(De profonds bouleversements en vue)
La mise en place des organes de gouvernance communale apparaît désormais imminente. En coulisses, les tractations s’intensifient et, selon des sources dignes de foi, le processus pourrait être enclenché dès cette semaine. Dans ce contexte, les conseillers communaux élus oscillent entre expectative, appréhension et inquiétude.
Conformément aux alinéas 2 et 3 de l’article 192 nouveau de la loi n°2024-13 du 15 mars 2024 modifiant et complétant la loi n°2019-43 du 15 novembre 2019 portant Code électoral en République du Bénin, la désignation ou l’élection du maire et de ses adjoints intervient lors de la séance d’installation du conseil communal ou municipal, dans les quinze (15) jours suivant l’annonce des résultats de l’élection communale, nonobstant les recours éventuels. La désignation du maire et des adjoints au maire est communiquée à l’autorité de tutelle, qui en informe les conseillers. En d’autres termes, en l’absence des recours enregistrés, l’élection des maires aurait dû se tenir quinze jours après la proclamation des résultats définitifs par la Commission électorale nationale autonome (Céna), le 27 janvier 2026. D’après des informations recueillies auprès des responsables des deux formations politiques concernées à savoir l’Union progressiste le Renouveau (Upr) et le Bloc républicain (Br), toutes les dispositions seraient en cours pour acter l’installation des nouveaux exécutifs communaux. Sauf imprévu majeur, l’opération devrait être finalisée avant la fin de la semaine. Dans cette optique, et afin de permettre aux membres du gouvernement de se consacrer pleinement à ce dossier, il nous revient qu’aucun Conseil des ministres ne se tiendra ce jour. Une décision qui traduit l’attention particulière que le Chef de l’État accorde à cette étape déterminante. Par ailleurs, les noms des personnalités pressenties pour occuper des postes clés au sein des exécutifs communaux auraient déjà été transmis aux préfets, lesquels seront chargés de les officialiser lors des séances d’installation.
Dissensions politiques et contestations
Si, dans certaines communes, le processus se déroule sans heurts majeurs, la situation s’avère plus complexe ailleurs, où des tensions latentes et des désaccords persistants compromettent le consensus. Des conseillers peinent à s’accorder sur l’identité des futurs maires ou de leurs adjoints, notamment lorsque les choix opérés au sommet des partis ne rencontrent pas l’adhésion de la base. Plusieurs noms en circulation susciteraient des réticences, poussant certains élus à multiplier les démarches afin d’obtenir une révision des décisions partisanes. Les divisions sont particulièrement perceptibles dans des localités telles que Natitingou, où une séance consacrée à la question s’est soldée par un échec le mardi 10 février 2026. À Abomey-Calavi, des voix s’élèvent déjà contre le profil du maire pressenti, jugé en décalage avec les aspirations des militants. Des situations similaires sont observées dans d’autres communes, avec des degrés variables d’intensité. Ces remous ne constituent cependant pas une nouveauté, le choix des exécutifs locaux étant traditionnellement influencé par des considérations politiques et des affinités internes.
Talon invité à décrisper la tension
Face aux dissensions et aux contestations, l’arbitrage du président Patrice Talon est vivement souhaité par plus d’un pour recadrer les choses. Beaucoup estiment en effet que certains choix dits aventureux ont été faits sur le dos du chef de l’Etat et que l’implication de ce dernier pourrait permettre de remettre les choses à l’endroit et ramener la paix. Connu pour sa force de dissuasion et sa capacité à concilier les camps qui s’opposent, Patrice Talon semble être aux yeux de beaucoup d’acteurs politiques, l’ultime recours pour colmater les brèches et ramener la discipline dans son écurie.
Gabin Goubiyi




















