Le mercredi 1er avril 2026, l’hôtel Novotel de Cotonou s’est transformé en un laboratoire d’idées à l’occasion d’une table ronde exceptionnelle. Autour du projet « Equilibrium wind – Le vent d’équilibre », curateurs, artistes et experts ont exploré comment la création contemporaine réinvente les récits du continent sans en figer l’âme.
Sous l’impulsion de Léa Awunou (Directrice du projet et commissaire générale) et de Diane Awunou (Co-commissaire et galeriste), la rencontre a réuni un panel prestigieux. La présence de la Sud-Africaine Gabi Ngcobo et de la Burkinabè Rita Ouédraogo, aux côtés de l’artiste béninois Thierry Oussou, a permis de croiser les regards sur une thématique brûlante : « Héritage en mouvement – réinventer les récits et les formes en Afrique contemporaine ». Au cœur des échanges, l’exposition « Equilibrium wind » a servi de point d’ancrage. En utilisant la filière du coton, matière à la fois économique, politique et symbolique, comme matériau de création, Thierry Oussou propose une lecture où le patrimoine n’est plus une relique, mais une matière vivante. « L’héritage n’est pas un ensemble figé, mais une force en mouvement, traversée par des dynamiques de transformation et de réappropriation. Il faut avoir sa signature, tracer son propre chemin et avoir sa propre identité. Ma manière de travailler a été façonnée par d’autres aînés», a-t-il confié lors de cette séance. La problématique centrale qui a captivé l’auditoire est : comment réinterpréter les récits hérités sans les dénaturer ? Pour les intervenants, la réponse réside dans la translation. A les en croire, il ne s’agit pas de copier le passé, mais de le traduire dans un langage contemporain capable de dialoguer avec les enjeux socio-économiques actuels. Cette table ronde a démontré que Cotonou s’affirme de plus en plus comme une place forte du débat esthétique en Afrique. En articulant des identités locales avec une visibilité internationale, le projet « Equilibrium wind » prouve que l’art africain ne se contente plus de répondre aux attentes extérieures, mais définit lui-même ses propres trajectoires.
Joël Samson Bossou


















