L’Autorité de régularisation du secteur de la santé (Ars) organise un atelier sur la réorganisation de la pratique de la médecine traditionnelle au Bénin à l’ère de l’Assurance maladie obligatoire et de la sécurité des patients. Cette rencontre a été lancée le mardi 24 mars 2026, à Cotonou par Dr Sibylle Assavedo, Directrice adjointe de cabinet du ministre de la Santé.
L’Autorité de régulation du secteur de la santé (Ars) est préoccupée par la réorganisation de la pratique de la médecine traditionnelle. C’est dans ce cadre que se tient depuis hier, à Cotonou, un atelier sur la réorganisation de la pratique de la médecine traditionnelle au Bénin. Plantant le décor de la rencontre, Dr Lucien Dossou-Gbété, président de l’Ars, a exprimé sa déception pour le fait que l’inclusion de la médecine traditionnelle dans les choix politiques sanitaires ne soit pas achevée. Selon lui, deux facteurs expliquent cette situation. Il s’agit de l’anarchie qui caractérise le sous-secteur et l’absence d’interconnexion structurée entre les acteurs d’une part et entre ces derniers et le reste du système sujet à l’ensemble des réformes introduites dans l’écosystème sanitaire d’autre part. En dépit de cette situation, souligne-t-il, une grande partie de la population en quête de réponse aux problèmes de santé auxquels elle est confrontée recouvre à la médecine traditionnelle. « Un paradoxe expliqué par notre riche et immense héritage culturel qui fait à la médecine traditionnelle une place de choix », affirme-t-il. A en entendre le président de l’Ars, il est normal de chercher à préserver, voire valoriser ceux qui, la nature et les savoirs ancestraux sont utilisées pour soigner et guérir des patients. Pour Lucien Dossou-Gbété, il s’agit d’une question de responsabilité et parfois de souveraineté. Après avoir rappelé les actes posés par le chef de l’Etat pour la restauration des valeurs culturelles et cultuelles du pays, il a exhorté à ne pas rester en marge des évolutions scientifiques et technologiques du monde de la médecine. Dans son intervention, Dr Kouamé Jean Konan, Représentant de l’Oms au Bénin, a rappelé qu’au Bénin et dans de nombreux pays africains, la médecine traditionnelle constitue la première source de soins pour une large partie de nos populations. « C’est pourquoi l’Oms a formulé cinq directives à l’attention des pays pour les guider dans l’intégration harmonieuse et sécurisée de la médecine traditionnelle dans nos systèmes de santé », a-t-il déclaré. Il s’agit selon lui, de sortir de l’informel, de définir des règles de jeu, de reconnaître les praticiens et d’organiser leur exercice dans un cadre juridique protecteur à l’image de la liberté d’association réaffirmée par la Constitution du Bénin.
Conjuguer les efforts
Procédant au lancement de la rencontre, Dr Sibylle Assavedo, Directrice adjointe de cabinet du ministre de la Santé, a rappelé que l’assurance maladie obligatoire en tant que mécanisme de protection sociale en santé vise à garantir à chaque citoyen un accès effectif à des soins de qualité sans risque de précarisation financière. « L’ensemble des prestataires de soins y compris ceux de la médecine traditionnelle s’inscrivent dans une logique de normalisation de qualité et de sécurité », a-t-elle expliqué. La médecine traditionnelle, estime-t-elle, doit évoluer, se soutenir et s’adapter aux exigences actuelles afin de contribuer pleinement à l’attribut de la couverture sanitaire universelle. « C’est ensemble, autorités publiques et professionnelles de santé, tradi-plasticiens réussiront à bâtir un système de santé plus inclusif, plus sûr et plus propre », a souligné Dr Sibylle Assavedo.
Odi I. Aïtchédji

















