Après la rentrée scolaire et universitaire à l’approche des fêtes de fin d’année, la multiplication des cas de vol de motos dans le Grand Cotonou et es environs suscite une nouvelle fois l’inquiétude des usagers. De Cotonou à Abomey-Calavi, en passant par plusieurs quartiers périphériques, les propriétaires de motocyclettes semblent de plus en plus exposés à l’action de voleurs qui profitent des moments d’inattention, de l’obscurité ou de certains espaces insuffisamment sécurisés. Une situation qui appelle à la prudence des citoyens, mais également à une adaptation permanente des stratégies de sécurisation par les forces de défense et de sécurité.
Dans la nuit du dimanche au lundi, une motocyclette a notamment été dérobée à quelques encablures de l’église Christ Roi de Djadjo, dans la commune d’Abomey-Calavi. Le vol serait intervenu durant la nuit, dans un contexte où les déplacements deviennent moins importants et où certains axes et espaces résidentiels sont moins fréquentés. Un autre cas a été signalé le lundi, aux environs de 21 heures, dans le quartier Agla à Cotonou, non loin d’un commissariat de police. Ce dernier fait rappelle que la proximité d’un dispositif sécuritaire ne suffit pas toujours à dissuader les malfaiteurs, lesquels peuvent agir rapidement et exploiter la moindre faille. Ces cas, qui s’ajoutent à d’autres signalements intervenus ces derniers temps, méritent une attention particulière à l’approche des périodes de forte activité commerciale et de déplacements liées aux fêtes de fin d’année. Cette période peut en effet créer un environnement favorable aux actes de délinquance. Affluence accrue dans les marchés et commerces, mouvements importants de personnes, stationnement massif des motos et circulation jusque tard dans la nuit.
Une menace qui appelle une adaptation du dispositif
Les forces de sécurité publique ne restent pas inactives face à cette situation. Les opérations de contrôle, les patrouilles et les actions de prévention et d’interpellation contribuent au quotidien au maintien de la sécurité dans les grandes agglomérations. Mais la persistance de certains cas de vols invite à renforcer la vigilance et à adapter les méthodes de surveillance aux nouveaux modes opératoires des réseaux de voleurs. Dans les grandes villes comme Cotonou et Abomey-Calavi, le renforcement des patrouilles nocturnes dans les zones identifiées comme sensibles, la surveillance des axes secondaires et des espaces de stationnement, ainsi qu’une meilleure exploitation des renseignements de proximité pourraient contribuer à réduire les risques. Une attention particulière pourrait également être accordée aux heures où les déplacements diminuent et aux zones situées à proximité des lieux de forte fréquentation. La lutte contre le vol de motos ne saurait toutefois relever des seuls services de sécurité. Elle exige aussi la responsabilité des propriétaires. Stationner dans des endroits éclairés et fréquentés, utiliser des dispositifs antivols fiables, éviter de laisser les clés sur les engins et signaler rapidement tout comportement suspect sont autant de précautions susceptibles de compliquer la tâche aux malfaiteurs. La répétition de ces incidents constitue surtout un signal à prendre au sérieux. À quelques mois des fêtes de fin d’année, le renforcement de la sécurisation des grandes villes du pays apparaît comme un enjeu important. L’objectif n’est pas seulement de multiplier les contrôles, mais de faire évoluer le dispositif en fonction des réalités du terrain, afin que la mobilité des citoyens ne devienne pas une source permanente d’inquiétude. La vigilance doit donc être collective, mais aussi constante du côté des forces de sécurité, appelées à redoubler d’efforts pour anticiper les nouvelles formes de criminalité urbaine.
Sergino Lokossou


















