A Natitingou, la protection de l’enfant reste un défi majeur qui interpelle tous les citoyens. Le Comité communal de protection de l’enfant entend renforcer la mobilisation et la sensibilisation autour de cette question et appelle les différents acteurs à jouer pleinement leur partition pour garantir aux enfants un environnement sûr, protecteur et favorable à leur épanouissement.
Cet appel intervient à la suite d’une revue de la situation de la protection de l’enfant couvrant la période de mai à août. Les résultats de cette revue font apparaître des constats préoccupants, marqués par plusieurs cas de violences et d’atteintes aux droits des mineurs. Au cours de la période considérée, plusieurs situations de violences sur mineurs ont été rapportées. Il s’agit notamment de cas de viol, d’enlèvement, de tentative d’avortement et de mariages précoces, concernant parfois des enfants âgés seulement de 12 à 14 ans. Derrière ces chiffres et ces faits, ce sont des enfants dont l’enfance, la sécurité et parfois l’avenir sont directement menacés. Des situations qui, selon le Comité communal de protection de l’enfant, nécessitent une réponse collective, rapide et coordonnée. Les arrondissements les plus figurants se trouve l’arrondissement de Kouaba, où environ sept cas ont été relevés au cours de la période de mai à août. Plusieurs de ces situations concernent notamment des grossesses chez des mineures et des cas d’enlèvement d’enfants. La situation enregistrée à Kouaba constitue un véritable signal d’alerte pour les acteurs de la protection de l’enfant. La répétition des cas montre la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention, d’alerte, de prise en charge et de suivi des enfants exposés aux violences. Face à ces constats, le Comité communal appelle à une implication accrue de tous les acteurs : parents, leaders communautaires et religieux, enseignants, services sociaux, forces de défense et de sécurité, autorités locales, organisations de la société civile et communautés. La protection de l’enfant ne pourrait en effet être l’affaire d’un seul service ou d’une seule institution. Elle exige une vigilance permanente de la communauté et une réaction rapide dès qu’un enfant est exposé à une situation de danger. Le Comité communal de protection de l’enfant appelle ainsi les différents acteurs à renforcer la sensibilisation des familles et des communautés sur les droits de l’enfant et les conséquences des violences, des mariages précoces et des autres formes d’exploitation ou de maltraitance. Chacun de nous doit créer un environnement dans lequel les enfants peuvent parler, être écoutés et bénéficier rapidement d’une assistance lorsqu’ils sont victimes ou exposés à des violences. Les parents sont particulièrement appelés à renforcer leur vigilance et leur dialogue avec leurs enfants. Quant aux acteurs communautaires, ils sont invités à ne pas banaliser les situations suspectes et à contribuer au signalement des cas afin que les mécanismes appropriés de protection puissent être activés. Les constats issus de la revue couvrant les mois de mai à août constituent un rappel de l’urgence d’agir. Lorsqu’un enfant de 12, 13 ou 14 ans est victime de violence, exposé à un mariage précoce, enlevé ou confronté à une grossesse, c’est toute la communauté qui est interpellée. A Natitingou, le Comité communal de protection de l’enfant invite les forces de l’ordre à agir sans complaisance afin de décourager ceux qui veulent gâcher l’avenir des enfants. Protéger l’enfant, c’est protéger son présent, mais aussi préserver l’avenir de toute la nation. L’enjeu est désormais de transformer les constats en actions concrètes.
Géraud Adoukonou (Br Atacora-Donga)


















