Le rideau est tombé sur la session gouvernementale du Bénin depuis le 1er août 2025. Comme à son habitude depuis 2016, le président Patrice Talon a accordé à son équipe gouvernementale une pause bien méritée. Mais cette fois, les vacances ne sont pas ordinaires. Elles interviennent à quelques mois des échéances électorales décisives, mais surtout à la veille de la fin de ses deux mandats constitutionnels. Loin d’être un simple temps de repos, ces congés ont tout d’un moment stratégique pour préparer la grande bataille politique de 2026.
Vacances gouvernementales ou le calme avant le sprint électoral ? Officiellement, les membres du gouvernement se reposent. Officieusement, la machine politique tourne à plein régime. Les états-majors de la mouvance présidentielle à savoir : L’Union progressiste le Renouveau, le Bloc républicain, Moele-Bénin, et autres, s’activent en coulisses pour affûter leurs armes. Il faut désigner un duo à la Présidentielle, préparer les listes des Législatives et des Communales, commencer par monter les dossiers administratifs, et surtout, se mettre en ordre de bataille avant une rentrée politique qui s’annonce explosive. Les délais sont courts. Les candidatures à la Présidentielle doivent être déposées en octobre 2025, et les élections législatives suivront de près, dès janvier 2026. Autrement dit, il n’y a pas de vacances au sommet de l’État : il n’y a que le calme avant la tempête. La question qui fait parler dans tous les salons politiques en ce moment est bien : qui bénéficiera de la confiance de Patrice Talon pour lui succéder ? Plusieurs noms ont circulé, mais aussitôt démentis. Et pourtant, deux certitudes demeurent : le président n’ira pas au-delà de 2026, il l’a martelé. Il participera activement à la désignation de son successeur, c’est son droit, et sans doute aussi sa stratégie.
Mais fidèle à son style, Talon reste insaisissable. En politique, il a toujours su prendre tout le monde de court. En témoigne son accession à la magistrature suprême en 2016, ou encore sa capacité à imposer un rythme politique qui dérange ses adversaires. Cette fois encore, la majorité pourrait surprendre par sa capacité à se structurer, pendant que l’opposition peine encore à s’accorder.
Remaniement ministériel…
Ces vacances pourraient également marquer un tournant dans la configuration politique nationale. Plusieurs signaux laissent penser que des repositionnements internes pourraient se faire, en vue de renforcer la machine politique de la mouvance.
Un remaniement ministériel n’est d’ailleurs pas à écarter. Il permettrait d’ajuster les forces, de redéfinir les équilibres, voire de préparer les nouvelles figures de proue de la majorité. Car tout ne se jouera pas qu’à la Présidentielle : les Législatives et les Communales conditionneront aussi la solidité de l’après-Talon.
La reprise prévue en septembre 2025 s’annonce déjà décisive. Le candidat de la majorité pourrait être dévoilé le 14 octobre, comme promis, il y a quelques mois par le porte-parole du gouvernement. Ce sera le coup d’envoi de la campagne électorale pour la succession de Talon, et l’opposition devra alors rattraper un retard stratégique certain.
Car pendant que certains doutent, tergiversent, s’enlisent dans les querelles internes ou dans des revendications institutionnelles, le chef de l’État avance méthodiquement ses pions, en stratège redoutable.
En somme, des vacances pas si calmes, mais stratégiques. On sent une majorité en pleine ébullition, à la recherche d’un candidat ; le président fidèle à sa logique du contre-pied, qui garde le contrôle du tempo politique. Et l’opposition potentiellement prise de court, une fois encore.
Nous sommes tous impatients…
Abdourhamane Touré




















