(500 000 francs Cfa d’amende à payer par tout contrevenant)
Par décision n°Mcvt/Dc/Sgm/Dtta/Dgpr/Sp-c du 20 février 2026, le ministre du Cadre de vie et des transports, José Didier Tonato, et son collègue de l’Intérieur et de la sécurité publique, Alassane Séïdou, ont engagé la lutte contre les surcharges et les camions hors gabarit à travers l’érection des barrières de plus de trois mètres de hauteur à la frontière Sèmè-Kraké dans la commune de Sèmè-Podji. Le phénomène est réprimé et sanctionné par une amende de 500 000 F Cfa à payer en cas de contravention. L’objectif visé par cette mesure est clair : décourager les phénomènes de surcharges et de chargements hors gabarit.
Lundi 16 mars, à Sèmè-Kraké dans la Commune de Sèmè-Podji, le correspondant du quotidien Le Matinal constate une longue file indienne de camions chargés de marchandises, le long de la voie inter-Etats Kraké-Sèmè-carrefour à quelques mètres du Poste conjoint juxtaposé (Pcj) communément appelé Ecowas ou Cédéao. Tous sont en attente de traverser la frontière pour aller au Nigéria. « Nous sommes ici parce que nous n’avons pas payé la pénalité à cause de la surcharge de nos camions. », déclarent certains conducteurs rencontrés dans leur véhicule. De ce fait, le président des transporteurs à la frontière de Sèmè-Kraké, Lucien Gohoungo alias Mokilo, rencontré sur le terrain, a fait savoir que c’est une mesure de la Cédéao pour protéger les infrastructures routières et lutter contre l’insécurité sur les voies. « Je ne peux pas aller contre une décision de l’État. Le problème est que tout part du port de Cotonou. Ils sont surchargés là-bas et ils sont bloqués par les barrières ou portiques installées à Sèmè-Kraké. Quand on s’est réuni en transporteurs, nous avons dit que les chargements hors gabarit ne nous avantagent pas, parce que, non seulement ils détruisent nos véhicules et nos voies mais ils créent aussi le chômage dans nos rangs. Le chargement de deux personnes est confié à une seule. Les autres vont devenir quoi ? Mais les commerçants nigérians préfèrent la surcharge parce que chez eux, ce n’est pas réprimé. Toutes les barrières de la Cédéao sont cassées sur leurs voies. Ils veulent alors faire économie. », confie Mokilo.
Une décision saluée
Toujours pour comprendre la persistance des chargements hors gabarit, le président des transitaires mandataires de Sèmè-Kraké et président du comité provisoire de gestion du Poste conjoint juxtaposé (Pcj), chargé de la mise en application de la décision n°Mcvt/Dc/Sgm/Dtta/Dgpr/Sp-c du 20 février 2026, Claude Kpakpo, a fait savoir que le stationnement des camions surchargés est la résultante de la volonté de la Cédéao de lutter contre ce phénomène. « Il y a quelques jours, un comité interministériel est venu ici à Kraké. Il était composé des agents de la police et de l’Agence nationale des transports terrestres (Anatt). Ils nous ont dit que les hors gabarit seront bientôt sanctionnés. C’est là que la sanction a commencé. Malgré cela, les camions surchargés continuent de venir et touchent les barrières placées par la Cédéao du Nigéria jusqu’au Togo en passant par le Bénin. C’est la raison pour laquelle les camions sont stationnés au bord de la voie inter-Etats et les hors gabarit ont des difficultés à rentrer dans le Pcj. Ils sont frappés d’une amende de 500 000 F Cfa à payer au trésor public. Après présentation de la facture, ils ont accès au Poste conjoint juxtaposé. », a clarifié Claude Kpakpo. Toutefois, il soutient que certains conducteurs, se croyant en règle, forcent le passage et brisent les portiques. « Ces chauffeurs paient l’amende de 500 000 F Cfa dans la caisse de l’Etat et réparent les portiques brisées, avant d’avoir accès au Pcj. Je pense que si la pénalité est plus sévère jusqu’à un million au moins, ce système de hors gabarit va cesser et nos infrastructures routières ne seront plus dégradées. », a-t-il souligné.
Une lutte permanente
Claude Kpakpo soutient par ailleurs que ces camions surchargés partent du port de Cotonou. Pour lui, le problème créé depuis Cotonou est réglé à Kraké grâce à l’installation des barrières. « Si le poids du chargement est bien contrôlé, on n’aura pas de problèmes à Sèmè-Kraké. Ces camions sur la voie nous donnent des soucis. Les éléments du commissariat de Kraké/Plage sont toujours en éveil contre les indélicats qui veulent en profiter pour dépouiller les transporteurs et leurs clients. », a martelé Claude Kpakpo. Selon ses propos, la lutte contre le phénomène des hors gabarit est permanente.
Jules Yaovi Maoussi (Br Ouémé-Plateau)

















