l’Union progressiste Le renouveau fait partie des partis politiques désireux de participer aux élections législatives du 8 janvier prochain, qui ont déposé mercredi 2 novembre 2022, leurs dossiers de candidatures à la Commission électorale nationale autonome (Céna). Elle a donc rempli cette formalité à la suite de laquelle, des mécontentements sont notés dans le rang des militants. Au cours d’une interview accordée à Reporter Bénin Monde, Gérard Gbénonchi, 2ème vice-président du parti Union progressiste le Renouveau, a livré les critères qui ont guidé aux choix des candidats et adresse un message aux militants mécontents. Il revient par ailleurs sur la polémique relative à la supposée immixtion du chef de l’Etat Patrice Talon dans la confection des listes. Lire ses propos.
Journaliste : Nous avons tous découvert au lendemain des dépôts de dossiers à la Céna, la liste des positionnements du parti politique Union progressiste le renouveau et autant, il y a des surprises, autant on s’attendait à voir certains noms. Déjà pour vous qui avez piloté ce processus, quel est aujourd’hui le regard que vous portez dessus.
Gérard Gbénonchi: Il faut dire qu’au départ, au niveau de l’Union progressiste Le renouveau, le mot d’ordre a été donné par le présidium à l’égard de tous les militants de l’Union progressiste Le renouveau qui qu’ils soient, à pouvoir donc déposer leurs dossiers de candidature si tant est qu’ils souhaitent être positionnés sur la liste de l’Union progressiste Le renouveau en tant que candidat pour les prochaines élections législatives. Donc, c’est sans restriction aucune et pour permettre aussi qu’à la base, contrairement ce à quoi on était habitué, il n’y ait pas de filtre à la base pour empêcher certains militants qui valablement pouvaient aller en compétition. Donc, sur la base de cela, nous avons reçu des dossiers qui sont déposés tant au niveau des secrétariats départementaux du parti (nous avons) 12 qu’au siège national. Les militants avaient aussi la possibilité de venir déposer directement leurs dossiers au siège national, au siège annexe national du parti qui est à Gbégamey. Alors, à la fin du processus, à la fin du délai, je pus dire que nous avons reçu l236 dossiers au nombre desquels, il y avait des 118 femmes. La moyenne donnait environ aussi 06 candidats, 06 prétentions sur un siège de député. Vous savez que nous en avons 109 désormais avec le suppléant. La moyenne donne au moins six prétentions sur les sièges de titulaire et de suppléant. Ce qui a notre niveau montre qu’il y a de l’engouement pour ces élections, qui montre que les militants sont attachés à leur parti et sont à l’aise dans leur parti et voudraient bien servir la cause du parti à ce niveau de responsabilité en tant qu’élu national. Nous avons au niveau de la cellule chargée donc de l’étude des dossiers mis sur pied des ateliers pour permettre d’étudier les dossiers départements par départements, c’est-à-dire ancien département par ancien département afin de relever premièrement la complétude du dossier, voir si le nombre de pièces requises est à jour. Ensuite, aller à l’intérieur des dossiers pièce par pièce pour voir la concordance entre les informations personnelles, le nom, la date et le lieu de naissance, si d’une pièce à l’autre aussi ces informations personnelles, ces données personnelles sont les mêmes.
Selon les indiscrétions, il a été dit que le président de la République, Patrice Talon, a influencé de tout son poids également la confection de ces listes-là. Finalement, est-ce que la cellule a été indépendante à tout point de vue ou bien elle a proposé et le président de la République a validé ?
