Venus des quatre coins de l’horizon, les pèlerins, pendant trois jours, se sont réfugiés sous le manteau virginal de Marie, reine de la paix. C’était les 18, 19 et 20 août dernier à la grotte Notre Dame d’Arigbo de Dassa-Zoumè, dans le département des Collines, à l’occasion du 69ème pèlerinage marial dont la messe pontificale de clôture a été présidée par Mgr Bernard de Clairvaux Toha Wontacien, évêque de Djougou, chargé des pèlerinages.
Les fidèles chrétiens catholiques, au pied de la grotte Notre Dame d’Arigbo, ont fait des dévotions à la Vierge Marie. Au cours de la messe pontificale, marquant la clôture du pèlerinage, édition 2023, Mgr Bernard de Clairvaux Toha a fondé son homélie sur la fraternité universelle, la puissance de la foi inébranlable dans la recherche d’une paix durable. Parti de la définition conceptuelle, le prélat a souligné l’importance de la fraternité qui se veut un trait d’union entre les peuples. En ce monde que quadrillent l’individualisme, l’indifférence, le racisme et la xénophobie, le célébrant a estimé que la promotion de la fraternité est indispensable pour un monde juste où règnent l’égalité et le respect du droit de l’autre. «En partageant des sentiments de fraternité des uns pour les autres, nous sommes appelés à nous faire promoteurs d’une culture de paix qui encourage le dialogue, la compréhension mutuelle, la solidarité, le développement durable et l’inclusion », a-t-il laissé entendre. S’inscrivant dans cette dynamique de la fraternité universelle, le prophète Isaïe a rappelé dans la première lecture du jour que Dieu ne fait aucune distinction entre les Nations et les peuples. Son amour et sa miséricorde s’étendent à tous sans exception. Le salut de Dieu s’étend au-delà des limites de nos communautés restreintes. A travers l’épître de Saint Paul, le Seigneur appelle tous les peuples à se joindre à son alliance sans distinction ni exclusion. Pour l’évêque de Djougou, cette invite du Christ devient plus pertinente dans notre monde d’aujourd’hui où des divisions et des exclusions continuent de persister.
Les armes n’ont jamais réglé les problèmes des hommes
Le célébrant a exhorté les pèlerins et pèlerines, à être des artisans de fraternité et de réconciliation en surmontant les divisions et les préjugés qui persistent malheureusement dans nos communautés et à éviter l’arrogance et le mépris envers les autres. Poursuivant son sermon, il a également rappelé que ce monde physique et matériel est parsemé d’embûches et de difficultés face auxquelles nous devons persévérer dans la recherche de Jésus. «Ne baissons pas les bras devant les obstacles qui entravent notre marche vers Jésus. Devant l’adversité, rappelons-nous que Marie est là pour nous soutenir et nous enseigner. Comme elle, nous devons toujours aller à la rencontre de Jésus, même lorsque les circonstances semblent difficiles et insurmontables. Confrontés aux défis déshumanisants, souvenez-vous des paroles de Saint Bernard de Clairvaux qui dit que le Christ vit en chacun de nous », a-t-il recommandé en invitant les uns et les autres à reconstruire une société où règne l’harmonie. «En aucun cas nous ne devons devenir des destructeurs, mais plutôt rester des constructeurs et des bâtisseurs de ponts. Nous avons le devoir moral et historique de travailler ensemble pour surmonter les divisions, promouvoir la justice sociale et l’équité pour ainsi contribuer au bien-être de tous les frères et sœurs en humanité», a-t-il insisté. Il a donc demandé qu’en cas de crise, de privilégier la voie du dialogue enraciné dans le respect des droits fondamentaux de l’autre et dans l’humble reconnaissance de la suprématie de tout autre. A l’en croire, c’est le meilleur moyen pour un vivre- ensemble. Dans cette coexistence pacifique entre les peuples, les religions ont une responsabilité décisive à jouer. Et c’est cela qui justifie l’acte posé par la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb) qui s’est prononcée sur la crise nigérienne en précisant sa position. « La guerre est toujours un tunnel sans issue. Une aventure imprévisible. La paix est et reste la seule voie pour construire une société plus juste et solidaire. Jamais la violence et les armes n’ont résolu les problèmes des hommes. Les réponses violentes à la violence ne font que nourrir l’escalade de violence et donc un Etat de Chaos. C’est d’ailleurs pourquoi, il nous a semblé impératif de rappeler que les sanctions d’une sévérité inédites imposées au Niger ne sont pas de nature à garantir le bien-être des populations déjà confrontées au drame de la pauvreté et de la misère. De telles sanctions constituent de facto une violence mortelle et inhumaine infligées à un peuple innocent et victime qui n’exige rien d’autre qu’un peu plus de justice et d’équité », a alerté l’évêque de Djougou. Présent à cette célébration, Gabin Allognon, cadre et natif des Collines et Oscar Djigbénoudé, maire de Dassa-Zoumè, ont apprécié le message d’exhortation de l’évêque qui doit être internalisé dans les comportements quotidiens de chaque citoyen épris de paix.
Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)

















