prise de quatre décrets révolutionnaires en faveur des personnes porteuses de handicap est notable. Le projet Arch qui fit beaucoup de bruit se met certainement en marche, même si on n’en perçoit pas encore concrètement les impacts tous azimuts et le « hautement social » s’observe avec de plus en plus de visibilité dans le développement prôné par le président au début de son deuxième mandat.
Inclusion financière et accès sécurisé des femmes aux services financiers
En 2021, le taux de bancarisation strict du Bénin était de 34,7% alors que le taux d’inclusion financière qui comprend les personnes ayant des comptes de monnaie électronique s’affichait à 85,5%. D’ici 2027, les autorités veulent faciliter un accès sécurisé des populations aux services financiers.L’adoption de la politique nationale de développement de la microfinance 2023-2027 est un pas important posé par les autorités gouvernementales. Ce mécanisme innovant a permis de mettre à la disposition du ministère en charge de la Microfinance, un nouveau document de référence pour le sous-secteur afin qu’il soit en cohérence avec les orientations stratégiques et le programme d’actions du gouvernement. Développer de façon concrète des mécanismes innovants relativement au financement agricole et à la finance responsable au profit des jeunes et des femmes au-delà des financements classiques. C’est ce qui justifie l’adoption de la Politique nationale de développement de la microfinance 2023-2027. « Elaborée suivant une approche participative ayant regroupé tous les acteurs impliqués, la présente Politique postule qu’‘à l’horizon 2027, le Bénin dispose d’un secteur de microfinance assaini, professionnel, novateur, inclusif et responsable qui contribue efficacement à l’accès durable de l’ensemble de la population aux services financiers diversifiés’’ », a notifié le condensé du Conseil. Ayant fait remarquer que la politique nationale tire les enseignements des insuffisances relevées dans les pratiques antérieures et entend favoriser une plus grande efficacité du dispositif de microfinance au profit des bénéficiaires, le Conseil a estimé que pour y arriver, elle se décline en trois objectifs stratégiques que sont : renforcer la veille, le suivi et les réformes d’assainissement du secteur, améliorer le dispositif institutionnel et managérial des systèmes financiers décentralisés et adopter le numérique et le digital dans les transactions et les opérations des systèmes financiers décentralisés.« Par ailleurs, un accent particulier est mis sur le suivi-évaluation qui se fera de manière plus rapprochée nonobstant les études et enquêtes à effectuer à des échéances régulières pour davantage de rigueur dans l’implémentation de cette Politique », peut-on lire dans le relevé du conseil. Selon le compte rendu du conseil, le précédent document de politique est arrivé à terme et il importe de doter le ministère en charge de la Microfinance d’un nouveau document de référence pour le sous-secteur qui soit en cohérence avec les orientations stratégiques et le programme d’actions du gouvernement. La ministre des affaires sociales et de la microfinance est instruite pour y veiller particulièrement.
Ne pas dormir sur ses lauriers
Malgré de bonnes performances par rapport à ses pairs ouest-africains, les chiffres de l’inclusion financière au Bénin restent à améliorer. Selon le rapport 2021 sur l’inclusion financière dans l’Uemoa, le Bénin affiche le taux de bancarisation strict (pourcentage de la population adulte détenant un compte dans les banques, dans les services postaux et les caisses nationales d’épargne et le Trésor) le plus élevé de l’Union à 34,7%. Concernant le taux global d’utilisation des services financiers (Tgusf) ou taux d’inclusion financière, celui-ci s’affiche dans le pays à 85,5%, porté notamment par le nombre d’adultes possédant un compte de monnaie électronique.D’après le gouvernement béninois, la nouvelle stratégie d’inclusion financière doit faire en sorte que « les populations bénéficient d’une éducation financière et aient un accès sécurisé aux produits et services financiers adaptés, dans un cadre légal et réglementaire adéquat ».Ce projet dont le coût n’est pas précisé est financé par le budget national béninois ainsi que par des partenaires techniques et financiers.
L’assainissement du secteur, une priorité
Les structures de collecte de l’épargne ou d’octroi de crédits opérant sans aucune autorisation de l’autorité compétente n’ont plus désormais leur place au Bénin. C’est ce qui ressort des journées communales d’assainissement du secteur de la microfinance, organisées en juin dernier par l’Agence nationale de surveillance des systèmes financiers décentralisés (Anssfd). Le signal a été donné depuis la partie septentrionale du pays notamment dans la commune de N’dali.Ces journées conduites par Abdou Rafiou Bello, directeur général de l’Agence nationale de surveillance des systèmes financiers décentralisés, ont été meublées de discussions sur les rôles et responsabilités des collectivités locales dans l’assainissement du secteur de la microfinance au Bénin. Depuis 2016, a-t-il rappelé, des actions et réformes ont été menées dans ce secteur. «Ce qui fait que, depuis 3 ans, le Bénin est le champion de l’inclusion financière dans notre sous-région, les huit pays avec lesquels nous partageons le franc Cfa », s’est-il réjoui. Mais en dépit de tout ce qui se fait, déplore-t-il un peu plus loin, il y a le phénomène de l’exercice illégal de l’activité de microfinance qui est resté prégnant. Toutefois, confie-t-il, un travail est fait pour assainir le secteur et lutter contre les structures illégales. «Mais le constat est que, malgré tout ce que nous faisons, les populations continuent d’aller vers ces structures », regrette-t-il. Au-delà de la répression, il est donc nécessaire d’impliquer les acteurs à la base dans ce combat. D’où, selon Abdou Rafiou Bello, l’importance de ces journées. L’objectif, c’est de renforcer la sensibilisation des populations locales aux défis liés à l’assainissement du secteur de la microfinance, tout en impliquant les élus communaux, les chefs de quartier et de village, dans la lutte contre les pratiques illégales. « Dans le secteur de la microfinance, nul ne peut, sans avoir préalablement été agréé par le ministre d’Etat de l’Economie, des Finances et de la Coopération, être inscrit sur la liste des Systèmes financiers décentralisés (Sfd), exercer l’activité de microfinance ou se prévaloir de la qualité d’institution de microfinance, ni créer l’apparence de cette qualité », a averti le directeur de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés, Ignace Dovi. « Le secteur de la microfinance est règlementé et les prestataires de services que sont les institutions de microfinance agréées par le ministre en charge de l’Economie et des Finances, sont sous sa supervision et celle de la commission bancaire de la Bceao », poursuit-il. A l’occasion, l’assistance a pris connaissance de la liste des institutions de microfinance agréées en qualité de Sfd au Bénin. Au nombre de 106, elles sont toutes membres de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés. « C’est la loi portant règlementation des Sfd en République du Bénin qui les y oblige », a soutenu Ignace Dovi. « Toute autre institution se prétendant être de la microfinance et n’ayant pas son nom sur cette liste est illégale et devrait être dénoncée sans délai au ministre en charge des Finances », a-t-il mis en garde.
Sergino Lokossou



















