(Les bureaux de vote ouverts avant 7h15 sur toute l’étendue du territoire)
C’est un pari que beaucoup n’osaient pas tenir pour gagné. Le dimanche 12 avril 2026, les 17 562 bureaux de vote répartis à travers le Bénin ont ouvert leurs portes dans les délais réglementaires, sans défaillance notable et sans incident d’organisation signalé. Partout, de Cotonou jusqu’aux localités les plus enclavées du Borgou ou de l’Atacora, les opérations de vote ont démarré avant 7h15. Pour une institution électorale trop souvent critiquée pour ses retards dans la mise en place des dispositifs, il s’agit d’une performance qui mérite d’être mesurée à sa juste valeur.
Le président de la Commission électorale nationale autonome (Céna), Sacca Lafia, a lui-même arpenté plusieurs centres dès les premières heures du matin. Une demi-douzaine de bureaux passés en revue à Cotonou, dès 8h30, lui ont suffi pour dresser un premier bilan positif. « De façon globale, tous les postes de vote ont ouvert avant 7h15. Comparé à janvier dernier, c’est une très nette amélioration en ce qui concerne le Littoral », a-t-il déclaré, en référence aux élections couplées législatives et communales qui avaient enregistré des retards à l’ouverture dans plusieurs arrondissements.
Cette amélioration n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’un travail de préparation logistique engagé plusieurs semaines en amont du scrutin. La Céna avait tiré les leçons des accrocs de janvier : renforcement des circuits d’acheminement du matériel électoral, déploiement anticipé des agents dans les bureaux isolés, coordination renforcée avec les préfectures et les mairies. Le résultat est visible. Ce dimanche, les électeurs se sont présentés devant des bureaux prêts à les recevoir. Il faut dire que l’enjeu était de taille. Ce scrutin présidentiel est historique à plus d’un titre. Les 7 897 287 électeurs inscrits étaient appelés à désigner le successeur de Patrice Talon, qui s’apprête à quitter le pouvoir au terme de ses deux mandats constitutionnels, une première dans l’histoire politique du Bénin depuis l’indépendance. Dans ce contexte symbolique fort, un raté organisationnel aurait été doublement dommageable : pour la crédibilité de la Céna et pour l’image démocratique du pays.
La Commission a également soigné la communication. Tout au long de la journée, des équipes de supervision ont sillonné les circonscriptions électorales pour recueillir les remontées terrain. Sacca Lafia a rappelé que la Céna jouait un rôle d’organisation et de supervision, et non de proclamation des résultats, cette prérogative appartenant exclusivement à la Cour constitutionnelle. « D’ici demain matin jusqu’à midi, nous pourrions disposer de 80 à 90 % des résultats », a-t-il précisé, appelant à la patience et au respect du processus institutionnel.
Ce scrutin signe en tout cas une montée en puissance progressive de la Céna dans la maîtrise opérationnelle du processus électoral. Le chemin reste long, les défis de la liste électorale, de l’enrôlement biométrique et de la participation restent entiers, mais la journée du 12 avril 2026 constitue un point de référence positif. Une démonstration que la rigueur organisationnelle est possible, et qu’elle est la condition sine qua non d’une élection crédible aux yeux des électeurs béninois comme de la communauté internationale.
Abdourhamane Touré




















