Invité de Bip Radio ce dimanche 3 mai 2026, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a livré son appréciation sur l’élection du chef de l’État, Romuald Wadagni. Au micro de l’émission « Grand Format », le juriste et membre de droit du Sénat a proposé une lecture nuancée, mêlant optimisme sur le profil du nouveau président et prudence quant à l’épreuve du pouvoir.
Au cours de l’entretien, plusieurs thématiques ont été abordées : le rôle du Sénat, l’hypothèse d’une trêve politique et les attentes suscitées par la nouvelle gouvernance. Interrogé spécifiquement sur l’élection de Romuald Wadagni, Théodore Holo a exprimé une appréciation globalement favorable. Il met en avant la rupture générationnelle qu’incarne le nouveau président dans un pays où la majorité de la population est jeune. Selon lui, cette évolution marque un tournant par rapport aux décennies précédentes, dominées par des dirigeants issus d’autres générations. L’ancien juge constitutionnel souligne également l’expérience internationale du chef de l’État, notamment dans le domaine financier. À ses yeux, cette compétence représente un atout majeur dans un contexte où les États restent dépendants, en partie, de financements extérieurs. Il établit d’ailleurs un parallèle avec l’accession au pouvoir de Nicéphore Soglo dans les années 1990, dont le passage à la Banque mondiale avait contribué à renforcer la crédibilité du pays auprès des partenaires techniques et financiers. La solidité du profil économique du président apparaît ainsi, selon lui, comme un levier pour soutenir les politiques publiques.
Gouvernance, libertés et dialogue : des attentes fortes
Théodore Holo s’est également appuyé sur les engagements annoncés par le président lors du lancement de son programme. Il évoque les priorités affichées en matière de gouvernance, notamment la promotion des libertés fondamentales, le renforcement du dialogue politique et la consolidation de la sécurité. Pour l’ancien président de la Cour constitutionnelle, ces dimensions sont aussi essentielles au développement que les infrastructures. Il insiste sur la nécessité d’un équilibre entre progrès économique et respect des droits, estimant que ces deux piliers sont indissociables pour garantir la stabilité du pays. La capacité du chef de l’État à écouter les acteurs politiques et institutionnels sera, selon lui, déterminante, surtout dans un contexte où certaines décisions passées continuent de susciter des critiques. L’ouverture au dialogue et l’inclusion apparaissent ainsi comme des conditions majeures de réussite.
La prudence face à l’épreuve du pouvoir
Malgré cette analyse favorable, Théodore Holo adopte une posture mesurée. Il rappelle que l’exercice du pouvoir constitue l’ultime test, celui qui permettra de juger la fidélité aux engagements pris. « Pour moi, c’est un bon président. Sera-t-il fidèle à ses engagements ? Je ne sais pas encore », a-t-il déclaré sur Bip Radio. L’ancien haut responsable souligne enfin que le chef de l’État devra assumer une forme de continuité de l’action publique, compte tenu de ses responsabilités antérieures au sein de l’appareil d’État. Cette continuité suppose, selon lui, la capacité de reconnaître les insuffisances et d’opérer les ajustements nécessaires. Une démarche d’humilité politique et d’ouverture qui, à ses yeux, pourrait favoriser l’émergence d’une gouvernance plus inclusive et apaisée.
Gabin Goubiyi




















