Ouvert le 4 mars 2026 à l’Iita, le Comité régional de recherche et développement (Crrd) édition 2026 marque une nouvelle étape dans la relance du cycle de gestion de la recherche agricole au Bénin. Chercheurs, producteurs, société civile et autorités publiques entendent renforcer la pertinence des innovations et leur impact concret sur les filières agricoles, pastorales et halieutiques.
Les assises 2026 du Comité régional de recherche et développement (Crrd) se sont ouvertes dans un esprit de dialogue et de co-construction. Dans son mot de bienvenue, le directeur résident de l’Iita a salué « des débats passionnants » et souligné la nécessité d’améliorer en permanence les mécanismes de concertation pour « amener les innovations au niveau de ceux qui en ont besoin ». Reconnaissant qu’« aucun travail n’est jamais parfait », il a encouragé les participants à poursuivre les discussions avec la même intensité. Pour le directeur général de l’Institut national de recherches agricoles du Bénin (Inrab), Comlan Hervé Sossou, ces assises s’inscrivent dans la continuité de la relance, en 2025, du cycle de gestion de la recherche agricole après huit années d’interruption. « Le Crrd nous offre un cadre rigoureux, participatif et orienté résultat », a-t-il affirmé, insistant sur la pertinence des recherches, la qualité des preuves scientifiques et l’utilité des innovations pour les utilisateurs finaux.
Des objectifs clairs et opérationnels
Les travaux du Crrd 2026 visent notamment à identifier et valider les acquis de recherche à pré-vulgariser et à vulgariser ; recenser avec précision les contraintes rencontrées par les producteurs, éleveurs, pêcheurs et transformateurs ; prioriser les lignes de recherche et les paquets technologiques à fort impact ; structurer le continuum recherche–innovation–vulgarisation afin de garantir l’adoption effective sur le terrain. Face à la variabilité climatique, à la dégradation des ressources et à la pression croissante sur la demande alimentaire, le directeur général de l’Inrab a rappelé que « la recherche-développement est un investissement stratégique », appelant à produire des solutions « concrètes, validées, simples et efficaces ». Les organisations paysannes, par la voix de la Pnoppa-Bénin, ont plaidé pour une recherche davantage participative, où les producteurs ne seraient pas de simples bénéficiaires, mais « des partenaires et acteurs à part entière » dans l’identification des problèmes et des solutions. Même son de cloche du côté de la société civile. La Plateforme des acteurs de la société civile au Bénin (Pascib) a insisté sur une gouvernance inclusive du comité régional, estimant que la recherche doit « s’enraciner dans les réalités sociales, économiques et environnementales des territoires » et devenir un véritable levier de transformation régionale. Procédant au lancement officiel, la Secrétaire générale du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche (Maep), Madeleine Lafia Mora, a qualifié la relance du cycle de gestion de « tournant majeur dans la gouvernance scientifique ». Elle a réaffirmé l’engagement du ministère à accompagner ce dispositif structurant afin de « renforcer l’impact des innovations auprès des utilisateurs finaux ». Au terme de ces assises, les contributions seront intégrées aux projets de recherche et soumises à la prochaine Commission d’approbation des protocoles, avec une ambition clairement affichée : faire de la recherche agricole un moteur durable de sécurité alimentaire, de résilience et de développement au Bénin.
Gabin Goubiyi
















