Alors que son pays connaît une dégradation sécuritaire sans précédent avec la récente attaque de l’aéroport de Niamey par l’Etat islamique, Abdourahamane Tiani qui a toujours étiqueté le Bénin comme sponsor des ennemis de son pays, vient de poser un acte qui taraude plus d’un. Il a demandé à l’Armée béninoise d’escorter les équipements militaires de son pays de Lomé jusqu’à Ségbana. Cet acte prouve à suffisance que Tiani est en train de mener un faux combat mettant délibérément son peuple en danger.

A quel jeu joue le président de la junte nigérienne Abdourahamane Tiani ? Comment peut-il compter sur un pays qu’il prend pour ennemi pour escorter des équipements militaires ? Sous d’autres cieux, on aurait dit que le patron de la junte au pouvoir est en train de ravaler ses vomissures. On se souvient comme si c’était hier de sa dernière déclaration où il a porté de violentes accusations contre plusieurs présidents y compris le président Patrice Talon, qu’il qualifiait de sponsors des mercenaires de son pays. Le Bénin, un méchant pays selon Tiani va assurer la sécurité du matériel militaire du Niger vers Ségbana. Un paradoxe d’autant plus que le Général qui sollicite le Bénin ne rate aucune occasion pour proférer des diatribes hostiles envers le pouvoir de Cotonou. Si on s’en tient au fait, Tiani vient par son acte de reconnaître implicitement que le corridor béninois est plus sûr que l’itinéraire via Ouagadougou. Et comme le Bénin est un pays qui privilégie la solidarité régionale aux querelles d’égo, il a escorté le convoi sans crier gare. Tel est pris qui croyait prendre. Tiani vient de se faire prendre à son propre piège, sinon on a du mal à comprendre sa logique de fermeture des frontières et du boycott du port de Cotonou en demandant l’aide logistique de ceux qu’on diabolise. Une incohérence qui montre que le général n’a pas les moyens de sa politique. On ne peut pas vilipender un voisin tout en comptant secrètement sur lui pour sa propre sécurité. Le Bénin a fait preuve de grandeur et Niamey et ses autorités feraient bien d’y prendre de la graine.
Sergino Lokossou
















