(Vers une facilitation de l’accès aux investissements verts)
Il s’est tenu hier mercredi 18 février à Cotonou, un atelier de restitution des études sur les investissements verts et les services financiers adaptés aux femmes. Organisée par le Fonds national de développement agricole (Fnda) avec l’appui de la coopération financière allemande à travers la Kfw, cette initiative vise à partager les principaux enseignements des études menées par le consortium Ipc-Horus en vue de renforcer l’accès au financement agricole durable et inclusif au Bénin.
Disposer d’un cadre clair permettant de qualifier une transaction de « verte » et ce faisant, de contribuer à l’atteinte des objectifs en, matière de finance verte ainsi qu’à l’élaboration des rapports correspondants, tel est l’objectif des études menées sur les investissements verts agricoles éligibles au refinancement du Fonds national de développement agricole (Fnda). Institutions financières partenaires du Fnda, organisations professionnelles agricoles, autorités et institutions publiques ainsi que des partenaires techniques et financiers, ont été conviés à cet atelier au cours duquel les participants ont eu droit au partage des résultats des études, à la présentation des critères d’éligibilité en vue de renforcer le cadre de partenariat pour un financement agricole plus durable et plus inclusif. Au nom de la coopération allemande, Rike Sohn a salué l’engagement du Fnda et du consortium Ipc dans la promotion d’un financement agricole inclusif et durable. Elle a rappelé le poids stratégique du secteur agricole béninois, qui emploie environ 70% de la population active, contribue à près de 30% du Pib et génère près de 75% des recettes d’exportation, tout en demeurant confronté à un accès limité au financement, à la vulnérabilité climatique et aux inégalités de genre. Dans ce contexte, la Kfw a accordé au Fnda une ligne de 15 millions d’euros, s’inscrivant dans un appui global de plus de 40 millions d’euros en 10 ans au financement rural. L’objectif est clair : 30 % des crédits en nombre pour les femmes et 30 % en volume pour les investissements verts. Ces cibles traduisent une volonté politique forte d’allier lutte contre les changements climatiques et équité. Les deux études restituées identifient les opportunités d’investissements verts, analysent les barrières d’accès au crédit pour les femmes et définissent les critères d’éligibilité du projet AF1C. Pour la diplomate allemande, leur mise en œuvre repose sur une coopération étroite afin de bâtir « un écosystème financier agricole solide » au service d’une valeur économique, sociale et environnementale durable pour le Bénin.
Le Fnda vise 30% de financements en faveur des femmes
Dans son allocution d’ouverture de l’atelier, Nicolas Ahouissoussi a mis en avant le rôle du Fnda, notamment son guichet 3 dédié à la facilitation de l’accès au crédit et au refinancement des Sfd. Le partenariat avec la Kfw autour des 15 millions d’euros vise prioritairement les investissements verts et les femmes entrepreneures agricoles. Il a souligné que les femmes représentent 51,2 % de la population béninoise et environ 30 % des productrices agricoles, justifiant l’objectif de 30 % minimum de financements en leur faveur. Face aux effets perceptibles du changement climatique, il a insisté sur la nécessité d’intégrer pleinement les investissements verts dans les mécanismes de financement. Les études constituent « le socle méthodologique et opérationnel » pour élaborer des produits financiers innovants et définir des critères mesurables en matière de genre et de durabilité. En 2025, le Fnda a facilité 88 681 541 000 FCfa de financements au profit de bénéficiaires dont 12 084 femmes, illustrant l’ambition d’un financement agricole plus inclusif et plus performant.
Gabin Goubiyi

















