Le Tribunal de première instance de première classe d’Abomey abrite, les 9 et 10 juillet 2026, la XVIe rencontre entre la Cour suprême, les juridictions du fond et les ordres professionnels de la justice. Deux jours de réflexions pour harmoniser les pratiques judiciaires et renforcer la crédibilité de la justice auprès des populations.
C’est dans le cadre solennel du Tribunal de première instance de première classe d’Abomey que s’est ouverte, hier, la XVIe rencontre nationale des acteurs judiciaires. Présidée par le président de la Cour suprême, Victor Dassi Adossou, cette rencontre réunit magistrats, greffiers et représentants des ordres professionnels pour deux jours d’échanges autour de thématiques essentielles à l’harmonisation des pratiques judiciaires. Dans son mot de bienvenue, le préfet du Zou, Laurent Dhossou Zomaï, a exprimé sa gratitude pour le choix de son département comme hôte de cette rencontre. Il a rappelé les efforts du gouvernement pour rapprocher la justice des justiciables et souhaité que les recommandations issues des travaux contribuent à améliorer la qualité des décisions et à renforcer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire. Le président du Tribunal de première instance d’Abomey, Francis Bodjrènou a, quant à lui, souligné l’importance de sa juridiction, dont le ressort couvre onze Communes réparties entre le Zou et les Collines. Avec ses dix-neuf magistrats et quatorze greffiers, le tribunal joue un rôle central dans l’administration de la justice et s’inscrit dans la dynamique de modernisation engagée au niveau national. Au fil des années, cette rencontre est devenue un cadre privilégié de réflexion et d’échanges. Dans un contexte marqué par l’évolution rapide de l’environnement juridique, économique et social, elle permet aux praticiens de confronter leurs approches, de partager leurs difficultés et de rechercher ensemble des solutions adaptées aux attentes des justiciables.
La Cour suprême veille à l’unité de l’interprétation de la loi
Pour le président de la Cour Suprême, Victor Dassi Adossou, cette rencontre de deux jours s’impose désormais comme un cadre privilégié de réflexion et de responsabilité partagée. « Ce rendez-vous n’est pas une simple tradition judiciaire. Il est devenu un moment utile de respiration institutionnelle, un espace d’écoute réciproque et un lieu d’examen lucide des pratiques qui fondent la qualité de la justice rendue à nos concitoyens », a déclaré le président de la Cour suprême. Selon lui, la présence des autorités locales témoigne de l’importance accordée par les autorités territoriales au bon fonctionnement de la justice. Au cœur des échanges, des thématiques d’une brûlante actualité ont fait l’objet de débat. Elles sont entre autres relatives à la régularité de la représentation des successions et des collectivités familiales dans le contentieux foncier, à l’intérêt supérieur de l’enfant dans l’application du nouveau Code de procédure pénale, à la motivation des décisions en matière pénale et son contrôle juridictionnel, à la représentation devant les juridictions et ses perspectives d’évolution, puis à l’enregistrement des décisions de justice et ses enjeux pratiques. Ces thèmes traduisent une volonté claire d’améliorer la qualité des décisions, de protéger les personnes vulnérables, de renforcer la sécurité juridique et de garantir une justice accessible et intelligible. A en croire le président de la Cour Suprême, la justice est une œuvre collective. « Le juge, l’avocat, le notaire, l’huissier, le greffier… chacun exerce une mission différente, mais tous concourent à une même finalité : donner effectivité au droit, garantir les libertés et préserver la confiance des citoyens. » La Cour suprême, en tant que juridiction de régulation, veille à l’unité de l’interprétation de la loi et à la prévisibilité des décisions. Mais cette mission ne peut être accomplie sans la qualité des débats devant les juridictions du fond et le professionnalisme de l’ensemble des acteurs judiciaires. À l’issue des deux jours de travaux, les conclusions attendues devraient constituer des repères utiles pour l’amélioration continue du service public de la justice et pour le rayonnement du système judiciaire béninois
Zéphirin Toasségnitché
(Br : Zou-Collines)


