Il faut d’abord clarifier une notion. C’est que la cellule d’étude des dossiers n’est pas responsable du positionnement des candidats. Après que la cellule ait fait l’étude de complétude des dossiers et l’étude qui conduit à relever les irrégularités dans les dossiers, il est revenu au présidium du parti élargi à quelques personnalités, de procéder donc aux positionnements des candidats circonscription électorale par circonscription électorale. Je suis membre du présidium. Je ne refuse pas. C’est pour dire que je suis dedans. Le positionnement n’a pas été fait au niveau de l’étude des dossiers. Donc, entre temps, j’ai migré de la cellule au niveau du présidium pour pouvoir faire les positionnements. Alors dire que le président de la République a influencé, vous savez que dans notre pays on aime dire ce qu’on ne comprend même pas. Il est vrai que le chef de l’État est le président de la majorité présidentielle mais il n’est membre d’aucun parti politique à ce que je sache aujourd’hui. Il faut dire que l’œuvre du positionnement des candidats est une œuvre qui a été faite à l’intérieur de chaque parti politique. Nous pouvons recueillir son opinion, son avis par rapport à certaines zones. Il n’a même pas la possibilité d’influencer nos listes d’autant plus que c’est à l’intérieur des partis politiques que les positionnements ont été faits sur la base de certains critères.
Justement et c’est à ce niveau-là que j’en venais. Quels ont été les critères qui ont prévalu dans le choix des candidats qui iront aux élections législatives pour le compte de la liste de l’Union progressiste Le renouveau ?
Disons qu’au niveau de l’Union progressiste Le renouveau, nous sommes partis sur la base de certains critères comme je l’ai dit. Le premier critère, c’est la popularité du militant, sa popularité dans sa sphère d’intervention, au niveau de sa circonscription électorale, son poids électoral, la manière dont il influence ou peut influencer les électeurs potentiels. C’est sur cette base que nous sommes partis c’est-à-dire être militant du parti ou accepter d’être militant du parti, d’être sympathisant du parti, d’accepter ou d’être militant du parti. Le deuxième critère qui cumule un certain nombre de sous-critères, c’est le critère de la loyauté, la fidélité et la bonne moralité. Il faut être loyal envers le parti, fidèle, respectueux de la hiérarchie et respectueux du règlement intérieur. Il faut être un militant discipliné et de bonne moralité. Alors, tous ces critères mis ensemble ont permis de sélectionner les candidats qui nous ont permis de meubler notre liste. Mais il faut dire que nous ne sommes pas Dieu. Il n’y a que Dieu qui puisse faire des œuvres parfaites. La perfection n’est pas du monde des humains. Nous ne maîtrisons pas toutes les informations. Souvent, nous décidons n’ayant pas pu rassembler toutes les informations. On peut finir de positionner puis, après avoir eu certaines informations, on se dit qu’on aurait dû procéder ainsi de telle ou de telle façon. Mais, c’est déjà fini une fois qu’on dépose la liste à la Céna on ne peut plus corriger. Peut-être que s’il était permis de corriger qu’aujourd’hui, nous pourrions revenir et corriger certaines choses. Mais malheureusement, nos textes ne le permettent plus. Ça a été possible à une période donnée de l’histoire politique de notre pays. Mais aujourd’hui, avec le nouveau code d’électoral en vigueur, cela n’est plus possible. Donc, je passe par votre canal pour lancer un appel à nos militants qui auraient pu sentir après la publication de la liste qu’ils sont plus méritants que tel ou tel autre qui a été positionné et pourtant, c’est eux qu’on a positionné pour leur dire qu’on ne doit pas sur la base d’une seule élection, tirer les conclusions et se fâcher. Non ! Il n’y a qu’un siège à pouvoir dans votre localité. Alors, si on n’a pas pu prendre un tel ou tel, votre tour viendra pour d’autres postes. Il n’y a pas seulement le poste de député qu’on puisse briguer en étant militant d’un parti politique.
En d’autres mots, vous donnez de l’espoir aux militants frustrés.
