La journée de ce lundi 22 janvier 2024 ne sera pas de tout repos pour Patrice Talon. Le chef de l’Etat va en effet rencontrer les parlementaires pour discuter des modalités de la relecture du Code électoral sollicitée par la Cour constitutionnelle dans sa décision Dcc 24-001 du 04 janvier 2024. Une démarche qui démontre que Patrice Talon souhaite une large adhésion des députés autour de cette relecture et éventuellement de la Constitution.
Les regards sont tournés ce lundi 22 janvier 2024 vers la présidence de la République où Patrice Talon a convié pour des échanges, les différents groupes parlementaires de la neuvième Législature. Plusieurs sources ont levé un coin de voile sur l’ordre de passage des groupes parlementaires mais aussi sur l’ordre du jour de la rencontre. En substance, on retient que les modalités de mise en œuvre de la décision Dcc 24-001 du 04 janvier 2024 par laquelle la Cour constitutionnelle invite l’Assemblée nationale à modifier le Code électoral en certaines de ses dispositions, seront le sujet principal des discussions. La décision de la Cour avait donné lieu à une polémique au sein de l’opinion. Beaucoup s’interrogent sur la qualité de l’institution à faire une telle injonction à l’Assemblée nationale dans un contexte où Patrice Talon est soupçonné de velléités de modifier la loi fondamentale pour prolonger son bail à la tête de l’Etat au-delà de 2026. Cette rencontre sera l’occasion pour Patrice Talon de lever toute équivoque et de dissiper les doutes qui persistent sur la question en dépit des assurances qu’il a données de ne pas solliciter un troisième mandat. Il en a d’ailleurs donné la certitude au Caucus des femmes parlementaires qu’il a reçu le 11 janvier dernier. Sur la décision de la Cour constitutionnelle, beaucoup se demandent si elle n’induit pas de facto une révision de la Constitution. La rencontre de ce jour aura le mérite d’aborder ces différentes questions qui polarisent les attentions dans la perspective des élections générales de 2026.
Aplanir les divergences
La rencontre annoncée pour ce lundi s’annonce décisive à plus d’un titre. Si Patrice Talon a cru devoir échanger avec les députés de la 9ème Législature, toutes tendances confondues, c’est qu’il est véritablement conscient du caractère sensible de la question et de l’opportunité de susciter une large adhésion de la classe politique autour du suejt. Cette rencontre aura le mérite d’appréhender la position des uns et des autres sur la modification du Code électoral mais aussi et surtout sur une éventuelle révision de la Constitution. Même si à priori, les députés, y compris ceux du parti Les démocrates, s’accordent sur le principe selon lequel les aménagements doivent être apportés à la Constitution du 15 novembre 2019, les violons ne s’accordent pas sur les dispositions à retoucher. Les échanges de ce jour sonnent comme une séance d’harmonisation des points de vue sur les modifications à apporter aussi bien au Code électoral qu’à la Constitution. En associant les députés du parti Les démocrates à cette consultation, le chef de l’Etat ne voudrait pas endosser la responsabilité d’une éventuelle relecture non consensuelle et intéressée des lois électorales.
Gabin Goubiyi




















