La réforme structurelle dans le secteur de la décentralisation ne met pas de côté les acteurs de l’Association nationale des communes Bénin (Ancb). Tout au long du processus, l’Association prend une part active. A côté de cette implication, l’approche genre n’a pas été négligée. Dans le choix des secrétaires exécutifs, 34% sont des femmes. Une dynamique qui se poursuivra certainement.
L’Ancb toujours active aux côtés du gouvernement
Déjà en 2020, le ministre de la décentralisation faisait un bon témoignage de l’Association nationale du Bénin. « La collaboration est très bonne. Vous savez que le rôle de l’association c’est de faire partager par les maires les bonnes pratiques, les bonnes expériences. C’est d’aider aussi les maires à entrer en relation avec des partenaires. Et c’est d’organiser, c’est d’améliorer à travers des échanges, la gestion des communes. Et je crois que l’Ancb joue pleinement ce rôle-là. Nos relations sont très bonnes. Vous avez vu, nous avons inauguré le siège de l’Ancb. L’Etat a contribué pour cent millions de francs Cfa. C’est l’Aimf, l’Association Internationale des Maires Francophones qui a débloqué deux-cents millions et a exigé que la contrepartie soit payée par l’Ancb. C’est l’Etat qui a payé cette contrepartie qui est de cent millions de francs Cfa. Le chef de l’Etat a spontanément adhéré. Il a accepté la demande et puis l’argent a été débloqué. C’est ça qui nous a permis d’avoir ce siège-là. C’est le fruit de la bonne collaboration entre l’Ancb et le ministère. Notre collaboration est parfaite avec l’Ancb. Ça se passe très bien», a laissé entendre Alassane Seidou.
La preuve de la collaboration de l’Ancb
L’Ancb est au cœur des pas posés par le pouvoir en place pour donner de la plus-value. Elle est entièrement
impliquée dans le processus de la réforme structurelle du secteur de la décentralisation et ne cesse jamais d’encourager les membres à travailler pour le succès de la décentralisation au Bénin. Par exemple, sur l’installation des conseils de supervision, l’Ancb a fait sortir un communiqué le 14 septembre 2022, pour encourager l’initiative. « Par divers canaux, l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb) apprend que l’installation officielle des conseils de supervision a démarré et se poursuit dans les communes. L’Ancb salue et soutient fortement ce processus qui devrait contribuer à asseoir davantage la réforme engagée il y a peu dans le secteur de la décentralisation. En effet, en l’absence de cet organe politique créé par le code de l’administration territoriale, l’administration communale qui est entrée dans un nouveau paradigme de gestion, a dû faire face à quelques difficultés voire des blocages institutionnels. C’est donc heureux de constater que son installation est devenue aujourd’hui une réalité dans les communes. Pour un fonctionnement optimal et efficace des conseils de supervision, l’Ancb voudrait inviter la Cellule de suivi et de contrôle de la gestion des communes à mettre à la disposition des membres desdits conseils, les outils nécessaires au bon accomplissement de leur mission. L’Ancb voudrait enfin féliciter le Gouvernement du Bénin pour toutes les initiatives prises en vue de la réussite de la réforme structurelle du secteur de la décentralisation.
Les femmes et la décentralisation
En 2020, le ministre Alassane s’est prononcé sur le positionnement des femmes dans la perspective des communales. Pour lui, le positionnement des femmes intéresse le gouvernement. « Ce sont les partis politiques qui positionnent les femmes, ce n’est pas le gouvernement. Mais ce que je sais c’est que le Chef de l’Etat est très favorable à cela. Il insiste pour que les femmes soient positionnées et de façon à être élues. C’est dire qu’il faut donner les meilleures positions aux femmes pour qu’on ait au niveau des prochains conseils des femmes qui soient des maires, des maires adjointes… Donc, le positionnement des femmes c’est l’affaire des partis politiques tels que je le dis. Pour les partis de la mouvance, nous sommes en train de travailler dans ce sens-là. Et je pense que c’est une très bonne chose. Il faut que les femmes participent de plus en plus à la prise de décision et puis à la vie de la communauté », a-t-il dit. Mais, lors de la désignation des secrétaires exécutifs, le gouvernement n’a pas hésité à instituer un quota pour les femmes. « Le gouvernement continue de démontrer son engagement pour l’approche genre. Lors de la cérémonie de tirage au sort des secrétaires exécutifs des mairies conformément au Code de l’administration territoriale, le ministre d’État chargé du développement et de la coordination de l’action gouvernementale, président du comité de supervision du processus a annoncé qu’une discrimination positive sera opérée en faveur des femmes inscrites dans la base de données. Ainsi, sur les 77 postes de secrétaire exécutif, 26 places reviennent d’office aux femmes, soit un total de 34%. Dans les détails, il y aura deux femmes secrétaires exécutives dans les communes à statut particulier, six femmes dans les communes à statut intermédiaire et 18 dans les communes ordinaires », avait écrit le quotidien du service public. A l’issue du tirage au sort du 1er avril 2022, le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané a fait remarquer que dans un contexte national marqué par la culture du genre qui s’invite de jour en jour dans les habitudes, le gouvernement du président Patrice Talon a fait le choix d’attribuer le tiers (1/3) des postes de Se à pourvoir, aux femmes. « Ainsi, à la suite de son intervention, les maires de chacune des trois catégories de communes à savoir, les communes à statut particulier, les communes à statut intermédiaire et les communes à statut ordinaire ont-ils procédé tour à un tour au tirage au sort des Se de leur mairie grâce à l’assistance technique de la Loterie nationale du Bénin (Lnb) », indiqué le site du gouvernement. À l’issue du processus, dans les quatre (04) communes à statut particulier (Cotonou, Porto-Novo, Parakou et Abomey-Calavi), il y a eu deux (02) femmes et deux (02) hommes Secrétaires exécutifs. Dans les dix-neuf (19) communes à statut intermédiaire, il y a six (06) femmes et treize (13) hommes. Et dans les communes à statut ordinaire, dix-huit (18) femmes et trente-six (36) hommes. Au total, sur les soixante-dix-sept (77) maires, 26 femmes et 51 hommes soit respectivement 34% et 66% sont Secrétaires exécutifs (Se) des communes.
Les perspectives pour la décentralisation au Bénin
« Il faut que cette réforme permette d’insuffler le développement à partir de nos communes. Ce serait vraiment un gain important pour notre pays parce qu’il ne suffit pas de faire les efforts au niveau central et abandonner le niveau local. Cela va contribuer à la valorisation des potentialités de nos communes. Nos communes recèlent beaucoup de potentialités inexploitées ou mal exploitées. En mettant en place ce pilotage de la gouvernance par le biais de cette réforme dans nos communes, on a espoir que ça va prendre. Le politique, jouant son rôle de fixer les orientations, remettra dans les mains de techniciens qualifiés, bien formés, qui vont travailler à atteindre les objectifs voulus par les conseils communaux et ce faisant, ça pourra accélérer le développement équilibré de notre pays. Le défi est de se dire, d’ici 3 ans, 5ans, on verra les communes qui piétinent, qui végètent, qui ne démarrent pas, et celles qui travaillent. On verra une sorte d’émulation au niveau des communes et ça va déteindre sur notre développement en général. Les plans de développement existeront en mieux plus que par le passé. Cela relève de la responsabilité des partis politiques », déclaré Raphaël Akotègnon.
Bienvenue Agbassagan
(Suite dans la prochaine parution)

