Mais oui, je passe par ce canal pour les apaiser et les inviter à l’apaisement pour dire que rien ne doit justifier que nous nous fâchions ou que nous nous mettions donc en opposition à la liste de notre parti. C’est ici qu’il faut montrer qu’on est militant et que quel que soit celui que le parti aura positionné, notre devoir c’est de tout faire pour que la liste publiée par notre parti politique, puisse triompher pour que notre parti puisse gagner. C’est lorsque notre parti politique aura gagné et que nous continuons d’espérer un jour d’avoir quelque chose à travers ce parti politique. Mais si à la faveur d’un positionnement pour une élection législative, nous foutons le bordel, nous mettons le bordel et que notre parti perdait tout, nous n’aurons même plus la bouche pour parler. Il faut que nous retournions sur le terrain. Ceux qui n’ont même pas été positionnés alors qu’ils seraient plus méritants, il faut qu’on aille montrer sur le terrain que le parti s’est trompé. C’est ici qu’il faut montrer au parti qu’il s’est trompé. Montrer que vous avez fait erreur. Voyez celui que vous avez positionné, j’ai travaillé plus que lui pour que le parti gagne et ça permet au parti quand les retours se feront, de savoir qu’avec telle localité ou telle autre, nous avions commis l’erreur. On aurait dû positionner tel parce que c’est lui qui a fait gagner notre liste et qu’on fasse ça pour un parti politique aussi sérieux et responsable comme l’Union progressiste le renouveau, c’est des choses qui ne se perdent pas.
Vous parlez de responsabilité et de sérieux du parti politique Union progressiste Le renouveau et vous, vous parlez tantôt de bonne moralité et pourtant ces derniers jours, on entend dire qu’un député pas encore jugé est accusé d’un délit de viol. Qu’est-ce que le parti dit jusque-là. Le parti n’a rien dit et pourtant, ce député se réclame de votre formation politique ?
Est-ce que si vous, vous dites que votre famille est une famille de bonne moralité et qu’un élément de votre famille venait à commettre un impair, est-ce que cela pourrait dire que toute votre famille est pourrie ? Mais encore que là, n’avons pas les preuves que ce qui se dit sur le camarade est justifié. Nous avons la justice dans nos pays et lorsque quelqu’un est soupçonné d’une infraction, il y a ce qu’on appelle la présomption d’innocence. Il faut que nous arrêtions de culpabiliser très tôt les gens ou même de les décapiter avant même de nous rendre compte après qu’ils étaient innocents. Donc, il ne faut pas qu’on tue, qu’on assassine dans la mémoire collective avant de nous rendre compte après que la personne est blanche comme neige. Moi, je ne dis pas cela pour soutenir le camarade sur qui pèsent des soupçons, mais je voudrais dire que notre comportement commun doit être de respecter la présomption d’innocence et d’avoir confiance aux juridictions de notre pays. Si les faits sont avérés, le camarade subirait le sort de la justice. La justice sanctionnera, mais s’il n’est pas coupable, la justice blanchira. Vous avez dû voir la publication de la liste du parti. Par mesure préventive, le parti n’a pas décidé de le mettre sur la liste en attendant qu’il aille se justifier auprès de la justice. S’il finit de défendre sa cause et qu’il est blanc comme neige, on va le réintégrer dans nos rangs pas forcément en tant que député.
Pour finir, on a vu des adhésions tout feu tout flamme à l’Union progressiste, Le renouveau et on s’attendait à retrouver ces leaders politiques sur les listes des candidats en lice pour les Législatives de 2023. Qu’est-ce qui s’est passé ? Est-ce que l’Union progressiste Le renouveau a driblé ces nouveaux alliés politiques en leur donnant de faux espoirs ?
Non ! Pas du tout. Nous avons fait fusion par exemple avec l’ex-Prd. Vous verrez des militants ex-Prd sur la liste. Le président Houngbédji n’est pas sur la liste. Il est un leader charismatique quand même alors qu’il n’est pas sur la liste. Alors, vous verrez les militants de l’exPrd sur la liste. Il en est de même pour tous les autres partis. Pas forcément leurs présidents. Donc, il ne faut pas forcément vous focaliser sur les présidents de ces partis. Je pense que les militants de l’ex-Dud sont sur la liste. Ce qui est déjà suffisant. Nous avons traité avec des partis politiques qui sont des institutions. Il ne faut pas résumer les partis politiques aux leaders politiques.
Source : Reporter Bénin Monde



















