Un mois après l’investiture de Romuald Wadagni à la présidence du Bénin, l’heure est au premier bilan. Si la méthode managériale du nouveau locataire de la Marina bouscule les codes politiques traditionnels, elle suscite un véritable engouement auprès des citoyens, rassurés par son pragmatisme économique et ses premiers pas diplomatiques.
Pour ses premiers pas sur la scène internationale, le président Romuald Wadagni a choisi de rompre avec l’isolement diplomatique en plaçant le voisinage immédiat au cœur de ses priorités nationales. Conscient que la relance économique du Bénin dépend d’une stabilité sous-régionale retrouvée, le nouveau chef de l’État a mené une tournée éclair au Nigeria et dans les pays du Sahel. À Abuja, ses échanges stratégiques avec Bola Ahmed Tinubu ont scellé une alliance renouvelée autour de la sécurité maritime et de l’intégration énergétique.
Mais c’est à Niamey que le style du « technocrate » a marqué sa plus grande rupture. En devenant le premier président béninois à acter une normalisation directe avec le général Tiani, Romuald Wadagni a privilégié le réalisme économique et sécuritaire aux blocages institutionnels passés. Du côté des commerçants du grand marché de Dantokpa et des transporteurs routiers, cette démarche est accueillie avec un immense soulagement. La perspective d’un corridor commercial sécurisé et de la réouverture fluide des échanges avec le Niger redonne enfin de l’oxygène aux acteurs du secteur privé local. Sur le plan intérieur, l’installation du premier gouvernement le 26 mai 2026 a matérialisé le passage d’une direction politique classique à une gestion axée sur les résultats. Lors de la première séance de travail stratégique avec les ministres conseillers à Cotonou, le chef de l’État a imposé sa doctrine managériale en fixant des feuilles de route strictes et chiffrées à chaque portefeuille. Refusant l’inertie administrative, l’ancien grand argentier a rappelé que l’efficacité de l’appareil d’État ne se mesurerait plus à la beauté des rapports, mais à l’impact direct des réformes sur le panier de la ménagère.
Dans l’opinion publique, ce discours de vérité et de performance passe particulièrement bien. De nombreux citoyens saluent sur les réseaux sociaux une rupture bienvenue avec la démagogie électorale classique. Voir des ministres soumis à des obligations de résultats quantifiables rassure une population en attente de transparence et d’efficacité face au coût de la vie.
Un leadership financier qui rassure pour l’avenir
Enfin, la récente visite stratégique du président Wadagni à Bruxelles, où il a été reçu par les dirigeants de l’Union européenne, démontre sa capacité à maintenir le Bénin au cœur de l’agenda des bailleurs de fonds internationaux. En sécurisant des engagements clairs pour le financement des infrastructures et de la sécurité nationale, le chef de l’État prouve que son costume de ministre des Finances lui colle encore à la peau, pour le plus grand bénéfice des caisses de l’État. Pour le citoyen lambda, cette aisance financière internationale est perçue comme le gage d’un septennat stable, capable de financer sans heurts les grands projets sociaux et éducatifs promis pour la jeunesse.
Sergino Lokossou
Syntiche Akoakou (stag)
Quelques citoyens donnent leur appreciation
Dègnon Miho, Professeur de philosophie et artiste traditionnel du rythme Gota (Tchingounmè) : « Il est encore très tôt pour porter un jugement définitif ».
« Il est encore très tôt pour porter un jugement définitif sur les 30 premiers jours du président Wadagni, mais quelques observations peuvent déjà être faites
Le nouveau président, Romuald Wadagni, a officiellement pris ses fonction sur le 24 mai 2026. Dès les premières semaines, il a maintenu le fonctionnement régulier du gouvernement à travers plusieurs conseils des ministres et a affiché une volonté de poursuivre les réformes économiques et administratives engagées ces dernières années. Concernant les changements significatifs, les avis restent partagés:
Certains observateurs notent une continuité dans la gouvernance, notamment parce que Romuald Wadagni était déjà une figure centrale de l’ancienne équipe gouvernementale en tant que ministre des finances. D’autres soulignent son dynamisme diplomatique et sa volonté d’imprimer progressivement sa propre marque à la tête de l’État. En revanche, après seulement un mois, il est difficile de mesurer des résultats concrets sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les infrastructures ou la sécurité, car ces domaines nécessitent davantage de temps.
En résumé, les 30 premiers jours du président Wadagni donnent surtout l’image d’une phase d’installation et de continuité institutionnelle. Les véritables changements dans la gouvernance seront plus faciles à évaluer après plusieurs mois, lorsque les premières décisions produiront des effets visibles sur la vie des citoyens ».
Lucien Souhin, enseignant d’éducation Physique et sportive au Ceg Danto: « Je pense que notre président a pris une bonne voie… »
« Je pense que notre président a pris une bonne voie et que cela donne des bon résultat. Au niveau de la diplomatie, il concilie le Bénin avec l’Aes – Niger, Burkina, Mali. Avec Talon il y avait des tensions. Sur le plan social, il fait preuve de gravité et de determination . La gratuité scolaire pour les filles et la prise en charge des urgences hospitalières avec des actions concrètes. Mais il doit revoir l’amélioration du dossier Ame. Et surtout la réconciliation interne :prisonniers politiques, exilés, puis organiser une assise nationale pour unir le peuple béninois. Sur 30 jours, bon départ ».
Amarine Dorcas Mahougnon Egbo,étudiante en première année de journalisme: « Je pense que c’est un président compétent parce qu’il honore déjà certaines de ses promesses »
« Je pense que c’est un président compétent parce qu’il honore déjà certaines de ses promesses. Et ce qui est bon ,c’est que la scolarité gratuite des filles de la 6e à la terminale est désormais une réalité. C’est une mesure qui pèse lourd pour les familles et pour l’avenir du pays. Il est aussi à retenir que cette gratuité concerne seulement les frais de scolarité. Les parents paient encore l’uniforme, fournitures, cantine, cours de renforcement. Et il faut aussi vérifier sur le terrain si toutes les écoles appliquent vraiment ».
S. L
S. A (stag)




















