Instituée en 1997, la Journée africaine de la prévention des risques professionnels (Japrp) placée sous l’égide de l’Interafricaine de la prévention des risques professionnels célèbre cette année ces noces de perles. Pour cette édition qui s’est tenue le jeudi 30 avril 2026 à Cotonou, les réflexions des acteurs se sont accentuées sur le bilan, les défis persistants et émergents de la prévention des risques professionnels en Afrique.
Après 30 années d’engagement collectif en faveur de la prévention des risques professionnels sur le continent africain, il était primordial de faire un bilan approfondi des acquis, d’analyser les défis persistants et d’identifier les risques émergents dans un contexte de transformation accélérée du monde du travail. Axées autour du thème central « 30 ans après : bilan, défis persistants et émergents de la prévention des risques professionnels en Afrique » et du sous-thème « perspectives stratégiques pour une prévention durable à l’horizon 2024|40 », les réflexions ont permis de comprendre qu’en termes de bilan, des avancées notables ont été obtenues dont la sensibilisation accrue du public, l’organisation régulière de campagnes de sensibilisation sur la prévention des risques en milieu du travail, la collaboration avec des institutions, des réseaux spécialisés en prévention des risques professionnels et le développement de formations en hygiène, sécurité et santé au travail, etc… Malgré les progrès, plusieurs obstacles continuent de freiner l’efficacité des efforts consentis pour prévenir les risques professionnels. Il s’agit entre autres de l’insuffisance d’équipements de sécurité dans les entreprises, de l’ignorance des risques liés aux expositions diverses. Dans son intervention, le directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale, Apollinaire Cadete Tchintchin, a indiqué que le le monde du travail connaît des mutations profondes et la prévention des risques professionnels demeure un pilier central de toute politique de protection sociale efficace ». S’appuyant sur les données nationales, il a souligné une hausse des accidents du travail passés de 1230 en 2021 à 2294 cas en 2025. Pour des solutions durables, le Directeur a exhorté à « intensifier la prévention, la sensibilisation et le contrôle afin d’inverser durablement la tendance ». A sa suite, le représentant du préfet du Littoral a laissé entendre que le choix de son département d’abriter les manifestations officielles n’est pas anodin, car il se distingue par une forte concentration d’activités industrielles, commerciales et de services en tant que principal pôle économique du Bénin. « Cette vitalité économique, si elle constitue un moteur de développement, expose également les travailleurs à des risques professionnels multiples et parfois complexes. La célébration de cette journée apparaît ainsi comme une opportunité stratégique pour approfondir les réflexions, partager les expériences et proposer des solutions concrètes adaptées à des environnements de travail à forte intensité », a-t-il rappelé. Dans son discours d’ouverture, le ministre du Travail et de la fonction publique, Adidjatou Mathys a martelé que le point des trois dernières décennies révèle des avancées notables en Afrique où de nombreux pays ont renforcé leur cadre juridique et institutionnel en matière de santé et sécurité au travail, de structuration des systèmes nationaux de prévention, du développement des compétences des acteurs et d’intégration progressive de la culture de prévention des risques dans les entreprises. « Au Bénin, ces avancées se traduisent notamment par la mise en œuvre de réformes structurantes, le renforcement significatif des capacités des services d’inspection du travail ainsi qu’une intégration accrue des exigences de sécurité et de santé pour travail dans les politiques publiques et les pratiques des entreprises », a confié l’autorité tout en déplorant que ce bilan, bien que positif, ne saurait occulter les défis persistants. Pour conclure, elle a invité l’État, les employeurs, les travailleurs, les partenaires sociaux ainsi que les institutions à unir leurs efforts pour bâtir des environnements de travail sûrs, sains et respectueux de la dignité humaine. A l’issue de la Japrp 2026, il est attendu une meilleure compréhension des enjeux actuels de la prévention des risques professionnels, une évaluation claire des acquis et des insuffisances après 30 ans de mise en œuvre, l’identification des défis prioritaires et des risques émergents, l’élaboration de recommandations stratégiques et opérationnelles et un renforcement des capacités des acteurs en matière de prévention durable.


















