(François Abiola et les scientifiques pour sa rénovation)
La congrégation Saint-Augustin des Sœurs bâtie à Sakété en 1942 est dans un état de délabrement avancé, alors qu’elle était une fierté de l’église catholique et de la localité. C’était un haut milieu de formation des jeunes filles et en même temps un orphelinat. Que faire pour rétablir ce pan de l’histoire ? Voilà la préoccupation du professeur François Abiola et des scientifiques en l’occurrence les historiens.
La congrégation Saint-Augustin des Sœurs de Sakété est située dans la Von de l’ex-brigade de gendarmerie de la Commune qui se trouve à 100 mètres environ de la mairie. A l’entrée, son bâtiment présente déjà le visage d’un enfant malheureux. Tout sent ici la déconfiture. Ses murs lézardés et sa toiture vieillissante montrent à plus d’un que ce jadis haut lieu de savoir intellectuel et spirituel est abandonné à son triste sort. Même, ceux qui y vivent, sont en insécurité, puisqu’à tout moment le bâtiment vieillissant peut s’effondrer. Cet état de choses n’est la préoccupation de personne depuis plus d’une vingtaine d’années. Faut-il laisser la situation perdurer?
Préoccupation
La congrégation Saint-Augustin des Sœurs de Sakété était l’école des filles. Elle ‘était aussi un orphelinat qui fonctionne vaille que vaille jusqu’aujourd’hui. En marge du colloque scientifique international organisé pour lui rendre hommage, les 02 et 03 août 2025, le professeur François Abiola a conduit une délégation de scientifiques sur les lieux pour que des solutions soient trouvées pour rénover ce temple de savoir et réécrire son histoire. Comme un historien, il a retracé l’histoire de ladite congrégation. « Dès 1876 pour aller à l’assaut de l’évangélisation, on a connu les Sma (Société des missions africaines). Ce n’était pas suffisant parce qu’il fallait aller à la conquête des pays africains. Là, ils ont créé la congrégation Notre dame des apôtres (Nda), une vingtaine d’années plus tard. Et après, les hommes religieux qui étaient dans ce groupe, à commencer par la Côte d’Ivoire, ont dit qu’il faut profiter de l’environnement de l’époque pour permettre à chacun de faire les révisionnaires. Après la congrégation Nda, ils ont créé le Noviciat. Le Noviciat était au départ à Allada. En 1942, il a été transféré à Sakété. Chacun s’occupait de sa zone. Ici à Sakété, on est arrivé à la création de la congrégation Saint-Augustin des Sœurs grâce à Monseigneur Bernardin Gantin. C’était exclusivement pour les filles. Ici, on a formé des élites féminines pour être dans leur mission… », s’est-il souvenu, avant de se désoler de son état actuel. « Regardez ce bâtiment aujourd’hui ! Pourquoi ce lieu n’avait plus son envergure d’antan ? Qu’est-ce qui s’est passé ? C’était un haut lieu spirituel de formation et de technicité où l’on transmettait le savoir…», s’est préoccupé le professeur François Abiola qui demande aux scientifiques de trouver ensemble des solutions aux problèmes de la congrégation Saint-Augustin des Sœurs de Sakété. Interpellé, le professeur, historien de formation, Léon Bio Bigou, a fait savoir que le problème est lié à l’homme noir détourné de sa culture. « Le problème de l’Afrique est qu’on a appris à l’Africain à avoir honte de lui-même, à négliger sa culture commençant par sa propre langue. Vous perdez notre langue, vous perdez la base de votre culture. Vous perdez votre culture, vous perdez la base de votre développement. Ici donc, en terme de relations avec le Seigneur, il y a-t-il un peuple qui n’avait pas la notion de désigner le très-haut ? Il n’y a pas de créatures sans créateur. A voir le rôle que les Sœurs ont joué dans nos sociétés, voilà pourquoi de génération en génération, on est amené à croire qu’elles ne parlent que de Dieu…», a-t-il fait savoir. Il ajouta : « Si vous voyez l’état de ce bâtiment au moment où il a été construit, vous voyez le nombre de personnes qui y venaient ? Pourquoi ils ne viennent plus ? Parce qu’on est arrivé à les avoir au niveau de leurs pensées. C’est sur cette base-là que les anciens ou témoins qui sont encore là doivent nous fournir des informations claires et nettes que nous allons exploiter… », a proposé le professeur Léon Bio Bigou.
Atout pour Sakété
La rénovation de ce temple de savoir est un atout pour le développement de Sakété. « C’est déjà heureux qu’à travers ce colloque scientifique international que nous puissions amener les participants à visiter ce lieu. Il faut que ces genres d’activités se multiplient dans notre commune pour découvrir nos richesses. Cela peut être l’occasion pour accompagner les jeunes à obtenir des bourses pour travailler sur des thèmes comme celui-ci. Ce sont des sujets qui vont permettre de révéler toute une nation. Ce que nous faisons rime avec la dynamique du chef de l’État. Révéler le Bénin aux Béninois. Je suis maire de Sakété. Mais, il y a dans ce qui se dit que je ne connaissais pas. C’est une manière de révéler ma commune à moi-même. Nous essayerons de jouer notre partition dans ce qui se fera dans ce sens… », a-t-il promis. De son côté, la responsable de la congrégation Saint-Augustin des Sœurs de Sakété, mère Victoria Dagba, s’est contentée de prier au professeur François Abiola et sa suite. « Nous demandons au Seigneur de vous combler de ses grâces et de vous donner la santé de l’âme et du corps… », a-t-elle souhaité. Le professeur François Abiola entend lutter pour la rénovation de ce centre. Pour les uns et les autres, ce lieu de savoir ne doit pas disparaître.
Jules Yaovi Maoussi (Br Ouémé-Plateau)

















